‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 277 sur 292 · Rendu. Clin, méd., 1890, t. 1, p · texte numérisé non relu

Rendu. Clin, méd., 1890, t. 1, p

DIEtJLAFOY, PATHOL. T. I.

MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE

romasie généralisée, est toujours accompagnée d’une hypertrophie cardiaque.

Suivant que l’aortite chronique constitue à elle seule toute la maladie, ou suivant qu’elle est associée à une lésion de l’orifice aortique, à un anévrysme aortique, à une néphrite, à une athéromasie plus ou moins étendue, à des localisations artério-scléreuses, le tableau clinique présente un aspect différent.

En résumé, l’aortite chronique, par elle-même, peut rester longtemps silencieuse, elle se révèle surtout par des poussées d’aortite aiguë, et bon nombre de symptômes qui l’accompagnent, sont des symptômes d'emprunt : hypertrophie cardiaque, insuffisance aortique, angine de poitrine, mal de Bright, etc.

L’anévrysme aortique et l’aortite chronique présentent bien des signes, bien des symptômes communs ; entre autres signes distinctifs, il en est un qui a quelque valeur, c’est que l’aortite chronique, ne formant pas tumeur, comme l’anévrysme, ne détermine pas, comme lui, de symptômes de compression.

Les émissions sanguines, sangsues et ventouses scarifiées, les révulsifs, vésicatoires et pointes de feu, cautère suppuré, les injections sous-cutanées de morphine, l’antipyrine, forment l’ensemble du traitement. L’iodure de potassium doit être administré à doses élevées et continues dans l’aortite aiguë et chronique.

A l’iodure de potassium on associe les frictions mercurielles si l’on suppose que l’aortite est d’origine syphilitique.

§ l. ANÉVRYSME DE L’AORTE THORACIQUE.

Etiologie. — L’anévrysme de l’aorte est fort rare avant l’âge de trente-cinq ou quarante ans, son étiologie est étroitement liée à l’histoire de Y aortite aiguë et de

MALADIES DES VAISSEAUX

l’aortite chronique. Dans l’énumération de ses causes, l’hérédité et la syphilis ne doivent pas être oubliées1 2. Les traumatismes de la région thoracique et les professions qui nécessitent des travaux manuels pénibles ont une notable influence sur le développement de l’anévrysme.

Anatomie pathologique. — L’anévrysme de l’aorte thoracique, que j’ai principalement en vue dans cet article, a pour siège habituel et par ordre de fréquence : 1° l’aorte ascendante; 2° la convexité de la crosse; 5“ l’aorte descendante. La dimension de l’anévrysme varie du volume d’une noisette à celui d’une tête de fœtus, et sa forme est extrêmement variable ; il est dit sacciforme, quand la dilatation se développe sur un point limité de la circonférence à la façon d’un sac appendu au vaisseau ; il est dit fusiforme, quand la dilatation est également répartie à toute la circonférence du segment envahi. On nomme cupuli formes les anévrysmes petit s et hémisphériques, qui ont pour siège de prédilection l’origine de l’aorte; on appelle disséquant l’anévrysme qui résulte d’une dissection des parois vasculaires, le sang s’étant infiltré entre la tunique interne et la tunique moyenne, et les ayant décollées dans une certaine étendue. On trouve quelquefois, chez le même sujet, deux ou trois anévrysmes étagés le long de l’aorte.

On a longtemps discuté sur la façon dont se forme la poche anévrysmale, et, suivant le rôle qu’on faisait jouer aux différentes tuniques du vaisseau, on avait proposé les classifications d’anévrysmes mixte interne, mixte externe, etc.; la question doit être simplifiée : quand une artère est frappée d’artérite chronique, sa tunique moyenne disparaît et la poche de l’anévrysme est constituée par les tuniques interne et externe accolées a; souvent même les parois de la poche sont formées par un

1. Verdié. Anévrysme d'origine syphilitique. Thèse de Paris, 1881. — Jaccoud. Clin, méd., 1887, p. 528.

Page 1