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MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE
qu’il en soit, l’hématurie, la pyurie, l’albuminurie, la douleur, la tumeur rénale, sont les symptômes les plus habituels. Nous allons les étudier en détail :
Hématurie. — L’hématurie est un symptôme fréquent.
Ici comme dans la tuberculose pulmonaire, l’hémorrhagie peut devancer tous les autres signes. Il y a des hématuries précoces qui précèdent de plusieurs mois et de plusieurs années l’apparition de la tuberculose rénale, comme il y a des hémopty.sies précoces, que j’ai nommées hémoptysies de défense, qui précèdent de plusieurs mois ou de plusieurs années l’apparition de la tuberculose pulmonaire. L’hématurie tuberculeuse est habituellement peu abondante et peu tenace, elle est rarement suivie, comme l’hématurie cancéreuse, de la formation de ces longs caillots fibrineux de l’uretère, qui peuvent occasionner des douleurs néphrétiques, ou qui obstruent le canal de l’urèthre et déterminent une rétention d’urine ; cela se voit cependant. L’hématurie tuberculeuse survient sans cause appréciable ; elle n’est pas rappelée comme l’hématurie calculeuse par les exercices violents, par des promenades à cheval ou en voiture. Une fois passée, elle peut ne plus se reproduire, ou bien elle ne reparaît qu’à intervalles de plusieurs semaines ou de plusieurs mois.
Habituellement c’est ainsi que les choses se passent, et l’hématurie tuberculeuse, il faut le dire, est bien loin i d’avoir la même importance que les hématuries cancé- j reuses. Cependant il ne faudrait pas trop compter sur le > peu d’importance de ce symptôme ; il est des cas où 5 l’hématurie est abondante et tenace, au point de durer | un mois et demi (Routier), trois mois (Czerny), quatre | mois (llabershon), sept mois et demi (Pousson), qualra | ans et demi (Tufüer). Citons des observations. {
L’observation de Routier* concerne une jeune femme | qui fut prise sans cause, sans douleur, d’une hématurie
1. Uoulier. Bulletin de la Société de chirurgie, mars 1895. |
MALADIES DES REINS
qui se reproduisait à chaque miction. Les urines étaient très sanguinolentes, noirâtres, la quantité de sang perdu était considérable; aussi la malade, après cinq semaines de ces hématuries, était-elle pâle, exsangue, exténuée, cachectique et ne pouvant même plus se tenir debout. Plusieurs fois cette femme fut prise de douleurs néphrétiques, suivies, non pas de l’expulsion de calculs, mais de l’expulsion de caillots, cause des douleurs simulant la colique néphrétique. Le rein droit est douloureux et augmenté de volume. L’examen cystoscopique permet de constater que le sang s’écoule dans la vessie par l’uretère droit. Cette femme étant menacée de mourir d’hématurie, l’opération est pratiquée six semaines après le début des hématuries, et Routier enlève le rein. Dès l’opération, les hématuries cessent immédiatement, complètement, et la malade recouvre la santé. Quelques mois plus tard, son mari écrivait « que les urines étaient toujours claires, que la malade avait une mine superbe et avait engraissé. » Le rein examiné par Pilliet ne présentait qu’un foyer tuberculeux, limité à un calice, au niveau de la voûte artérielle du rein, mais ce foyer tuberculeux avait suffi pour provoquer de terribles hématuries qui étaient dues à l’erosion des vaisseaux et à la tension artérielle. Il s’agissait en résumé d’une tuberculose rénale primitive, très circonscrite et très favorable à l’opération.
L observation de Pousson* concerne un jeune homme qui fut pris sans phénomène prémonitoire, d’une hématurie qui s’est continuée pendant sept mois et demi sans interruption, avec des redoublements d’intensité, endantces redoublements, le malade éprouve de grandes lematnries avec urines noirâtres, des coliques néphrétiques provenant de l’expulsion de caillots et rétention ( urine due à l’oblitération du canal de l’urèthre par ces caillots. Le repos ou l’exercice, la marche ou la voiture,