Trousseau. Clin, méd., t. II, p
NÉVROSES DU CŒUR
aiguë, se traduit par un ensemble de symptômes (siège de la douleur, dyspnée, hoquet) qui permet de la distinguer de la névralgie cardiaque, mais cette névralgie du nerf phrénique est quelquefois associée directement (névrite) ou indirectement (irradiation réflexe) à la névralgie du plexus cardiaque; il y a dans ces cas-là « une association de douleurs qui portent à la fois sur l’innervation de la circulation par le plexus cardiaque et sur l’innervation de la respiration par le nerf phrénique » (Peter).
L’angine de poitrine hystérique mérite une mention spéciale; son diagnostic doit reposer sur les considérations suivantes : l’attaque est habituellement nocturne; on constate des zones hystérogènes à la région précordiale, à la région sternale, et c’est par l’exaltation, c’est par l’hyperesthésie de ces zones hystérogènes que débute l’aura de l’accès. L’angine de poitrine hystérique se termine par des pleurs, par des sanglots, elle est provoquée par des causes morales, contrairement à l’angine non hystérique qui est surtout provoquée par des causes physiques (fatigue, marche, effort)
Traitement. — Une première indication est d’éloigner toute cause (émotion, fatigue, repas copieux, excès de tabac), capable de provoquer l’accès; une seconde indication aura pour but de combattre la maladie (goutte, rhumatisme, syphilis) dont l’angine de poitrine n’est parfois qu’une manifestation.
Au moment de l’accès, le vrai traitement me paraît être la morphine et la glace. On pratique une ou plusieurs injections sous-cutanées de morphine de 1 centigramme par injection, et l’on applique à la région précordiale des sachets de glace. A ces moyens on peut ajouter les inhalations d’éther ou de chloroforme. La saignée locale, l’application de sangsues ou de ventouses scarifiées à la région douloureuse, donnent souvent de bons résultats'.
t. Polcr. Traité des maladies du cœur, p. 662.
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
L’usage de l’antipyrine rend de réels services. On prescrit 2 grammes d’antipyrine en cachets de 50 centigrammes, à prendre par quarts d’heure.
En dehors des accès, on appliquera sur la région douloureuse des révulsifs, vésicatoires, cautères, pointes de feu. Dans un cas où les symptômes douloureux persistèrent longtemps, j’ai laissé en permance, sur la région précordiale, pendant plusieurs semaines, des sachets de glace qu’on renouvelait jour et nuit; il faut avoir soin en pareil cas de protéger la peau au moyen de linges ou de flanelle pour éviter l’érythème qui ne manquerait pas de se produire. Dans le cas auquel je fais allusion, la malade se trouvait tellement soulagée par les applications permanentes de glace, qu’elle avait pris l’habitude de sortir sans enlever ses sachets.
L’iodure de potassium constitue un traitement efficace, à la condition qu’il soit donné à dose suffisante et pendant longtemps, pendant des mois, avec quelques intervalles, même pendant des années si c’est nécessaire. L’iodure s’adresse surtout aux lésions artérielles de l’aorte ou des coronaires. Au cas de syphilis, on joindra les préparations mercurielles à l’iodure de potassium.
Tout individu enclin à l’angine de poitrine, quelle qu’en soit la cause, doit supprimer le tabac, les alcools, le thé, le café, éviter les émotions vives, les veilles pro longées, les libations, les repas copieux, les exercices violents.
MALADIES DES VAISSEAUX