Recherches stir la dilatation des bronches. Paris
MALADIES DES BRONCHES
des parties du poumon qui entourent la bronche dilatée1. »
L’emphysème pulmonaire accompagne souvent la dilatation bronchique, on observe parfois l’hypertrophie des ganglions bronchiques, et la tuberculose, qu’on regardait comme rare (Barth), paraît être assez fréquemment associée à la bronchectasie (Grancher)2.
Étiologie. — La bronchectasie est une maladie de l’âge moyen et de l’àge avancé; tantôt elle paraît débuter d’une façon aiguë, par une bronchite aiguë ou par une broncho-pneumonie aiguë, plus souvent elle fait suite à des bronchites chroniques (syphilis, impaludisme) ou à des broncho-pneumonies mal éteintes, consécutives à la rougeole, à la coqueluche, à la grippe, à la fièvre typhoïde. Dans quelques cas, l’étiologie nous échappe complètement.
Voici les principales théories émises sur la pathogénie de la bronchectasie :
Laënnec. — Accumulation de sécrétions dans les bronches, et élargissement consécutif de ces canaux.
Andral. — Altérations de nutrition et diminution de l’élasticité des parois bronchiques.
Corrigan. — Sclérose du poumon, dont le tissu rétractile attire les parois des bronches.
Stockes. — Paralysie des fibres musculaires et diminution de la résistance des bronches.
Mendelssohn. — Pression exercée par l’air, au moment des secousses de toux, sur les bronches malades.
Gombault. Admet la réunion de ces divers processus.
Barth. — Ajoute la pleurésie chronique, agissant, comme la sclérosé pulmonaire, par son tissu rétractile.
Quelle opinion choisir au milieu de ces différentes théories 9 Tous les états morbides capables de déterminer une lésion de nutrition des bronches (bronchites aiguës et chroniques), et toute formation d’un tissu de sclérose extra-bronchique, pourraient donc favoriser ou produire
1. Leroy Pathogénie des dilat. bronch. Arch. de *• brancher. Gaz. médic. de Paris, 1878.
physiol., 1887.
MALADIES DE I, APPAREIL RESPIRATOIRE
la bronchectasie1; je veux bien, mais encore faut-il assigner à chacun de ces facteurs sa valeur respective.
Il me semble qu’on a beaucoup trop exagéré le rôle de la pneumonie chronique, de la pleurésie chronique, en un mot des tissus de sclérose, en les considérant comme des tissus rétractiles capables de produire par action mécanique l’ectasie bronchique. Il y a des cas, il est vrai, où l’action du tissu scléreux extra-bronchique paraît manifeste ; peut-être même les lésions bronchiques et extra-bronchiques se développent-elles parallèlement, mais la tendance actuelle, c’est d’admettre que la lésion pulmonaire qui accompagne la dilatation bronchique est le plus souvent une conséquence et non une cause des lésions de la bronche.
C’est par la bronche que débute la phlegmasie; elle s’étend ensuite autour de la bronche, gagne le tissu pulmonaire voisin et crée de la sorte une sclérose pulmonaire systématique. La preuve que les choses doivent se passer ainsi, c’est que la pneumonie lobaire chronique n’est pas accompagnée de dilatation bronchique, parce que dans cette pneumonie la bronche ne fait pas partie du processus morbide (Charcot), tandis qu’il y a des dilatations bronchiques dans la pneumonie lobulaire ou broncho-pneumonie, parce que la bronche est toujours fortement altérée. Donc, qu’il y ait, ou qu’il n’y ait pas sclérose pulmonaire ou sclérose pleurale, la lésion de la bronche est le fait nécessaire, indispensable à la formation de la bronchectasie2. Sous l’influence de la lésion bronchique, la bronche perd ses éléments normaux, les libres élastiques et les fibres musculaires font place à un tissu embryonnaire et vasculaire sans résistance, et la bronche se dilate en son point faible, comme une artère
1. L’impaludisme parait agir dans ce sens en développant une pneumonie interstitielle. Les observations de MM. Frerichs. Lancereauv, Grasset, sont assez concluantes. (Th. de M. Grasset, Montpellier, 1S74.)
2. Leroy. Dilat. des bronches. Archiv. de physiologie, 18S1, n* 6. — Dallidet. Dilatation des bronches. Thèse de Paris. 1881, n" 552.
MALADIES DES BRONCHES
dont les parois altérées permettent la formation d’un anévrysme.
On s’est même demandé s’il n’y aurait pas quelque condition spéciale, capable de préparer l’ectasie de la bronche malade, et l’on a invoqué l’artério-sclérose des artères bronchiques. Dans un cas rapporté récemment par M.Hanot ' l’artério-sclérose des artères bronchiques était très prononcée.
Symptômes. — La bronchectasie s’annonce par les symptômes suivants : la toux est fréquente et quinteuse comme dans la bronchite chronique, qui souvent précède la dilatation. L 'expectoration devient graduellement abondante, au point que certains malades rendent tous les jours 150 à 400 grammes d’un liquide dii'fluent, rnucopurulent, d’odeur fade et parfois fétide ( bronchorrhée ). Vue dans un crachoir, et par conséquent par sa couche superficielle, cette expectoration est spumeuse et aérée, mais qu’on la dépose dans une éprouvette en cristal, et l’on verra se former une couche inférieure, opaque, contenant des globules de pus, des cellules épithéliales et des cristaux de cholestérine ou de margarine. L’expectoration peut être uniformément répartie dans le courant de la journée ; cependant certains malades vident leurs dilatations en trois ou quatre fois par vingt-quatre heures ; ils sont pris de quintes de toux ou d’etTorts analogues au vomissement, et ils rendent chaque fois, sous forme de vomique, 50 à 100 grammes de liquide muco-purulenl. Ce liquide, dont l’odeur rappelle celle du plâtre frais, peut revêtir une fétidité qui témoigne de la décomposition du liquide ou de la gangrène de la cavité. L’haleine prend alors une telle puanteur que, dans un hôpital, les malades dune salle entière en sont incommodés. Cette fétidité, cruellement tenace, peut se prolonger, avec ou sans rémission, pendant des mois et des années, et le malheureux qui en est affecté, fuit forcément toute réunion, n’ose se montrer en public, et se condamne à l'isolement.