EMBOLIES PULMONAIRES SPÉCIALES ET SPÉCIFIQUES
Sous le nom d’embolies spéciales on comprend les oblitérations capillaires dues à des corps étrangers non vivants, par opposition aux embolies spécifiques dues à
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des organismes animés. Les premières agissent donc mécaniquement, les secondes au contraire sont douées de propriétés vitales.
Dans le premier groupe se rangent les débris de caillot fibrineux, fragmenté par désagrégation comme on le voit dans les vieux foyers de phlébite, les kystes fibrineux des veines (Verneuil), les accumulations de débris globulaires en un point donné (brûlures, congélation, certaines intoxications). Lorsqu’elles se produisent en une foule de points à la fois, ces embolies pulmonaires peuvent entraîner la mort par suffocation, sinon elles passent inaperçues.
Plus importantes sont les embolies graisseuses, suite de fractures et d’ostéomyélite. M. Déjerine pense que dans ces cas, l’augmentation de la pression intra-médullaire, conséquence de l’inflammation, force les gouttelettes huileuses de la moelle osseuse à pénétrer dans les capillaires. Les accidents qui caractérisent ces embolies consistent en une oppression extrême qui éclate brusquement, le blessé a soif d’air, sa face, ses extrémités se cyanosent, parfois il rejette une mousse sanguinolente et il succombe rapidement avec ou sans mouvements convulsifs. A l’autopsie on trouve dans les vaisseaux du poumon une infinité de gouttelettes graisseuses mélangées au sang. C’est encore aux embolies graisseuses que certains auteurs rattachent le coma diabétique et les accidents de suffocation chez les femmes puerpérales éclamptiques.
Les embolies gazeuses sont plutôt du domaine de la chirurgie, elles s’observent surtout à la suite de l’entrée de l’air dans les veines du cou. Cet accident s’annonce par un sifflement caractéristique ; subitement une dyspnée intense se développe, et la mort en est ordinairement la conséquence.
Les embolies spécifiques deviennent de jour en jour plus nombreuses à mesure que l’on connaît mieux la biologie des micro-organismes. Les uns arrivent aux poumons mélantrés à des débris de caillots (phlébite suppurée, phlé-
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bile puerpérale), les autres constituent seuls l’embolus De ces agents pathogènes, le plus fréquent est lestreptO' coque pyogène, microbe de l’infection purulente, puis viennent le staphylocoque, le coli bacille et une foule d’autres micro-organismes, qui reproduisent sur place la plupart des propriétés qu’ils ont puisées à leur origine. Les abcès miliaires, les infarctus suppurés et gangréneux ne reconnaissent pas d’autre cause. D’après Ranvier, ces deux derniers infarctus seraient d’abord rosés, puis hémorrhagiques, c’est-à-dire d’abord mécaniques, puis ultérieurement ils se décoloreraient et entreraient en suppuration par action consécutive des micro-organismes. La tuberculose et certaines formes de pseudo-tuberculose (tuberculoses dues àl’aspergillus glaucus, fumigalus, etc.) se développent fréquemment par la voie sanguine et peuvent être reproduites expérimentalement (Renon1).
Rappelons enfin que les noyaux cancéreux secondaires développés dans le poumon sont dus à des embolies d’origine cancéreuse comme les infarctus blancs pulmonaires des leucocythémiques sont dus à l’accumulation de globules blancs hypertrophiés, comme les embolies pigmentaires de la malaria sont dus à l’arrêt de granulations pigmentaires dans les capillaires du poumon.