Comil et Kanvier. Alan, d’histol., p
MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
seul tissu, celui de la tunique interne modifiée par l'inllammation : « Le tissu de nouvelle formation qui constitue en partie ou en totalité la poche des anévrysmes est composé de lits de cellules plates séparées par une substance vaguement fibrillaire; il subit la transformation graisseuse, l’athérome, la pétrification; on peut même observer des poches anciennes formées par une carapace calcaire inextensible. » (Cornil et Ranvier.)
De telles lésions expliquent bien la formation et le développement de l’anévrysme; la tunique moyenne disparaît sous l’influence de l’endartérite et de la périartérite : dès lors la résistance du vaisseau devient insuffisante, l’artère cède à la pression sanguine et des points vulnérables se laissent distendre. La distension du vaisseau n’entraîne pas forcément l’amincissement de ses parois, car l’évolution du tissu morbide se continue; néanmoins il peut se produire en certains points un amincissement qui favorise la rupture de la poche.
Quand on ouvre une poche anévrysmale, on y trouve des caillots cruoriques et des lames fibrineuses stratifiées. Les caillots sont mous et de formation récente, les lames fibrineuses sont élastiques et grisâtres; les plus externes, celles qui avoisinent les parois de la poche, sont les plus anciennes, elles sont résistantes, mais sans aucune trace d’organisation.
Je fais une mention spéciale des anévrysmes syphilitiques; on a dit avec raison que la syphilis tend à développer à l’aorte des anévrysmes multiples*. Je viens de vérifier ce fait. J’ai eu l’occasion de faire l’autopsie de deux malades manifestement syphilitiques, qui ont succombé l’un et l’autre à des accidents d’angine de poitrine d’origine aortique. Chez ces deux malades il existait de l’aortite chronique syphilitique, de plus la crosse de l’aorte était le siège d’une véritable éruption de petits anévrysmes ; il y en avait quatre chez le premier malade