DILATATION DES BRONCHES. — BRONCHECTASIE
Anatomie pathologique. — Quand on lit le chapitre que Laënnec a consacré à la dilatation des bronches, et quand on pense que l’étude de cette maladie n’avait même pas été ébauchée avant lui, on est émerveillé de la précision et de la netteté qui furent atteintes du premier coup par l’immortel inventeur de l’auscultation*.
Les lésions trouvées à l’autopsie sont généralement multiples, car la dilatation des bronches est accompagnée de broncho-pneumonie chronique, de sclérose pulmonaire, de pleurésie chronique, d’adhérences pleuropulmonaires, d’emphysème pulmonaire, autant de lésions qui sont plus ou moins accentuées suivant le cas. Aussi a ouverture du thorax, les poumons ne s’affaissent pas’ ils présentent des parties indurées, carnifiées, hépatisées, mt la surface est violacée, rougeâtre et marbrée. Dans quelques cas, un lobe pulmonaire est atrophié, cirrhosé
r?i0nSnderbr°n?h0"pneUmonie aiguë, récente, ne sont P ■ rares. Parfois, des dilatations apparaissent à la sur-
dilatitLr0^0"’ dans d’autres cas on «« constate les dilatations qua la coupe et dans la profondeur de l’or- 1. Lacnnec, t. I, p. 206.
MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
gane. Les bronches volumineuses sont rarement atteintes de dilatation ; la bronchectasie occupe surtout les bronches de troisième et de quatrième ordre, celles qui ont deux à trois millimètres de diamètre.
L’anatomie pathologique des bronches dilatées comprend : leur forme, leur structure, leur siège.
La forme de la bronchectasie est variable : la dilatation uniforme, la plus rare, porte sur toute la longueur de la bronche, dont le calibre seul est changé. La dilatation moniliforme (Cruveilhier), par ses renflements successifs, donne à la bronche l’aspect d’un chapelet. La dilatation ampullaire est la plus commune ; elle est formée de cavités qui peuvent être isolées, comme une sorte de kyste, ou qui peuvent communiquer avec des dilatations voisines; dans ce dernier cas, le territoire envahi ressemble à une auricule du cœur, ou à une masse alvéolaire dont les cloisons sont formées par le tissu pulmonaire atrophié et sclérosé.
La dilatation ampullaire a des formes différentes suivant que l’ectasie porte sur les parties latérales de la bronche, ou sur un segment tout entier. Ces ectasies bronchiques, véritables anévrysmes bronchiques, ont été comparées aux anévrysmes aortiques, comparaison d’autant mieux justifiée que c’est l'altération des parois bronchiques qui est la cause principale de l’ectasie. Les dilatations bronchiques varient du volume d’un pois à celui d’un œuf de pigeon; la bronche qui leur fait suite est habituellement atrophiée, terminée en cul-de-sac, et, par exception, dilatée en forme de kyste jusqu’à la surface du poumon (Gombault1). Les différentes formes que je viens de décrire peuvent être réunies chez le même sujet.
La structure de la bronche dilatée est variable suivant que la lésion est plus ou moins avancée. Dans les bronches dont la lésion est peu avancée, la muqueuse de la