‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 231 sur 292 · Landouzy et Siredey. Revue de méd · texte numérisé non relu

Landouzy et Siredey. Revue de méd

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

cas la paroi du ventricule surtout au niveau de la pointe est souvent amincie.

Les symptômes de la dégénérescence graisseuse aiguë du cœur se confondent avec ceux de la myocardite parenchymateuse. Quant à la dégénérescence graisseuse chronique, sa symptomatologie rappelle à peu près les symptômes de la sclérose du cœur, avec cette différence toutefois que les phénomènes d’excitation cardiaque du début font ici défaut. Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’affaiblissement des battements du cœur, l’augmentation des dimensions de cet organe, indice de sa dilatation, et enfin les phénomènes de stase périphérique et viscérale. Aussi, au bout d’un certain temps, l 'asijstolie en est-elle la conséquence, à moins qu’une rupture brusque du cœur n’entraîne la mort subite.

Dégénérescence graisseuse. — La dégénérescence graisseuse du cœur a plus d’un point commun avec la myocardite aiguë. M. Ranvier1 nie même formellement cette dernière, qui serait uniquement caractérisée par une transformation graisseuse des muscles du cœur.

Les conditions qui donnent naissance à la dégénérescence graisseuse sont multiples : 1° Certains poisons (phosphore, arsenic, etc.) la créent de toutes pièces en quelques jours (dégénérescence aiguë); 2° L’alcoolisme, les lésions du cœur et des valvules qui entravent la circulation des artères coronaires nourricières du cœur, la goutte, la vieillesse, donnent naissance à la dégénérescence chronique.

Dans ce second groupe doivent également être placés les états cachectiques résultant d’une maladie chronique quelle qu’elle soit, les suppurations profondes, les anémies intenses et de longue durée résultant de pertes de sang répétées, les diarrhées chroniques, l’athrepsie.

Il importe toutefois de distinguer la dégénérescence graisseuse de la surcharge graisseuse du cœur. Celle-ci

J. Kanvier. Ihst. pnlh., p. 515.

MALADIES DU MYOCARDE.

s'observe surtout chez les obèses; elle peut exister seule pendant longtemps et ce n’est qu’à la longue que l’entrave apportée à la nutrition du cœur par l’accumulation de graisse à sa surface et entre ses faisceaux musculaires en provoque l’altération1.

Toutefois, certaines causes (l’alcoolisme) peuvent provoquer à la fois la surcharge graisseuse et la dégénérescence graisseuse.

L’aspect macroscopique du cœur frappé de dégénérescence graisseuse est le même que celui du cœur atteint de myocardite parenchymateuse. Le microscope seul permet de constater, contrairement à ce qui existe dans cette dernière maladie, que les noyaux des fibres musculaires sont intacts, tandis que l’intérieur de ces fibres est rempli de gouttelettes graisseuses parfois volumineuses, ayant pris la place du sarcolemme. Souvent aussi, on note en même temps un certain degré de dégénérescence granulo-pigmentaire. Les vaisseaux coronaires, surtout dans les affections chroniques du cœur, sont souvent épaissis, leur lumière est rétrécie, oblitérée même, preuve de l’obstacle permanent apporté à la nutrition du myocarde.

§ 2. SCLÉROSE DU CŒUR

La sclérose du cœur, ou inflammation du tissu conjonctif du myocarde, correspond en partie à l’ancienne myocarcarclile interstitielle de Yirchow.

Elle peut être circonscrite ou diffuse : 1° circonscrite, elle nait autour des corps étrangers engagés dans les parois mêmes du cœur, autour des vésicules hydatiques ou des gommes syphilitiques du cœur, auxquelles elle forme alors une véritable coque.

On l’observe encore au voisinage des plaques de péri-

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