VARIÉTÉS CLINIQUES DE LA PNEUMONIE
Au début de cet article, j’ai choisi, pour type de ma description, la forme la plus vulgaire de la pneumonie lobaire, mais on a pu voir, par la description des localisations extra-pulmonaires à la plèvre, au cœur, aux méninges, aux reins, que ces différentes localisations donnent à la pneumonie un aspect spécial. Ce sont déjà des variétés cliniques; elles dépendent de la prédominance des lésions sur tel ou tel organe; mais dans d’autres cas, les variétés cliniques reposent sur l’ensemble du complexus morbide et la maladie pneumonique revêt des allures spéciales que je vais passer en revue :
a. Dans la forme dite inflammatoire ou sthénique, forme souvent décrite par les anciens auteurs et fréquente à la campagne, les caractères principaux de la pneumonie sont les suivants rougeur delà face, épistaxis, céphalalgie violente, agitation, fluxion violente du poumon, crachats parfois sanglants, hépatisation rapide, pouls rapide et vibrant. r
b. La forme asthénique est caractérisée par les symptômes suivants : début insidieux, courbature, délire précoce, soubresauts des tendons, abattement, stupeur, pouls mou et inégal, tendance à l’adynamie, au collapsusl
c. Les formes nerveuses revêtent plusieurs caractères : e déliré est frequent dans la pneumonie, surtout chez
les buveurs ; il peut n’être pas associé à des lésions céréu aies, tandis que dans d’autres cas, le délire est prooque par une méningite cérébrale ou cérébro-spinale lésions dues aux localisations du pneumocoque. ?
Les paralysies consécutives à la pneumonie revêtent
i ^ Para'^eS <ui —iennenÎ P ndant a phase aigue de la pneumonie affectent presque
toujours le type hémiplégique avec ou sans aphasie avec
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aille n, ;• 1 Para !S,eS ,onl dl,es 4 d« Usions des 'aisseaux cérébraux (Lepine).
MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
Les paralysies qui surviennent pendant la convalescence de la pneumonie affectent le type paraplégique, ou le type de paralysies isolées, avec ou sans atrophie musculaire. Ces paralysies sont dues, les unes à des altérations méningo-spinales, les autres à des altérations nerveuses périphériques, d’origine toxique, rappelant un peu les paralysies de la diphthérie*.
d. La pneumonie dite bilieuse comprend deux formes bien distinctes1 2 : dans l’une, il y a pneumonie avec ictère, et cet ictère est consécutif à une inflammation catarrhale des voies biliaires ou à une périhépatite provoquée par une pneumonie inférieure droite ; ce sont là des lésions purement locales et de voisinage; dans l’autre cas, il y a pneumonie avec état bilieux, ce qui vise un état morbide général. Cet état bilieux est caractérisé par une teinte sub-ictérique, avec absence de réaction vive, mollesse du pouls, céphalalgie, langue saburrale, vomituritions et dévoiement. L’état bilieux accompagne les formes graves (pneumonie du sommet, alcoolisme) ; il est lié à la constitution médicale saisonnière3 4, il fait partie de ce qu’on appelait la fièvre bilieuse péripneumonique, et il explique les épidémies de pneumonies bilieuses. Dans quelques cas exceptionnels, la pneumonie est liée à une hépatite diffuse, l’une des variétés de l 'ictère grave.
e. Pneumonie maligne et épidémique. — Je dirai d’abord que toute pneumonie, bénigne ou maligne, est une maladie microbienne, c’est-à-dire une maladie infectieuse et infectante, mais il est d’usage de réserver, cliniquement, ces épithètes d’infectieuse, infectante, maligne*, aux formes graves et anormales. Il y a d’abord les pneumonies infectieuses qui, à différentes époques, ont apparu
1. Stéphan. Revue demédectne, 10 janvier 1SS9. — Boulloche. Paralysies pneumoniques. Thèse de Paris, 1892.