La lettre signifie : millième de millimètre
2. Juhel-Rémoy. Étude sur la sclérose du myocarde. Th. de Taris, 1SR2.
ô. l’alli. interne, t. 1, p. 67T.
l’énorine hypertrophie du ventricule gauche dans l’insuffisance aortique est souvent accompagnée de fluxion céphalique, avec bouffées de chaleur, éblouissements, tintements d’oreille, céphalalgie, vertiges, épistaxis; l’impulsion de l’ondée sanguine se traduit dans tout le système artériel : battements des carotides, pouls bondissant, dilatation et élongation des artères; et le malade se plaint de palpitations, d’étouffement, d’anxiété précordiale, d’accès de dyspnée.
Mais, quand le muscle cardiaque hypertrophié et dilaté subit la déchéance scléro-graisseuse et n’arrive plus à produire une compensation suffisante, alors apparait le cortège des symptômes que nous avons plusieurs fois énumérés dans ces derniers chapitres.
Les signes plnjsiques de l’hypertrophie du cœur sont les suivants : La pointe du cœur est abaissée, déviée en dehors, et le choc cardiaque a son maximum d’intensité à gauche du sternum, si c’est le ventricule gauche qui est hypertrophié, et au creux épigastrique, si l’hypertrophie porte sur le ventricule droit. La voussure précordiale est en rapport avec l’étendue de l’hypertrophie; la matité est accrue dans le sens longitudinal par l’hypertrophie du ventricule gauche, et transversalement par celle du ventricule droit1. L’hypertrophie pure, dégagée de lésions valvulaires, ne se révèle à l’auscultation par aucun bruit anormal; le bruit de galop de l’hypertrophie d’origine rénale (Potain) sera étudié avec la maladie de Bright.
Diagnostic. Pronostic. — Le diagnostic de l'hypertrophie cardiaque se fait au moyen des symptômes que je viens d’indiquer; il faut se méfier des cas où le volume du cœur est masqué par la sonorité exagérée que donne à la percussion l’emphysème pulmonaire. Le diagnostic de l’hypertrophie avec les épanchements du péricarde a été fait à l’article Péricardite. L’hypertrophie purement fonclionnelle est peu grave, et l’hypertrophie dite com-
1. Pour plus de détails, voy. Jaccoud. Clin, de la Charité, 1869.
MALADIES DU MYOCARDE.
pensatrice est favorable, en ce sens qu’elle atténue pour un temps l’extrême gravité des lésions valvulaires. Les phénomènes de fluxion dus à l’excès des contractions cardiaques peuvent produire de fâcheux effets ; c’est en pareil cas qu’il faut abaisser la tension du système artériel et modérer l’éréthisme cardiaque.
§6. ASYSTOLIE.
Il ne faut pas prendre à la lettre le mot asystolie, car l’absence de systole, c’est la mort; en créant le mot asystolie, Beau supposait qu’à une période avancée des lésions valvulaires du cœur les contractions de l’organe sont si insuffisantes et si infructueuses, qu’elles laissent la porte ouverte aux congestions, aux œdèmes et à tous les symptômes de cachexie cardiaque que nous avons plusieurs fois rappelés dans les différents chapitres sur les maladies du cœur. La description de Beau reste vraie, mais l’interprétation de l’asystolie doit être modifiée. Toutes les causes qui entravent ou tendent à supprimer la contraction de la fibre musculaire cardiaque sont une cause d’asystolie. Rentrent dans cette classe : les fatigues excessives, le surmènement (cœur forcé)1, les adhérences généralisées du péricarde, les lésions valvulaires et les dilatations cardiaques mal compensées et surtout la dégénérescence de la fibre musculaire (Stokes). Il convient d’ajouter que ces causes d 'origine cardiaque sont renforcées par des causes d 'origine périphérique ou vasculaire, telles que la dénutrition et le défaut de résistance des pptits vaisseaux.
Les symptômes de l’asystolie et de la cachexie cardiaque, leur époque d’apparition, leur enchaînement morbide, ont été décrits au sujet des lésions valvulaires du
1. E. Lévy. Cœur forcé ou asyst. sans lés. ralvul. Th. de Paris, 1B75.
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
cœur et au sujet de leur traitement, aussi je trouve inu- Me d’y insister ici.