‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 262 sur 295 · Clinique médicale, t. II, p · texte numérisé non relu

Clinique médicale, t. II, p

2. Lnndouzy. Gaz. méd.de Paris, 1839. — Stcphan. Rev.de méd., juillel 1888.

5. Dargaud. Hémipi. faciale dans la période second, de la syphilis. Th. de Paris, p. 58.

4. Thèse de Testaz. Paralysie douloureuse de la septième paire, p. 42.

PARALYSIES

quelle des douleurs très étendues ont précédé de plusieurs jours la paralysie; elles durent encore, mais amoindries, après six mois de maladie. Pour expliquer cette névralgie qui vient s’associer à la paralysie, il faut admettre un retentissement sur le rameau auriculaire du pneumogastrique, qui s’anastomose avec le nerf facial, et sur les branches du nerf trijumeau.

La paralysie se traduit par des signes qui sont beaucoup plus accusés si l’on fait rire ou causer le malade, parce qu’on provoque ainsi la contraction des muscles du côté sain. Le nerf facial étant le nerf qui préside à la mimique de la face, toute expression est abolie du côté paralysé. Les muscles du côté sain attirant à eux le côté paralysé, il en résulte une déviation des traits et une déformation du visage. Quand on regarde en face un individu atteint d’hémiplégie faciale, le côté paralysé a l’air de se présenter en avant, comme s’il était mis en saillie par le côté sain qui se cache derrière lui. Le côté paralysé est immobile et offre un étrange contraste avec l’animation de 1 autre côté du visage; les muscles ne se contractent plus, le muscle frontal n’exprime plus l’attention, le muscle pyramidal n annonce plus 1 agression, le muscle sourcilier n exprime plus la souffrance, le grand zygomatique ne donne plus signe de joie, les élévateurs de l’aile du nez, de la lèvre supérieure et le petit zygomatique ne peuvent plus peindre la tristesse et le pleurer; la peau du front est lisse et les rides s’effacent du côté paralysé. L’hémiplégie faciale est accompagnée de la paralysie des muscles qui concourent au fonctionnement des organes des sens.

A. Oigane de la vision. — L’œil, du côté paralysé paraît plus grand et plus largement ouvert, à cause dé la paralysie du muscle orbiculaire. Deux muscles président aux mouvements des paupières : l’un sert à les fermer c est 1 orbiculaire, animé par le facial ; l’autre sert à les ouvrir, c’est l’élévateur de la paupière supérieure, animé . par le moteur oculaire commun. Quand l’orbiculaire est

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MALADIES DU SYSTÈME ÎSERVEUX

paralysé, l’occlusion complète de l’œil est impossible; l’équilibre est rompu au profit de l’élévateur, qui lient la paupière supérieure toujours relevée ; le clignement est imparfait, et le globe de l’œil reste en parüe découvert, même pendant le sommeil. La paupière inferieure e'st légèrement renversée et subit un commencement d’ectropion; l’ouverture palpébrale est déformée, le grand angle de l’œil prend une forme plus aigue, les larmes ne sont plus étalées uniformément, la conjonctive s’injecte, se dessèche et peut s’enflammer

La paralysie du nerf facial donne lieu à un épiphora, l’écoulement des larmes sur la joue est dû à la paralysie du petit muscle de Horner, dont le rôle est de faire saillir les points lacrymaux en les portant en dedans vers le sac lacrymal, où ils vont, pour ainsi dire, puiser les larmes.

B. Organe de l'odorat. — Le nerf facial meut les narines : aussi, dans l’hémiplégie faciale, le bout du nez est légèrement dévié vers le côté sain, l’ouverture nasale est rétrécie, l’aile du nez n’est plus soulevée à chaque inspiration et l’olfaction est moins parfaite par suite du rétrécissement de l’orifice. Chez l’homme, dont les narines sont rigides, la paralysie faciale a peu d’inBuence sur la respiration, mais chez le cheval, dans le cas de para y le double du nerf facial, les naseaux s affaissent a chaque inspiration, et, comme le larynx remonte très ^aut jusqu’à l’ouverture postérieure des fosses nasales, il en rc suite de graves troubles respiratoires.

C Partie et maslicaiion. - Les mouvements des levres sont abolis du côté paralysé : le malade ne peut ni siffler ni souffler, et la prononciation des labiales est impossible. La bouche est de travers, la côté sain est déviée et attirée en haut, et 1» s’accroît quand le malade veut rire ou parler. L occlusion des lèvres étant incomplète, la salive s’écoule quelquefois hors de la bouche, la joue paralysée est «asque a cau^e de l’inertie du muscle buccinateur, les "

contenus par les lèvres, s’accumulent entre 1 an ade

PARALYSIES

dentaire et la joue paralysée; la mastication est gênée. La joue, devenue flasque, ne résiste plus à l’air expiré; elle est soulevée comme un voile à chaque expiration; on dit du malade qu’il fume la pipe.

D. Les troubles du goût et de l’ouïe seront étudiés à propos de la paralysie intra-temporale.

Dans la paralysie faciale a frigore, la contractilité électrique subit de notables modifications. Quand la paralysie est légère, la contractilité électro-musculaire persiste presque intacte (Erb) ; c’est là une forme bénigne qui guérit en deux ou trois semaines ; mais dans les formes graves l’excitabilité galvanique et faradique des nerfs est perdue, ainsi que l’excitabilité faradique des muscles, ce qui indique pour la paralysie une durée de plusieurs mois; il n’est même pas rare que les mouvements soient encore compromis après plusieurs années, et certains muscles sont parfois atteints de contracture, ainsi que nous allons le voir au sujet du pronostic.

Des injections de pilocarpine pratiquées du côté sain et du côté paralysé donnent un retard de une à trois minutes dans l’apparition de la sueur du côté paralysé. Ce phénomène est spécial aux paralysies faciales périphériques à forme grave; il n’existe pas dans la paralysie faciale d’origine cérébrale; dans ce dernier cas, « la réaction sudorale » au moyen de la pilocarpine est égale des deux côtés de la face (Straus)‘.

2“ Paralysie d’origine intra-temporale. — Le nerf facial ayant pénétré dans le conduit auditif interne, avec le nerf auditif et le nerf de Wrisberg, parcourt un long trajet dans l’os temporal ; il s’engage dans l’aqueduc de Fallope et présente le ganglion géniculé dans lequel se perd le nerf de Wrisberg. De ce ganglion naissent le grand nerf pétreux superficiel et le petit nerf pétreux superficiel. Le nerf facial continue son trajet, il fournit le nerf du muscle de l’étrier, la corde du tympan, et il sort de l’aqueduc par le trou stylo-mastoïdien.

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