Tapret. Archives de médecine, 18Ï
surtout au niveau du bassinet, où il constitue de véritables tumeurs liporaateuses. Cette périnéphrite, dite scléroadipeuse, ou scléro-adipoinateuse, oppose aux lésions tuberculeuses du rein une barrière qui protège l’organisme; mais cette barrière n’est pas infranchissable, et que ce soit par propagation directe ou par voie lymphatique, l’infection tuberculeuse rénale peut envahir le tissu scléro-adipeux périrénal; la périnéphrite n’est plus alors scléro-lipomateuse, elle est fongueuse, caséeuse (Tuffier), suppurée, phlegmoneuse. Ainsi se trouvent constitués les phlegmons périnéphrétiques tuberculeux.
Tantôt l’abcès périnéphrétique est limité et de petite dimension, tantôt c’est un phlegmon qui s’étend aux régions voisines, remonte jusqu’au diaphragme, se fait jour dans la cavité thoracique et provoque une vomique; ou bien la collection purulente descend vers la fosse iliaque, fait saillie à l’arcade crurale, au petit trochanter; ou bien encore elle se propage vers les organes abdominaux et s’ouvre dans l’intestin ou dans la vessie. Toutes ces modalités, avec observations nombreuses, sont rapportées dans la thèse très documentée de Vigneron*. Le liquide de ces collections purulentes est séro-purulent, sanguinolent, d’odeur infecte, mélangé de débris caséeux; l’inoculation de ce pus donne la tuberculose au cobaye.
A la coupe du rein, les lésions tuberculeuses revêtent des aspects différents dont voici l’énumération : granulations tuberculeuses ; foyer caséeux en voie de ramollissement; cavernes à contenu caséo-purulent ; cavités ayant l’apparence d’abcès; transformation du rein en une cavité plus ou moins cloisonnée; transformation du rem en un bloc ayant l’apparence de mastic, l’uretère étant oblitéré. Étudions en détail ces différentes lésions
ort bien décrites dans la thèse de mon interne Du Pasquier®.
\ chirurgicale dans les tuberculoses du
• 2. Du Dasquier. Tuberculose rénale. Th. de Paris, 1891.
DIEOLAFOï, PATHOL. T. 11. ç.
MALADIES DE L’APPAREIL URINAIR-E
Les lésions tuberculeuses du rein peuvent présenter quelque différence dans leur mode d’évolution, suivant que l’infection tuberculeuse du rein se lait par voie sanguine, le bacille abordant le rein par sa substance corticale, charrié par les artère’s rénales où capillaires, ou suivant que l’infection tuberculeuse se fait par voie ascendante, vessie, uretère, bassinet, calices, abordant ainsi le rein par sa substance médullaire*.
Les granulations tuberculeuses du rein, rares ou nombreuses, peuvent exister partout, à la surface de l’organe, sous la capsule, dans le parenchyme; elles envahissent de préférence la substance corticale au cas d’infection sanguine, tandis qu’elles se localisent d’abord à la substance médullaire, aux pyramides, au cas d’infection ascendante. Dans la tuberculose corticale, Durand-Fardel* a constaté la présence de bacilles tuberculeux dans la profondeur du parenchyme rénal antérieurement à la formation de toute granulation miliaire. Ces bacilles occupent d’ordinaire le glomérule de Malpighi, les dernières ramifications artérielles de la couche corticale, et peuvent de là se propager par effraction aux tubes uriniléres, qu’ils envahissent de dehors en dedans.
Les granulations tuberculeuses fusionnées, ou le tissu J tuberculeux infiltré, (infiltration tuberculeuse), forment des amas tuberculo-caséeux du volume d’une noisettel ou d’une noix. Ces amas se ramollissent et deviennentj l’origine des cavernes. Les cavernes tuberculeuses du! rein sont anfractueuses et assez nettement limitées; elles contiennent des débris tuberculeux, du liquidel purulent et parfois des concrétions calculeuses phospha-j tiques (calculs secondaires). La topographie des cavernes! présente quelque difl’érence suivant le processus qui lui! a donné naissance. Quand la tuberculose du rein est! d’origine sanguine, corticale, les cavernes se forment]
1. La tuberculose ascenaanle a été expérimentalement reproduite] par Albarran. Bnllclin médical, 1891, p. 518.