‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 68 sur 292 · Perlis. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Perlis. Thèse de Paris

MALADIES DU POUMON

du corps, l’otite suppurée1. Cette otite à pneumocoque a une marche aiguë et se termine par la guérison ; dans quelques cas, elle est compliquée de méningite.

On a pu voir dans l’énumération des complications de la pneumonie que la suppuration y joue un grand rôle : pleurésie, méningite, parotidite, otite, arthrites suppurées. Le pneumocoque, à lui seul, est capable de provoquer la suppuration; le pus en pareil cas a des caractères spéciaux, il est visqueux, riche en éléments cellulaires, épais, de coloration verdâtre; c’est le type du pus louable, ne permettant pas la séparation du sérum. Mais, dans d’autres cas, les organismes habituels de la suppuration, le streptocoque, le staphylocoque surviennent à titre d’infections secondaires et deviennent les principaux agents des suppurations.

Variétés. — La maladie pneumonique n’a pas toujours les mêmes caractères, elle emprunte à l’âge du malade (vieillesse), à son état de santé antérieur ( misère , alcoolisme, grossesse), aux nombreuses localisations extra-pulmonaires, à la saison ou à l’année (constitution médicale), ou à d’autres causes encore mal connues (pneumonie épidémique, pneumonies grippales) des allures quelque peu différentes, et, comme le dit Peter, à côté de la pneumonie il y a les pneumoniques; autrement dit, à côté de la pathologie il y a la clinique. Nous allons passer en revue ces différentes variétés.

VAIUÉTÉS DE SIÈGE.

Pneumonie centrale. — La pneumonie reste quelquefois confinée dans la profondeur d’un lobe pulmonaire; tous les symptômes révèlent une pneumonie, le frisson, la fièvre, la température élevée, la dyspnée, la toux, les

}• iNet1t,er; Recherches bactériologiques sur les otites moyennes aiguts. Mal. de l'oreille et du larynx, 1883.

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

crachats rouillés : tout indique la phlegmasie pulmonaire, et cependant les signes sont muets; la matité, les râles et le souffle font défaut, jusqu’au moment où la phlegmasie, par son extension, provoque les signes habituels qui permettent de la localiser.

Pneumonie double. — Assez fréquemment, on voit une seconde pneumonie se déclarer dans le cours d’une première. C’est du sixième au huitième jour que se déclare cette seconde pneumonie, « la pneumonie n’étant jamais double d’emblée ». (Grisolle.) Relativement au siège, toutes les variétés sont possibles; le plus souvent c’est le lobe correspondant du côté opposé qui est pris. La seconde pneumonie est en général moins étendue que la première, et la phlegmasie est moins violente. Elle ne se traduit ni par un frisson nouveau, ni par un nouveau point de côté ; l’aspect des crachats de la première n’est guère modifié par les crachats de la seconde pneumonie; c’est donc la percussion et l’auscultation qui découvrent le nouveau foyer pneumonique que les symptômes n’avaient pas annoncé. Néanmoins il faut dire que la dyspnée est plus vive au moment de la nouvelle invasion, et la température axillaire offre un signe précieux. Dans la pneumonie unilatérale, la température axillaire est plus élevée de quelques dixièmes du côté de la pneumonie; dans la pneumonie double, la température axillaire est égale des deux côtés. (Landrieux *.)

Pneumonie du sommet1 2. — Considérée à juste litre comme fort grave, elle est souvent accompagnée de collapsus, d’adynamie, d’état typhoïde; elle passe facilement à la suppuration, elle suscite volontiers le délire et l’ictère, et les signes habituels de la pneumonie franche, le point de côté, la toux, l’expectoration, y sont moins accusés. Ce qui fait la gravité de cette pneumonie du sommet, c’est d’abord qu’elle est plus fréquente dans la

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