‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 252 sur 292 · Teissier. Du goitre exophthalmique · texte numérisé non relu

Teissier. Du goitre exophthalmique

5. Raynaud. Thèse de Paris, 1885. — Rolland. Altérât, de la peau dans le goitre exophlhalm. Thèse de Paris, 1879.

4. Millard. Œdèmes dans la mal. de Basedow. Th. de Paris, 1888.

DigULAFOt, PATUOL. T. X.

pertrophie des mamelles (Trousseau) est également un trouble trophique.

Les malades atteints de goitre exophthalmique peuvent encore présenter une série de symptômes que je vais énumérer :

La dyspnée , associée ou non aux palpitations, est un symptôme fréquent; elle est continue, intermittente ou paroxystique; parfois angoissante, elle est même dans quelques cas le symptôme dominant. La dyspnée est probablement due à l’altération nucléaire du nerf pneumogastrique pulmonaire.

Les fonctions digestives sont atteintes dans le cours de la maladie de Basedow; j’ai constaté l’hypertrophie du foie et l’ictère ; à l’anorexie succède la boulimie, il y a des battements violents au creux épigastrique ; des vomissements, de la diarrhée-, la diarrhée notamment survient parfois sous forme de crises, qui durent un ou plusieurs jours. Malgré leur appétit exagéré, les malades maigrissent, dépérissent, et quelques-uns arrivent à la cachexie exophthalmique. L’amaigrissement général du sujet contraste singulièrement avec le développement exagéré des yeux et du cou. Chex quelques malades l’amaigrissement est le premier symptôme apparent de la maladie; j’ai vu une malade, dont j’ai rapporté l’observation à mon cours à la Faculté, qui avait maigri rapidement de 9 kilos; l’amaigrissement et la tachycardie ont été chez elle les seuls symptômes appréciables pendant quelques mois. Au premier abord, pareil amaigrissement fait aussitôt penser à la tuberculose ou au diabète, et comme les malades atteints de maladie de Basedow sont assez souvent glycosuriques, il faut serrer de [près le diagnostic, afin d’éviter une erreur.

La menstruation est presque toujours atteinte; elle est irrégulière ou supprimée, et l’aménorrhée est souvent accompagnée de leucorrhée. Le rétablissement normal des fonctions menstruelles est un des meilleurs signes de pronostic. La grossesse a quelquefois un elfet favorable.

NÉVROSES DU CŒUR

Chez l’homme, l’impuissance est habituellement associée à la maladie de Basedow.

On constate parfois des hémorrhagies; j’ai observé chez le même malade du purpura, des hémoptysies et des hémorrhagies rétiniennes. I/hémorrhagie cérébrale et la mort par apoplexie ont été signalées; j’en ai constaté un cas chez un malade que je voyais avec M. Jaccoud.

Vigouroux et Kôhler ont signalé la diminution de résistance aux courants électriques.

Dans quelques cas, on a constaté l’association de la maladie de Basedow et du myxœdème ; entre le myxœdème et la maladie de Basedow il n’y a pas d’antagonisme1.

Marche. Terminaison. — La maladie de Basedow présente rarement au complet tous ses symptômes; l’un des symptômes principaux (exophthalmie, goitre, tremblement) fait quelquefois défaut, ou est à peine indiqué, tandis que d’autres troubles nerveux ou d’autres symptômes dominent la scène; parfois même la maladie, plus ou moins défigurée, peut être fruste.

La marche de la maladie est habituellement lente et progressive, et sa durée, fort variable, peut aller jusqu’à dix ou douze ans et plus encore. Dans quelques circonstances, le goitre exophthalmique suit une marche aiguë; les symptômes se précipitent, et en quelques semaines la maladie est constituée.

Parfois, dans le cours de la maladie, surviennent des accès, des paroxysmes terribles, si bien décrits par Trousseau. Après quelques prodromes, ou môme brusquement, le malade éprouve un violent accès d’oppression, le corps thyroïde prend un volume excessif, les palpitations redoublent d’intensité, les yeux sortent de l’orbite, le visage ruisselle de sueur, les vaisseaux du cou sont animés de battements rapides, l’angoisse est extrême, la dyspnée est accompagnée de cornage, de tirage, il semble parfois que la mort soit prochaine. Puis le calme reparaît peu à peu et le paroxysme est terminé. Les paroxysmes de

1. Félix. Myxœdème et maladie de Basedow. Thèse de Paris, 1896.

MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE

la forme aiguë sont encore plus redoutables que ceux de la forme chronique. Dans une observation citée par Trousseau, le malade fut pris d’accès de suffocation si terribles qu’on dut se préparer à pratiquer la trachéotomie. Les paroxysmes peuvent ne revenir qu’à intervalles de plusieurs mois ou de plusieurs années, ils varient a l’infini dans leur durée et dans leur gravité, ils peuvent même reparaître tous les mois ou plusieurs fois par mois.

Le goitre exophthalmique est une maladie redoutable, car le malade meurt dans un cinquième des cas La mort est amenée par les progrès de la maladie (cachexie) ou par un accident intercurrent, paroxysmes, hémorrhagie pulmonaire, hémorrhagie intestinale et cérébrale (Hirsch), gangrènes multiples1 2, aliénation mentale, angine de poitrine, tuberculose pulmonaire.

Étiologie. — Le goitre exophthalmique est une maladie de l’âge moyen de la vie, beaucoup plus fréquente chez la femme, et souvent associée à un tempérament nerveux, aux grandes névroses, hystérie, épilepsie, chorée®, à l’aliénation mentale3, au diabète, à la chlorose, aux états pathologiques de l’appareil génital*. 11 apparaît quelquefois à la suite d’un choc moral ou physique, à la suite d’un accident, d’une émotion, d’une frayeur, d’une violente colère, d’un traumatisme (de Graefe). La grossesse a parfois une heureuse influence sur la marche de la maladie et, d’autre part, c’est pendant une grossesse que le goitre peut apparaître.

L 'hérédité a une part prépondérante dans l’étiologie du goitre exophthalmique, les parents qui le transmettent pouvant être eux-mêmes atteints de goitre ou de l’une des maladies de la grande famille nerveuse que je viens de citer plus haut.

Au point de vue de l’hérédité directe, je ne connais

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