Dégénérescence amyloïde du rein sans albuminum (Soc méd
des hôpit., 10 juin 1881). ' '
2. Cornil et Brault. Éludes sur la palhologie du rein, 1884, p. 259.
110 MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE
l’amyloïde de la rate, du foie, de la tunique musculaire de l’intestin.
Description. — Tantôt les symptômes du rein amyloïde rentrent dans la description du mal de Bright, tantôt ils l'ont presque défaut. Cette diversité dans l’apparition et dans la succession des symptômes tient aux différents états anatomiques du rein et varie suivant que la dégénérescence amyloïde est pure ou associée à des lésions parenchymateuses plus ou moins accusées. Quand elle est pure, les symptômes peuvent se borner à quelques troubles urinaires (polyurie, abaissement du chiffre de l’urée, de l’acide urique, de l’acide phosphorique et de la plupart des sels) (Lécorcbé *) ; quand elle est mixte, d’autres symptômes apparaissent.
La question de Y albuminurie dans la dégénérescence amyloïde du rein mérite une mention spéciale. Pour certains auteurs, il y a toujours albuminurie dans l’amyloïde du rein ; d’autres prétendent que l’albuminurie ne survient que dans le cas où des lésions inflammatoires s’ajoutent aux lésions amyloïdes. M. Straus, dans son intéressant mémoire, a' réuni des cas d’amyloïde pur avec albuminurie, et des cas d’amyloïde pur où l’albuminurie a manqué jusqu’à la mort. M. Straus explique cette contradiction apparente par la localisation prédominante de l’amyloïde sur les vaisseaux droits pour le premier cas et sur les glomérules pour le second cas.
Dans quelques observations on a constaté jusqu’à 10, 20 grammes d’albumine par litre. Les cylindres urinaires n’apparaissent qu’à une phase avancée de la maladie ; ils sont cireux, colloïdes, mais ils ne donnent jamais la vraie réaction amyloïde.
11 est rare que le rein amyloïde parcoure toutes ses phases et aboutisse aux accidents urémiques; le malade est enlevé par d’autres complications : diarrhée incoer-
1. Traité des mal. des reins, 1875. Letulle. Soc. méd. des hôpit., 10 juin 1887. — Lécorché el Talamon. Traité des mal. de Bright, 1888.
MALADIES DES REINS
cible, tuberculose pulmonaire, pneumonie, cachexie, coma. Le pronostic est fatal.
On arrive au diagnostic du rein amyloïde en remontant à ses origines : Tout individu atteint de cachexie tuberculeuse ou syphilitique, tout enfant atteint de carie et de suppurations osseuses, de scrofulo-tuberculose ganglionnaire, est exposé à l’amyloïde du rein; l’examen des autres organes met également sur la voie du diagnostic : gros foie amyloïde, grosse rate amyloïde, diarrhée due à l’intestin amyloïde.
La dégénérescence amyloïde des reins reconnaît surtout pour cause les caries osseuses, les suppurations prolongées, la tuberculose, la syphilis. On a également incriminé la goutte, le rhumatisme chronique, l’impaludisme, l’alcoolisme. M. Charrin, dans ses expériences sur le bacillus pyocyaneus, microbe du pus bleu, a vu que les lapins et les cobays auxquels il donne la maladie pyocyanique sont atteints de paralysies, de néphrite, et à la longue, de dégénérescence amyloïde, quoiqu’il n’y ait pas de suppurations.