‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 28 sur 292 · Ivrishaber. Cancer du larynx, Paris · texte numérisé non relu

Ivrishaber. Cancer du larynx, Paris

MALADIES DU LARYNX

tion tuberculeuse. Les observations rapportées par Fræn kel, par Ortli, ne laissent aucun doute à cet égard. Toutefois c’est là l’exception. Habituellement la tuberculose laryngée est consécutive à une tuberculose pulmonaire et l’infection laryngée se fait, soit par la voie profonde des vaisseaux et des lymphatiques, soit par la voie superficielle, à la surface de la muqueuse, ou à travers les conduits excréteurs des glandes.

Louis avait supposé que le passage incessant des crachats de poumons tuberculeux était capable de développer une laryngite tuberculeuse; cette hypothèse avait été regardée comme inadmissible, à cause des observations de phthisie laryngée primitive et devant ce fait, que les bronches sont moins ulcérées que le larynx, quoique plus directement en contact avec les produits de sécrétion. Mais aujourd’hui on tend à revenir aux idées de Louis; il ne paraît pas impossible que la tuberculose laryngée soit provoquée par les bacilles des crachats. Quant aux autres causes, elles suivent de près l’étiologie de la phthisie pulmonaire : l’homme paraît plus prédisposé que la femme, et la maladie se développe chez lui entre l’âge de vingt-cinq et quarante ans.

Chez l 'enfant la tuberculose laryngée mérite une mention spéciale; elle est d’autant plus rare que l’enfant est plus jeune. Parrot n’avait trouvé la tuberculose laryngée que dans la proportion de 5 pour 100, dans les autopsies d’enfants tuberculeux âgés de moins de deux ans. L’enfant a une tuberculose pulmonaire surtout faite de granulie, il n’expectore pas; son larynx n’est pas baigné de pus bacillaire; c’est sans doute une des raisons qui expliquent chez lui la rareté de la tuberculose laryngée.

Dans les expériences que nous avions entreprises avec mon ami Krishaber pour étudier l’inoculabilité et la contagiosité de la tuberculose chez le singe, nous avons été frappés de ce fait, que nos animaux inoculés et morts tuberculeux ne présentaient aucune altération de tuberculose laryngée.

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

Traitement. — La tuberculose laryngée n’est pas incurable; elle s’immobilise parfois et plusieurs observations (Iléring) prouvent qu’on parvient à guérir les ulcérations tuberculeuses. On doit faire lous ses efforts pour diminuer l’intensité des accidents, la dysphagie et l'hyperesthésie de l’arrière-gorge, qui sont pour les malades de véritables tourments.

Pour combattre ces symptômes, on pratiquera matin et soir une injection sous-cutanée de chlorhydrate de morphine. De plus, au moment des repas, on touchera les parties douloureuses avec un pinceau ou une éponge, montés sur un manche courbe et imbibés de la solution suivante :

Eau 50 grammes.

Chlorhydrate de cocaïne 1 gramme.

Avec uu peu d’habitude, le malade peut lui-même, plusieurs fois par jour, toucher les parties douloureuses avec cette solution, mais il doit éviter de l’avaler.

Les inhalations et les pulvérisations faites avec des eaux contenant peu de sulfures (Allevard) pourront rendre quelque service. Le badigeonnage des ulcérations laryngées avec une solution d’acide lactique au dixième, au cinquième, et. plus tard avec l’acide lactique pur, a donné quelques bons résultats.

On a préconisé les badigeonnages au phénol sulforiciné (Ruault). La toux peut être calmée par les injections intratrachéales d’huile mentholée, mais cette médication exige beaucoup de prudence. Les gargarismes au vin très chaud et astringent, qu’emploie Bonnier pour la laryngite goutteuse, rendent également des services, calment la toux et l’irritation pharyngo-laryngée.

Le raclage des ulcérations et leur cautérisation ont rendu de véritables services entre des mains expérimentées.

La cure d'altitude n’est pas contre-indiquée au cas de

MALADIES DU LARYNX

tuberculose laryngée. J’ai même constaté que le larynx s’améliore aussi bien que le poumon par la cure de Davos-platz.

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