Saint-Ange. Pneumonie du sommet. Thèse de Paris
MALADIES DU POUMON
vieillesse *, c’est aussi que l’alcoolisme et les mauvais états généraux, diathésiques et cachectiques, créent la pneumonie au sommet plutôt qu’ailleurs ; les raisons de cette prédilection sont judicieusement discutées par Peter, qui considère les lobes supérieurs du poumon comme doués d’une vitalité inférieure, comme des lobes a auxiliaires et de renfort* ».
La pneumonie du sommet est plus fréquente à droite, et quand on n’en retrouve pas les signes dans la région claviculaire ou dans la fosse sus-épineuse, c’est dans l’aisselle qu’il faut les chercher. Vu la localisation de cette pneumonie, on pourrait être tenté de la prendre pour une lésion tuberculeuse ; c’est là une erreur de diagnostic qu’il faut éviter.
Pneumonie massive. — Dans cette forme de pneumonie (Grancher), les coagulations fibrineuses s’étendent dans tout le réseau bronchique du territoire envahi et arrivent même aux bronches volumineuses. Il en résulte que l’air ne pénétrant plus dans les tuyaux bronchiques, la plupart des signes stéthoscopiques de la pneumonie font défaut1 2 3, il n’y a ni râles ni souffle et l’expectoration est presque nulle.
On conçoit alors combien est difficile, dans quelques cas, le diagnostic entre un épanchement pleural et la pneumonie massive. Néanmoins, quelques signes peuvent permettre d’établir ce diagnostic. La matité de 1 épanchement est plus complète, plus hydrique que la matité de la pneumonie. De plus, le déplacement des organes et notamment du cœur, presque nul au cas de pneumonie, est plus ou moins accusé au cas d’épanchement.
1. Nous voyons dans la statistique de M. Durand-Fardel que sur 50 cas de pneumonie mortelle les sommets ont été pris 18 fois \ Traité des maladies des vieillards , p. 460).