TUBERCULOSE RÉNALE
Je me contente de signaler la tuberculose miliaire aiguë qui accompagne la granulie; en pareil cas, les lésions du rein ne sont qu’un épiphénomène. Dans le cas de granulie, surtout chez l’enfant, les deux reins sont souvent criblés de tubercules miliaires. On trouve des granulations tuberculeuses dans les substances corticale et médullaire; ces granulations sont petites, transparentes, blanches, grisâtres ; elles occupent indifféremment « le tissu conjonctif périvasculaire, le trajet d’un vaisseau, remplacement d’un, glomérule ou l’espace corres-
pondant à plusieurs tubes contigus » (Brault). Cette forme de tuberculose granulique épargne volontiers les uretères, la vessie, les organes génito-urinaires.
La granulie rénale, simple épisode d’une infection générale aiguë, ne doit pas nous arrêter plus longtemps, et je vais consacrer ce chapitre à. l’étude de la tuberculose chronique du rein. Que celte tuberculose aborde le rein par la voie sanguine (forme primitive); ou qu’elle débute parla vessie et par les organes génitaux, prostate, testicule, épididyme (forme ascendante ou secondaire ‘) ; qu’elle envahisse les deux reins, ou, ce qui est plus fréquent, qu’elle se cantonne à un seul rein, dans ces différents cas, les lésions aboutissent à la longue au rein tuberculo-caséeux qui va faire le sujet de cet article.
Anatomie pathologique. — Nous voici à l’autopsie; enlevons le rein tuberculeux, ce qui n’est pas toujours facile, car il faut le libérer d’adhérences nombreuses et solides, adhérences avec les ganglions lymphatiques du hile et de la chaîne lombaire, adhérences possibles avec la veine rénale, avec la veine cave et l’aorte pour le rein droit, adhérences avec l’intestin et le péritoine pour les deux reins. Une fois extirpée, la tumeur est d’autant plus volumineuse qu’elle comprend le rein et la couche scléro-adipeuse qui l’entoure. Le rein n’a pas l’aspect informe de certains cancers, sa surface est lisse, parfois bosselée par la saillie que font les cavernes et perforée par les orifices qui relient ces cavernes à l’atmosphère péri-rénale.
La capsule propre du rein est épaisse et scléreuse ; elle adhère à l’atmosphère cellulo-graisseuse périphérique, qui prend dans quelques maladies du rein une importance de premier ordre. Par son exubérance, par son développement excessif, dans lequel le processus scléreux (Albarran) et le processus adipomaleux (llallé et Hartmann) sont diversement combinés, ce tissu cellulo-adipeux périrénal acquiert une épaisseur de plusieurs centimètres.