Trousseau. Clinique médicale, t. U, p. 28t
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
que simultanées, rarement elles atteignent la face (Rendu *).
A la dernière période, la fièvre reparaît, le pouls atteint 150 à 150 pulsations par minute, le ventre se ballonne, la respiration s’embarrasse, et le petit malade, privé de connaissance, meurt dans le coma, parfois au milieu d’accidents convulsifs, ouest emporté par les progrès croissants de l’asphyxie.
Les troubles oculaires qui peuvent survenir dans le cours de la méningite tuberculeuse sont de divers ordres. Au début de la maladie, la pupille et les nerfs moteurs de l’œil sont le siège de phénomènes irritatifs; myosis, nystagmus, strabisme par contracture. Plus |tard au contraire, ce sont les phénomènes paralytiques qui dominent; mydriase, ptosis, strabisme paralytique. Ces phénomènes inverses, déterminent dans les pupilles des états dilférents qu’oii appelle vulgairement inégalité pupillaire.
A l’opthâlmoscope on découvre au fond de l’œil des lésions multiples : Les tubercules de la choroïde occupent habituellement les deux yeux, au voisinage du nerf optique et de la macula ; ils forment des saillies arrondies, grisâtres, en nombre variable; ils émanent directement du processus tuberculeux méningé en suivant la gaine du nerf optique ou les vaisseaux de l’œil. Quand les tubercules de la chroroïde existent, ils sont un gros appoint pour le diagnostic de la méningite tuberculeuse, mais ils font souvent défaut. On constate assez souvent de l’œdème delà papille optique, conséquence de l’hydrocéphalie et de l’œdème cérébral (Parinaud). Celte névrite œdémateuse, qui est parfois accompagnée d’hémorrhagies rétiniennes, aboutit souvent aune atrophie plus ou moins complète du nerf optique.
Les convulsions, les contractures et les paralysies qu on
1. Rendu. Recherches cliniques et anatomiques sur les paralysies lices à la méningite tuberculeuse. Thèse de Paris, 1873.
MALADIES DE L’ENCÉPHALE
observe dans le cours de la méningite tuberculeuse sont des symptômes dont la pathogénie mérite d’être discutée. Les paralysies paraissent dues à des foyers de ramollissement qui intéressent les corps striés, les pédoncules cérébraux (Rendu) et les zones motrices des circonvoJutions fronto-pariétales; ces foyers de ramollissement proviennent des oblitérations artérielles, des thromboses, qui sont elles-mêmes provoquées par les granulations tuberculeuses des vaisseaux. Suivant que les convulsions et les contractures sont générales ou partielles, on peut en interpréter différemment la pathogénie : quand elles sont généralisées, on peut invoquer une action réflexe, une excitation cérébrale à distance; quand elles sont partielles, localisées à un membre, à une partie du corps, elles résultent de l’excitation directe des zones motrices fronto-pariétales (Landouzy)*. question qui a été étudiée au chapitre des Localisations cérébrales.
Méningite tuberculeuse de l'adulte. — La méningite de l’adulte n’a pas toujours les allures de la méningite de l’enfant; ses formes anormales, assez fréquentes, ont été bien étudiées par M. Chantemesse-.
Dans quelques cas, la méningite, après avoir évolué silencieusement pendant quelque temps, éclate brusque ment par une attaque apoplecti forme, par des convulsions épileptiformes ou par un accès de délire aigii. Ces différentes formes aboutissent rapidement au coma et à la mort, et la forme délirante présente cette particularité que l’évolution de la maladie peut se faire sans que la température s’élève au-dessus de l’état normal®.
Dans d’autres cas, les symptômes spinaux ouvrent
1. Landouzy. Convuhions et paralysies liées aux mémngo-encéphaliles fronto-pariélales. Thèse de Paris, 1876.
2. Chantemesse. Formes anormales de la méningite tuberculeuse de l’adulte. Paris, 188i.
"S. Jaccoud. Clinique médicale, 1885 et 1887.
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
la scène, la maladie simule une méningo-myélite, et bientôt les symptômes de méningite cérébrale se déclarent.
Chez quelques malades la méningite cérébrale concentre son action sur la région des circonvolutions motrices du cerveau; on retrouve, au niveau des circonvolutions frontale ascendante, pariétale ascendante et sur le lobule paracentral, des plaques de méningo-encéphalite tuberculeuse. Ces plaques de méningite s’annoncent par une contracture, par une paralysie limitée au bras ou à la jambe; la paralysie dissociée de la troisième paire {ptosis) a été observée dans des cas de méningite siégeant au niveau du pli courbe.
Les autres symptômes de la méningite, la céphalalgie, les vomissements, font défaut, mais bientôt l’agitation, le délire, la somnolence, le coma, enlèvent le malade, quand celui-ci ne succombe pas aux progrès rapides de la tuberculose pulmonaire.
Le diagnostic des méningites avec la fièvre typhoïde sera fait au sujet de cette dernière affection, diagnostic singulièrement simplifié par le séro-diagnostic (Widal). A propos du diagnostic, il ne faut pas oublier la méningite apoplecliforme de l’adulte.
Le pronostic est toujours grave, et la mort est la terminaison presque fatale de la méningite tuberculeuse. Le traitement est fort limité; il consiste en vésicatoires et application de glace sur la tête, préparations mercurielles à l’intérieur; le traitement palliatif a pour but de surveiller l’allaitement de l’enfant, et de prévenir autant que possible toute cause d’excitation cérébrale.