Thèse de Regimbeau, p
2. Du Caslel. Sclérose pulmonaire. Société médicale des hôpitaux,
ISS i. Debove. Soc . méd. des hôpitaux , 188G.
MALADIES DE L'AFPAREIL RESPIRATOIRE
niques que nous étudierons sous le nom d’anthracose, de sidérose et de chalicose.
Anthracose. — L’anthracose peut être physiologique, la plupart des poumons humains étant normalement rnar brés de noir : mais, quand l’infiltration charbonneuse devient trop considérable, les lésions se développent avec toute une série de symptômes spéciaux. L’anthracose se produit surtout chez les mineurs, les charbonniers, et chez les mouleurs en cuivre, en fonte et en bronze, qui se servent de poussières de charbon dans les opérations du moulage.
Les lésions observées sont d’abord l’emphysème, puis une coloration noire du poumon, qui ne crépite plus, qui crie sous le scalpel à la coupe, et qui plonge dans l’eau. Les doigts qui écrasent le parenchyme pulmonaire sont colorés en noir, ainsi que l’eau que l’on fait couler à sa surface. La coupe est marbrée de noir, ou d’une couleur noire uniforme. Le tissu du poumon est cloisonné par de larges travées conjonctives qui contiennent des poussières charbonneuses, accumulées en certains points sous forme de nodules. Histologiquement, on constate une sclérose lobulaire qui intéresse le tissu conjonctif qui entoure le lobule et la bronche centrale du lobule ; on trouve dans ces régions une masse fibreuse farcie de grains noirs. On n’observe presque jamais de dilatation bronchique; par contre, l’oblitération des rameaux artériels bronchiques est fréquente; il en résulte des ulcérations caverneuses, irrégulières, déchiquetées, lobulaires, contenant un putrilage noir. Les parois bronchiques sont intactes. Les plèvres sont adhérentes et épaissies, les ganglions sont durs et noirs. On observe parfois des lésions du cœur droit.
L’anthracose prédispose-t-elle à la tuberculose? Les auteurs ne sont pas d’accord sur ce point, cependant on peut admettre (Boulland) que si la lésion pulmonaire favorise l’évolution du bacille, cette évolution est arrêtée par la sclérose pulmonaire qui isole les foyers et les empêche de progresser. Les symptômes se déroulent en trois
périodes (Tardieu). Dans la première période, on constate du malaise, avec perte d’appétit, amaigrissement, quintes de toux, suivies d’une expectoration noirâtre. A l’auscultation, on perçoit un alTaiblissement du murmure vésiculaire, une exagération de la voix et quelquefois des râles sibilants et ronflants. Dans la seconde période, les symptômes s’aggravent : les vomissements apparaissent, l’oppression augmente, l’induration pulmonaire est complète. Dans les crachats noirs, on trouve souvent du muco-pus et quelquefois un peu de sang. La troisième période est caractérisée par les progrès de l’anémie et par la consomption ; parfois le poumon se creuse de cavernes, et la mort survient, soit par cachexie (sueurs, diarrhée, fièvre hectique, asphyxie), soit par asystolie (lésion du cœur droit). La durée peut être de plusieurs années.
Chalicose. — L’infiltration du poumon par des poussières de silice (chalicose), s’observe chez les tailleurs de pierre et de grès (carriers, piqueurs de meules, tailleurs de silex, cantonniers), chez les aiguiseurs, les verriers, les porcelainiers, les faïenciers, les potiers, les peigneurs de lin (Greenhow).
A l’autopsie, les poumons sont farcis de nodules très durs, noirâtres, parfois gris-blanc ou jaunâtres : histologiquement, on constate une sclérose lobulaire avec rétrécissement des alvéoles, et de petits grains cristalloïdes, réfractant fortement la lumière et formés de silice. Il peut exister des cavernes entourées de grains siliceux. Les ganglions sont durs et d’une couleur gris-noirâtre. Les lésions du cœur droit sont fréquentes.
Les symptômes peuvent, comme dans l’anthracose, évoluer en trois périodes : l’expectoration semble plus abondante et les hémoptysies sont plus fréquentes. La maladie dure trois ou quatre ans.
jLa phthisie des faïenciers (Porté) 1 évoluerait sous trois
1. Porté. Recherches sur la phthisie des faïenciers. Thèse de Paris,
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formes : une forme pneumonique, une forme emphysémateuse, et une forme suffocante.
Sidérose. — On n’a pu réunir jusqu’à présent que 21 cas d’infiltration de poussières ferrugineuses dans le poumon (Zencker et Merckel) : ils ont été observés chez des ouvriers se servant d’oxyde rouge de fer (miroitiers, batteurs d’or, polisseurs de glaces). Dans une autopsie (Zencker), la surface du poumon était d’une couleur rouge-brique, intense et uniforme, sillonnée de lignes plus noires répondant aux espaces interlobulaires : la plèvre était recouverte de plaques rouges; il y avait plusieurs cavernes dans le poumon, sans trace de tubercules. Au microscope, on notait de la sclérose pulmonaire avec j des grains de fer qui donnaient à l’examen chimique la réaction spéciale du fer.
Les signes physiques ressemblent à ceux de l’anlhracose : l’expectoration rouge est caractéristique.
Le diagnostic est surtout basé sur les caractères des crachats; noirs dans l’anthracose, rouges dans la sidérose, sans caractères objectifs dans la chalicose. Le diagnostic différentiel ne pourra guère se poser qu’avec la tuberculose pulmonaire et le cancer latent de l’estomac. Dans le premier cas, la recherche de la profession du malade, l’examen des crachats au point de vue chimique et au point de vue bacillaire seront les principaux éléments du diagnostic. Dans le cas de cancer latent de l’estomac, où la confusion est possible (Lelulle), l’erreur ne sera guère évitée que par l’examen attentif de l’évolution de la maladie.
Le traitement est tout d’abord prophylactique : il faudra aérer largement les locaux où l’on travaille, essayer d'empêcher la propagation des poussières, adopler l’usage des masques. Quand la pneumokoniose est déclarée, il faut conseiller le changement de profession ; cette mesure radicale arrête souvent la maladie. A la sclérose on oppose les révulsifs, les balsamiques, l'arsenic et l’iodure de potassium.
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