‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 20 sur 295 · Jaccoud. CImigue. Jcanton. Th. de Paris · texte numérisé non relu

Jaccoud. CImigue. Jcanton. Th. de Paris

DIEOLAFOy, PATnoi.. T. n.

MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE

des matières albuminoïdes du sang. Depuis longtemps, M. Jaccoud avait formulé cette idée ; «L’albuminurie reconnaît pour cause une déviation du type normal des mouvements nutritifs ; cette déviation consiste ei\ une perturbation passagère ou durable dans les phénomènes d’assimilation ou de désassimilation des matières albuminoïdes *. »

Les symptômes que nous allons étudier maintenant se confondent en partie avec les symptômes urémiques; la plupart d’entre eux sont tributaires de l’insuffisance de la sécrétion urinaire.

Céphalée. — Les maux de tête existent à toutes les périodes de l’évolution brightique. Ils apparaissent assez fréquemment comme symptôme du début; ilsdurent plusieurs semaines, plusieurs mois ; tantôt ils sont terribles et simulent la céphalée syphilitique, tantôt ils sont qualifiés de migraine par le malade. La céphalée redouble souvent d’intensité à l’apparition des symptômes cérébraux urémiques; on la fait parfois disparaître au moyen de sangsues appliquées sur les tempes ou derrière les oreilles.

Troubles respiratoires. — Les troubles respiratoires d’origine brightique sont continus, paroxystiques ou intermittents; ils sont esquissés dans les exemples suivants : certains malades ont un essoufflement permanent, exagéré par la marche ou parles mouvements; au premier abord on se demande s’ils sont cardiaques ou aortiques; par un examen attentif on voit qu’ils sont atteints de néphrite chronique, ce qui ne veut pas dire que, dans quelques cas, le cœur ne soit pas en cause, comme nous le verrons plus loin.

Parfois l’oppression revêt la forme d accès que les malades prennent à tort pour des accès d’asthme. L accès survient la nuit ou le jour, il acquiert rapidement une vio-

1. Jaccoud. Des conditions palhogéuiques de l'albuminurie. Thèse de doctorat, ISüO.

MALADIES DES REINS

lente intensité, il reparaît au moindre mouvement, il se répété plusieurs fois en vingt-quatre heures, ou bien il disparaît pour revenir à époques plus ou moins éloignées.

Dans d’autres cas, la respiration prend un rythme particulier qu’on nomme respiration de Cheyne-Stokes*. Ce rythme n’est pas absolument spécial aux dyspnées brightiques; voici en quoi il consiste : les mouvements respiratoires s’accélèrent par série, puis se ralentissent et s’arrêtent complètement pendant un grand moment; il se lait une pause jusqu’à une nouvelle série, et ainsi de suite. Tous ces troubles dyspnéiques, que je vais étudier plus loin, au sujet de l’urémie, sont dus, les uns à l’intoxication urémique, les autres à la présence d’un œdème broncho-pulmonaire®, avec ou sans épanchement pleural, et, suivant le cas, on entewd à l’auscultation de la poilrine, des râles ou du souffle.

Les troubles dyspnéiques surviennent à toutes les périodes du mal de Bright, mais ce qu’il faut savoir, et ne pas oublie)-, c’est qu’ils apparaissent parfois comme symptôme presque initial, avant les autres grandes manifestations brightiques: ils éclatent tantôt brusquement comme un accès d’asthme, tantôt ils s’installent progressivement comme une bronchite chronique. C’est par la connaissance de ces faits, qu’on ne s’e.vposera pas à envoyer aux eaux du Mont-Dore ou à Cauteitts, des gens qu’on regardait comme atteints de catarrhe des bronches et d’emphysème, et qui sont atteints en réalité de maladie de Bright.

Au nombre des troubles respiratoires rares, mais terribles, il faut encoi’e citer l’œdème suraigu du poumon avecexpecloration albumineuse, sanguinolente, et l’œdème de la glotte, qui survient dans le cours d’une ana-

1. Cullfcr. Th. do Paris, 1878. — Saloz. Phénomènes respù-aloires de

Cheyne-Stûkes. Genève, 1881. P^^aiotres ae

Page 1