Grasset, ilal. du syst. nerveux
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
neurasthénie, avec l’astasie-abasie, avec la chorée de Sydenham. Les faits de contagion nerveuse, qu’on retrouve du reste dans d’autres névroses, expliquent les épidémies célèbres des Ursulines de Loudun en 1634 et des convulsionnaires de Saint-Médard en 1727.
La grande cause prédisposante de l’hystérie c’est l’hérédité nerveuse, et les agents provocateurs sont nombreux *. Au nombre de ces agents provocateurs je citerai les maladies infectieuses (typhoïde, pneumonie, paludisme, syphilis, rhumatisme) , les intoxications chroniques (plomb, mercure, alcool), les maladies génitales, la grossesse, l’accouchement, les traumatismes.
Au sujet du traumatisme je dois faire quelques restrictions : le traumatisme est en effet la cause occasionnelle de bon nombre d’accidents hystériques, mais ces accidents ne sont-ils pas parfois hystériformes ? La preuve, c’est que l’autosuggestion, qui a une si heureuse influence sur certains accidents hystériques, sur la paralysie flasque, par exemple, n’en a pour ainsi dire pas sur les paralysies hystériformes d’origine traumatique^.
Bon nombre de ces hystéries pourraient être décrites comme hystéries secondaires ou symptomatiques; de même qu’à côté de la grande névrose, l’épilepsie, prennent place des épilepsies secondaires ou symptomatiques. Le syndrome de l’hystérie peut être réalisé avec quelques-uns de ses caractères les plus tranchés, dans l’intoxication saturnine, dans l’intoxication mercurielle^, dans l’intoxication par Valcool et par le sulfure de carbone*.
L’hystérie est loin d’avoir la gravité de l’épilepsie; il
1 . Guignon. Agents provocateurs de l'hystérie. Th. de Paris, 1889. — D’Aurelle de Paladines. Associations morbides depath. nerv. Th. de Paris, 1889.