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Dilatation des bronches. Thèse de Paris

MALADIES DES BRONCHES

cavité est presque saine et se continue avec celle de la bronche ; l’épithélium cylindrique est conservé, les glandules sont atrophiées, le tissu conjonctif sous-muqueux a perdu une partie de ses fibres élastiques, les fibres musculaires sont fortement dissociées, mais rarement détruites.

Les bronches, quand la lésion est très accusée, ont complètement perdu leur structure normale; la muqueuse n’est plus plissée parce que les fibres élastiques ont disparu, l’épithélium cylindrique (de propulsion) est remplacé par un épithélium pavimenteux (de protection), la muqueuse est hérissée de villosités formées de tissu embryonnaire et de vaisseaux, et transformées elles-mêmes en tissu embryonnaire rouge et vascularisé. La couche musculaire se transforme en tissu embryonnaire avec production de vaisseaux; les cartilages subissent également le retour à l’état embryonnaire et s’infiltrent de sels calcaires. Les fibres élastiques du tissu conjonctif sont dissociées, elles ne forment plus un anneau complet autour de la bronche, l’anneau est rompu. Le tissu coni jonctif forme pour ainsi dire le squelette des bronches : malades. Les vaisseaux capillaires sont innombrables, ■ flexueux, dilatés, présentent des ectasies de toute forme et font saillie dans la cavité bronchique1. Ce réseau capillaire est surtout développé dans les villosités, dans les couches voisines de la lumière de la bronche ; ils s’anastomosent en tous sens, c’est un vrai tissu caverneux.

11 y a donc dans les lésions de la bronchectasie deux 1 ordres de lésions, l’une, néo-formative, aboutit au dévelop- 1 pement d’un tissu embryonnaire et vasculaire, l’autre, I destructive, frappe de déchéance les tissus normaux | (Ilanot).

Dans certains cas, des ulcérations se produisent, et par-

11. Galliet. Recherches sur les lésions anèvrysmatiqucs des vaisseaux capillaires, etc. Thèse de Paris, 1883. - Hanot et Gilbert. État des vaisseaux dans les parois des bronches dilatées. Arch. de nhvsiol 1881, n- 6, p. 152. J

154 MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

fois la surface de la cavité bronchique est atteinte d’une j gangrène « superficielle, curable, analogue à la mortification du tissu conjonctif dans le phlegmon* ». Le liquide des bronches dilatées est formé de mucus et de pus en proportions variables, il contient des cristaux de margarine et de cholestérine, et son odeur fade devient fétide dans les cas de sphacèle. Quand une dilatation a perdu ses connexions avec sa bronche génératrice, elle se remplit d’une masse caséeuse, et apparaît comme une for- | mation kystique isolée.

Le siège de la bronchectasie affecte surtout le sommet des poumons lorsque la dilatation est moniliforme, elle est plutôt en rapport avec la périphérie de l’organe lorsque la dilatation est ampullaire. Les dilatations sont plus fréquentes à gauche qu’à droite, elles n’occupent qu’un seul poumon dans la proportion de 26 sur 4 (Barth)-. Avec la bronchectasie, existe toujours, je l’ai déjà dit, un tissu de phlegmasie chronique, péribronchite, sclérose pulmoqaire, pleurésie chronique, mais la genèse de ces tissus de nouvelle formation n’est pas complètement élucidée. D’après des travaux récents, le tissu de pneumonie chronique qui entoure et accompagne la bronchectasie serait un tissu qui aurait uniquement son origine dans la charpente fibro-vasculaire du poumon, l’épithélium du parenchyme n’y jouerait aucun rôle, et le tissu pulmonaire lui-même disparaîtrait sous l’exubérance de la diapédèse, source du nouveau tissu scléreux. « Le parenchyme du poumon se transforme en une nappe d’aspect bourgeonnant qui, finalement, forme un tissu conjonctif adulte (substance fondamentale, substance fibrillaire, cellules ; fixes), plus ou moins parsemé de néoformations vasculaires suivant l’âge des lésions. Suivant leur organisation plus ou moins avancée vers l’état scléreux, on peut observer la splénisation, la carnisation et l’état aréolaire

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