‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 164 sur 295 · Société anatomique · texte numérisé non relu

Société anatomique

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

senlé des accidents cérébraux prodromiques, meurt d’apoplexie. L’autopsie permet de constater une hémorrhagie méningée consécutive à la rupture d’un anévrysme syphilitique du tronc basilaire. J’ai eu dans mon service, à l’hôpital Saint-Antoine, une femme âgée de 40 ans, entrée pour des accidents syphilitiques cérébraux et qui succomba dans une attaque d’apoplexie; je constatai à l’autopsie une hémorrhagie méningée causée par la rupture d’un anévrysme de la sylvienne gauche. Les deux sylviennes étaient atteintes d’artérite syphilitique.

Anévrysmes syphilitiques des artères de la base' du cerveau.

1. Carotide interne. — 2. Artère cérébrale antérieure. — 5. Sylvienne avec anévrysme. — 4. Choroïdienne. — 5. Communicante post^ rieure avec anévrysme. — 6. Communicante antérieure. — 7. Cérébrale postérieure. — 8. Tronc basilaire avec anévrysme. — 9. Cérébelleuse supérieure. — 10. Cérébelleuse inférieure. — 12. Artère vertébrale. — 15. Cérébelleuse postérieure.

En résumé, d’après ces observations, que je pourrais

MALADIES DE L’ENCÊPIIALE.

multiplier, nous voyons que l’anévrysme syphilitique n’est pas une modalité rare de l’artériopathie cérébrale syphilitique. Ces anévrysmes siègent par ordre de fréquence au tronc basilaire, aux artères sylviennes, aux carotides internes. Dans bien des cas on constate sur un même sujet des lésions multiples : un anévrysme rompu, un anévrysme en voie de formation, une endartérite à tendance oblitérante, des artères avec transformation complète de leurs parois. Il est à remarquer que ces lésions artérielles ne concernent pas seulement les époques éloignées dites tertiaires de la syphilis, on les a rencontrées à des époques parfois très rapprochées de l’infection : au 11' mois (Spillmann), au 10' mois (Brault), au 8' mois (Spillmann).

B. Endartérite ohlitérante. — Après avoir étudié les artérites syphilitiques qui aboutissent à l’anévrysme, plaçons dans un deuxième groupe les artérites cérébrales syphilitiques qui aboutissent à l'oblitération du vaisseau, et qui peuvent entraîner la mort sans ramollissement cérébral consécutif, ou avec ramollissement cérébral, ce qui dépend de l’intensité et de la durée du processus oblitérant.

Dans une observation de M. Geffrier*, un malade syphilitique entre à l’hôpital pour une céphalée atroce qui persiste malgré de fortes doses d’iodure de potassium. Quelques mois plus tard, les douleurs, qui s’étaient un instant amendées, reparaissent encore plus vives, avec étourdissements, vertiges, obnubilation intellectuelle. Le malade ne peut marcher sans perdre l’équilibre. Il est bientôt pris de délire, d’état comateux, de râle trachéal et il meurt au sixième mois de son infection. A l’autopsie, on constate des lésions syphilitiques du tronc basilaire, des deux artères sylviennes, des cérébrales antérieures et des communicantes postérieures. Le tronc basilaire est comblé par un caillot fort adhérent, qui commence dans les artères vertébrales. La substance cérébrale ne pré-

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