GANGRÈNE DU POUMON
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MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
entre les parties saines et le tissu sphacélé; la région mortiliée est très étendue et irrégulière, et les cavités qui en résultent sont anfractueuses et mal limitées. La gangrène circonscrite offre l’aspect de noyaux du volume d’une noisette à celui d’un œuf; ces noyaux, bien limités et disséminés dans un seul ou dans les deux poumons, ont souvent commencé par être des noyaux de pneumonie lobulaire qui se sont sphacélés du centre à la périphérie. Quand on pratique la section d’un noyau gangréneux, on le trouve creusé d’une cavité entourée de trois couches superposées. La cavité, à parois anfractueuses, communique avec une bronche, et exhale une odeur fétide; elle contient une bouillie grisâtre composée des éléments suivants : globules de pus, grandes cellules infiltrées de granulations graisseuses, grumeaux constitués par des filaments de tissu conjonctif ou de tissu élastique et par des débris de capillaires sanguins, granulations pigmentaires, cristaux de margarine, leucine. tyrosine et micro-organismes variés. Tous ces éléments de la cavité se retrouvent dans les crachats.
Autour de la caverne gangréneuse existe une première couche qui lui sert de paroi, et qui limite la perte de substance; cette couche est formée de débris de tissu pulmonaire, de fibres élastiques et de vaisseaux oblitérés qui se continuent avec la couche suivante. La seconde couche est formée par du tissu pulmonaire à l’état d’hépatisation grise; elle est friable et sanieuse; les alvéoles sont remplis de pus et de grandes cellules graisseuses, et les vaisseaux sont oblitérés par la fibrine coagulée. La troisième couche ou zone périphérique qui se con tinue avec les parties saines du poumon offre les lésions de la pneumonie catarrhale.
La gangrène diffuse, qu’elle succède à une pneumonie lobaire, ce qui est fort rare, ou à l’oblitération de branches de l’artère pulmonaire, présente les mêmes altérations que la gangrène circonscrite, seulement ces altérations sont diffuses et très étendues.
MALADIES DU POUMON
Dans certains cas, et j’ai publié deux observations de ce genre1, on retrouve à la fois des noyaux bien limités de gangrène circonscrite et des lésions irrégulières de gangrène diffuse
Si la gangrène siège à la périphérie du poumon, elle détermine une pleurésie qui est, suivant le cas, adhésive, gangréneuse ou purulente, si la cavité pleurale est perforée, il en résulte un pneumothorax. Bien que les vaisseaux de la paroi gangrenée soient oblitérés, il se produit quelquefois des hémorrhagies au moment de la formation ou de la séparation de l’eschare. Enfin, des parcelles sphacélées peuvent passer dans les veines pulmonaires, de là dans le cœur gauche, dans les artères de la grande circulation, et provoquer les lésions des embolies capillaires spécifiques
Ces cas doivent être distingués de ceux où la gangrène pulmonaire est elle-même consécutive à un foyer gangréneux périphérique
Bactériologie. — L’origine microbienne de cette affection a été entrevue dès 1846 par Virchow, mais c’est surtout à Leyden et à.laffé,1866 que nous sommes redevables des premiers travaux sérieux sur ce sujet. Sans attribuer au leptollmx pulmonalis , microbe dérivé du leptolhrix bue calis, une importance aussi considérable que le voulaient ces auteurs, on ne peut s’empêcher de reconnaître que cet organisme existe dans la plupart des foyers de gangrène pulmonaire soit seul, soit associé au monas Uns , au cercomonas (Kannenberg), au proleus vulgaris, au micrococcus telragenes, et à une foule de bâtonnets. Ce sont là autant d’agents de la transformation putride. Signalons encore d'autres agents tels que les streptocoques, les staphylocoques et même, dans certains cas, les pneumocoques (Roger), microbes qui ne sont pas saprogènes, mais qui sont pathogènes et dont le rôle dans l’évolution du processus morbide n’est pas encore nettement déterminé. A