Diciilnfoy, Gnz. hebdomadaire, 1878, n
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l’état normal la plupart des micro-organismes existent dans la salive humaine ; aussi l’injection de salive nor- . male dans la trachée des animaux peut-elle déterminer chez eux des noyaux de gangrène pulmonaire
Étiologie. — La cavité des bronches, bronchioles et alvéoles pulmonaires étant en quelque sorte le prolongement de la cavité bucco-pharyngée, on conçoit avec quelle facilité les germes morbides qui habitent cette dernière, peuvent gagner de proche en proche et se développer dans des régions où ils n’existent pas à l’état normal. Mais pour que ce développement ait lieu, il faut que le terrain soit préparé, il faut que les individus soient en état de réceptivité.
C’est ainsi que la gangrené pulmonaire ne s’observe pas d’habitude chez les gens bien portants; au contraire elle est fréquente chez les alcooliques, les diabétiques, les brightiques, chez les malades atteints d’impaludisme, d’aliénation mentale ou d’affections cérébrales chroniques.. Elle s’observe aussi parfois au cours de maladies infectieuses aiguës : rougeole, variole, fièvre typhoïde, etc., ou chez des sujets ayant été exposés à un refroidissement intense et prolongé (Bucquoy^.
Dans d’autres circonstances on la voit survenir à titre de complication, au cours de lésions variées des voies respiratoires : cavernes de la tuberculose pulmonaire, cancer et sarcome du poumon, pneumonie chronique, kyste hydatique, corps étranger des voies aériennes, perforation du poumon par plaie de poitrine, corps étrangers introduits par cette plaie (balles, débris de vêtements, fragments de côte) ; ouverture d’un abcès dans les bronches : foie, rate, rein, etc.; perforation de l'oesophage chez les malades atteints de cancer de cet organe, perforation spontanée, ou due à un cathétérisme forcé.
Toutes les affections gangréneuses ou suppuratives de la cavité bucco-pharyngée : noma, diphlhérie, abcès rétropharyngien, nécrose laryngée, opération pratiquée sur la cavité buccale, ablation du cancer de la langue, peuvent
MALADIES DU POUMON
engendrer la gangrène pulmonaire. Il est probable que dans ces derniers cas la gêne apportée à la déglutition explique l’entrée de parcelles alimentaires dans les voies respiratoires, accident qu’on observe également chez les aliénés, chez les malades atteints de paralysie labioglosso-laryngée et de paralysie diphthérique.
Dans d’autres cas le foyer gangréneux reconnaît pour cause première une embolie pulmonaire. Tantôt l’embolus a pris naissance dans un foyer gangréneux plus ou moins éloigné, et il reproduit à son arrêt dans le poumon des accidents analogues à ceux qui existaient à son point de départ : eschares du décubitus, lésions puerpérales, suppurations osseuses. Tantôt, et le plus souvent, l’embolie pulmonaire est constituée par un corps inerte qui donne naissance à un infarctus ; l’infarctus à son tour est envahi par des agents saprogènes et subit la transformation gangréneuse. Ainsi donc, nécrose pulmonaire et gangrène pulmonaire ne sont pas synomjmes. Ces deux processus se combinent parfois, mais ils ne sont pas fatalement associés ; ils trouvent toujours une condition de développement favorable dans le mauvais état de la circulation pulmonaire • stase, œdème bronchite chronique, dilatation des bronches, emphysème, artério-sclérose, lésions cardiaques.
La respiration de gaz hydrogène sulfuré, d’ammoniaque, de gaz provenant de la détonation du picrate de potasse (Jaccoud), le traumatisme, sont encore des causes de gangrène pulmonaire.
Quant à la pneumonie lobaire, bien que la gangrène en soit une terminaison exceptionnelle et même niée par Laënnec, on en trouverait néanmoins quelques observations (Grisolle, Andral, Bouillaud, Lancereaux). La terminaison par gangrène est plus fréquente dans la pneumonie lobulaire. Mais pourquoi, dans tel ou tel cas, l’inflammation du parenchyme pulmonaire se termine-t-elle par gangrène! Pour répondre à cette question, on a invoqué 1 état général du sujet; on a diL que chez les aliénés, chez
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les diabétiques et les alcooliques, le processus inflammatoire, au lieu de tendre à une franche résolution, trouve dans l’état général du sujet, et peut-être dans la constitution du moment (Graves, Leudet), une raison pour aboutir à la nécrose du tissu phlegmasié. C’est pour des raisons analogues qu’un individu déjà débilité par une fièvre typhoïde ou en proie à une fièvre éruptive (scarlatine, rougeole, variole), aurait quelque chance pour que sa phlegmasie pulmonaire se terminât par gangrène. Toutes ces considérations ont été longuement discutées par Graves1 2.
Certains auteurs, se basant sur la forme anatomique des lésions, n’admettent pas la transformation secondaire de la broncho-pneumonie en foyer de gangrène pulmonaire ; pour eux la gangrène est primitive, elle revêt simplement la forme broncho-pulmonaire. Nos connaissances actuelles en bactériologie et ce que nous avons dit plus haut rendent tout au moins discutable cette façon de voir.
Enfin dans certains cas il faut faire jouer un rôle à l'encombrement, à la contagion, surtout dans les salles d’hôpital (Bard et Charmeil*).
Symptômes et diagnostic. — A part les cas exceptionnels de gangrène par ischémie (oblitération des vaisseaux), la nécrose pulmonaire n’est souvent qu’un épisode dans le cours d’une autre maladie : ainsi les gens alcooliques et diabétiques, ceux qui sont atteints de typhus ou de rougeole, les cachectiques, tous ceux, en un mot, qui offrent un terrain favorable à la culture des germes gangréneux, sont exposés à voir leurs phlegmasies pulmonaires se compliquer de gangrène.
La gangrène est quelquefois annoncée par des symptômes spéciaux, tels que l’extrême élévation de la température et l'état adynamique; mais, dans d'autres cir-