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Déjeune. Société de biologie, 26 juillet ISSU

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lieux glycérinés, qui sont un excellent terrain de culture1. On obtient de bons résultats par l’addition de 1 à 2 pour 100 de glucose aux milieux glycérinés2.

Après douze ou quinze jours on constate l’apparition de particules sèches ou écailleuses composées de colonies de bacilles. Ces colonies sont blanchâtres ou jaunâtres, non brillantes, nettement isolées les unes des autres, et peu adhérentes au milieu de culture.

Les particules tuberculeuses portées sur un autre milieu de culture reproduisent de nouvelles colonies de bacilles, et ainsi de suite pendant plusieurs cultures successives. — Avec ce virus ainsi cultivé, on pratique des inoculations à différents animaux; il détermine chez eux la tuberculose plus sûrement encore qu’avec l’inoculai ion des fragments de tissus tuberculeux, et l’injection dans les veines de liquide chargé de bacilles détermine p^-jois une tuberculose aiguë rapide et généralisée.

La démonstration est donc complète, évidente, et la question actuellement à l’élude est de savoir si le parasite de la tuberculose se présente toujours à l’état de bacille. D’après les travaux de MM. Malassez et Yignal3, on trouve dans les produits tuberculeux des microcoques libres ou réunis en zoogloés. Cette tuberculose zoogléique serait-elle différente de la tuberculose bacillaire? Pour certains auteurs, zoogloés et bacilles représentent des états successifs dans le développement d’un même microorganisme, la tuberculose zoogléique, après une ou plusieurs inoculations, peut engendrer la tuberculose bacillaire; mais pour d’autres auteurs, et ils sont les plus nombreux, la tuberculose zoogléique est une pseudoluberculose.

1. Nocard et Roux. Culture des bacilles de la tuberculose. .4»». de l'Instit. Pasteur, 1888, p. 19.

2. Consultez l’important ouvrage de Straus : la Tuberculose et son ■bacille, 1895.

5. Arch. de physiologie, 15 août 1881. — Chantenicsse. Ann. de l'Instit. Pasteur, 18S7, p. 97. — GrancUer et Ledoux-Lebard. Arch.de mcd. expérimentale, 1889.

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Au point de vue du diagnostic, la découverte du bacille tuberculeux a eu une influence considérable. On sait combien le diagnostic est souvent difficile entre la phthisie pulmonaire et d’autres affections, telles que : bronchites simples en apparence; catarrhe chronique, pneumonie chronique, dilatations bronchiques, laryngites chroniques, syphilis pulmonaire, hydatide du poumon, etc.; eh bien, dans ces différents cas, la présence du bacille dans les produits d’expectoration permet d’alfirmer la tuberculose, et l’absence du bacille, après plusieurs examens successifs, permet d’écarter d’une façon à peu près certaine l’existence de la tuberculose. La même remarque s’applique à toutes les lésions d’organes ou de tissus, d’apparence suspecte, qui sont accessibles à nos moyens d’investigation. On voit, d’après ce simple aperçu, quelle importance prend le bacille de la tuberculose; je ne prétends pas dire, bien entendu, que, dans tous les cas litigieux ou difficiles, le bacille soit capable de trancher la question; raisonner ainsi serait s’exposer à bien des mécomptes; mais il est certain que dans un très grand nombre de circonstances, il nous fournit le plus précieux élément de diagnostic et de pronostic.

Dans les cas où la recherche du bacille est infructueuse, on a recours aux inoculations sur les animaux, procédé qui donne souvent d’excellents résultats.

Le cobaye est l’animal de choix. On inocule sous la peau du ventre de l’animal un fragment du tissu suspect; après quelques semaines on voit évoluer un nodule qui s’abcède et qui aboutit au chancre tuberculeux. Puis les ganglions du voisinage s’hypertrophient, la tuberculose se généralise, et l’animal succombe après un ou deux mois.

Dans quelques cas spéciaux, on pourrait, pour déceler la tuberculose, avoir recours à la réaction provoquée par 1 injection de tuberculine, dont il sera question au chapitre de la phthisie pulmonaire.

A propos de la tuberculine, je me contente de signaler, pour le moment, les recherches qui ont pour but de

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dégager et d’isoler les produits solubles sécrétés par le bacille de Koch; la toxine vaso-dilatatrice, la toxine convulsivante, la toxine nécrosante. Ces toxines jouent un rôle considérable dans les symptômes de la tuberculose.

Anatomie pathologique. — Les lésions tuberculeuses, quels que soient les organes et les tissus dans lesquels on les étudie, se présentent sous deux formes principales, l’une circonscrite et nodulaire ( granulation tuberculeuse, l’autre diffuse (infiltration tuberculeuse). Ces deux formes sont fréquemment associées, et nous faisons remarquer à l’avance que les particularités anatomiques et la texture du tissu (poumon, larynx, séreuses, méninges, foie, peau, ganglions, tissu osseux, etc.) dans lequel se développent les lésions tuberculeuses peuvent modifier l’apparence extérieure de ces lésions.

1° La granulation tuberculeuse, celle qui répond à l’unité macroscopique, le tubercule proprement dit, est une nodosité saillante, arrondie, dure au loucher, grise et demi-transparente quand elle est jeune, opaque et jaune quand elle vieillit. Elle est visible à l’œil nu ou à la loupe; son volume est variable, et ses dimensions peuvent ne pas dépasser 1/20 de millimètre de diamètre.

Cette granulation tuberculeuse est elle-même formée de granulations élémentaires plus petites, de follicules tuberculeux qui répondent à l’unité microscopique, de sorte qu’il y a souvent 10, 15, 30 follicules tuberculeux agglomérés, pour former la granulation tuberculeuse.

Le follicule tuberculeux (Koster) ou granulation élémentaire (Malassez) a la structure suivante : quand on en fait la section, on trouve au centre une cellule gigantesque dont les prolongements semblent plonger dans la substance du follicule, le protoplasma de la cellule est grenu, et ses dimensions lui ont fait donner le nom de cellule géante. La cellule géante est entourée d’une zone de cellules assez volumineuses, dites épithélioïdes, et de cellules arrondies, tassées, confluentes, appartenant au type

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embryonnaire, c’est-à-dire ayant un noyau volumineux par rapport au protoplasma.

Tous ces éléments sont réunis entre eux par une substance fondamentale, fibrillaire ou grenue. La circulation est incomplète ou même nulle dans les granulations, car leurs vaisseaux, ici comme dans tout produit tuberculeux, sont arrêtés dans leur développement ou oblitérés par un travail d’endartérite ou de capillarité.

En somme, le follicule tuberculeux a des caractères assez bien tranchés, mais il est composé d’éléments qui ne sont nullement spécifiques. Ainsi la cellule géante manque dans un tiers des cas, et d’autre part on la rencontre dans des produits (syphilome, lupus) qui n’ont rien de commun avec les produits tuberculeux1. Pour les uns, la cellule géante est en rapport avec la formation des vaisseaux sanguins, elle a quelque analogie avec les prolongements du -protoplasma dits angioplastiques (Rouget), et elle pourrait être nommée cellule géante angioplastique (Arnold). Pour d’autres, la cellule géante est due à la confluence des cellules lymphatiques (Cohnheim), ou encore résulte de la tuméfaction trouble des cellules indifférentes du centre du follicule2. Les corps étrangers, et en particulier les bacilles de la tuberculose, agissent dans la production des cellules géantes ; « lorsque les bacilles sont englobés par une cellule, la cellule s’hypertrophie, ou bien lorsqu’un petit amas de bacilles se trouve en contact avec des globules blancs, ceux-ci fusionnent

Iet constituent une cellule géante ». (Cornil.) La caractéristique de la lésion tuberculeuse, granulation ou infiltration, c’est le bacille. Voici comment se fait la lésion des tissus consécutive à l’envahissement des bacilles : « Les amas de bacilles pénètrent et se multiplient d’abord

5 t. Malassez et Ch. Monod. Arch. de phys., 1878, p. 375.

2. M. Metchnikoff attribue aux cellules géantes un rôle phagocy- : taire; leur pouvoir digestif envers les microbes serait démontré. » (An laies de l'Institut Pasteur, 1889.)

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sans causer de lésions manifestes. Ils entrent dans les cellules fixes des tissus, et par leur présence ils déterminent, dans les cellules où ils se sont logés et dans les cellules voisines, une irritation nutritive et formatrice qui se traduit par des figures de karyokinèse et par la multiplication des cellules fixes, cellules de tissu conjonctif, cellules endothéliales des vaisseaux, cellules épithéliales. En outre de ces lésions, les vaisseaux entraînent les bacilles qui s’arrêtent dans les capillaires avant de se répandre autour d’eux. Lorsque les parois vasculaires sont altérées de cette façon, elles laissent sortir par diapédèse des globules blancs, qui pénètrent les nodules en voie de se former et les envahissent en grand nombre*. » Les bacilles, après s’être multipliés, pénètrent dans les globules blancs, qui, par les lymphatiques et par les veines, les transportent dans les divers organes s.

Pour Al. Melchnikoff, le tubercule entre dans la conception générale de la phagocytose, c’est-à-dire dans la propriété que possèdent certaines cellules, surtout les cellules mésodermiques et les leucocytes, de digérer les microbes. C’est un moyen de défense de l’économie, c'est sa part de spontanéité. Dès qu’un corps étranger, inerte ou vivant, pénètre dans nos tissus, les phagocytes accourent, prêts au combat. Quand le bacille de Koch pénètre, ou se développe dans un tissu, les leucocytes affluent aussitôt par diapédèse, et englobent les bacilles. Les tubercules seraient composés d'une réunion de phagocytes d’origine mésodermique, les phagocytes se transformant en cellules épithélioïdes et en cellules géantes. Ainsi se fait la lutte entre l’ennemi et les phagocytes (Aletchnikofl).

En résumé, que les bacilles aient une origine exogène ou endogène, on peut dire que les tubercules se développent dans toutes les cellules de l’organisme composées

1. Cornil. La karyokinèse dans la tuberculose. Élude sur la tuberculose, 1887, p. 1.

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