‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 50 sur 295 · Rayer. Maladie du rein, p · texte numérisé non relu

Rayer. Maladie du rein, p

MALADIES DES REINS

et pas toujours, quelques traces d’albumine. La faiblesse devient extrême, le patient ne peut plus se lever, il perd complètement l’appétit; alors apparaît en un point variable de l’économie, les plèvres ou le poumon, le médiastin par exemple, des signes de compression et le malade succombe. L’autopsie démontre un cancer primitif du rein, ayant envahi et dissocié tout le rein et ayant provoqué la formation de noyaux cancéreux secondaires dans d’autres organes'.

Les cancers secondaires du rein peuvent être, mieux encore que le cancer primitif, absolument silencieux. En voici un exemple rapporté par Tuffier : Un homme de 26 ans, journalier, entre à l’hôpital pour se faire soigner d’une tumeur de la fosse iliaque droite. Depuis trois mois le malade s affaiblissait et c’est par hasard, en palpant son flanc droit, qu’il y a constaté une tumeur absolument indolente. 11 continuait à travailler, quand il a été pris des douleurs et des symptômes d’une phlébite de la jambe droite. A l’examen du malade, on constate une tumeur, emplissant l’hypochondre droit, remontant jusqu’à l’ombilic et descendant dans la fosse iliaque jusqu’à 1 arcade crurale. Cette tumeur, dure, bosselée, adhérente aux parties profondes, mate à la percussion, est absolument indolente. Le malade n’a jamais présenté aucun autre symptôme ; il s’atTaiblit de plus en plus, il se cachectise et succombe, sans avoir présenté aucun accideiit rénal, aucune manifestation dans l’appareil urinaire. A l’autopsie on trouve un cancer primitif de la capsule surrénale droite, et dans le rein droit, très volumineux, sept à huit tumeurs cancéreuses dures ou ramollies, ayant envahi et détruit presque toute la substance glandulaire de ce rein. Voilà certes une évolution latente sans douleur, sans hématurie.

Cancer rénal à forme douloureuse. — Le cancer du rein a bien des raisons pour provoquer des douleurs, qu’il

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MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE

s’agisse de tiraillements d’adhérences, de déplacement de l’organe dont le volume est devenu considérable, ou de compression des nerfs du voisinage. Ces douleurs plus ou moins vives, rarement continues, généralement paroxystiques, occupent la région lombaire, l’hypochondre, irradient vers le tubercule, vers les espaces intercostaux, comme la névralgie intercostale. Parfois même les douleurs précèdent ou accompagnent les hématuries et il n’est pas rare, ici comme dans toute hématurie, d’origine tuberculeuse, polykystique, calculeuse, il n’est pas rare que l,es caillots cruoriques, dans leur migi’ation à travers l’uretère, provoquent des coliques néphrétiques. Toutes ces modalités de la douleur au cours du cancer rénal sont connues et classiques; mais il est des cas, où la douleur devient le symptôme dominant du cancer rénal, les autres symptômes étant relégués au second plan. En voici un exemple* :

Un homme de 40 ans, entre à l’hôpital dans le service de Brault, pour des douleurs d’une extrême intensité qui siègent à l'hypochondre, au flanc et à la région lombaire du côté droit. Ces douleurs sont continues, avec paroxysmes et irradiations à l’épigastre, à la cuisse et au testicule, sous forme de décharges électriques rappelant les douleurs fulgurantes du tabes. La marche, la palpation, la pression, ravivent les douleurs, qui sont parfois si terribles, que le malade, en proie à d’épouvantables angoisses, se courbe en deux, s’immobilise et n’ose marcher; la nuit ne met même pas un terme à ces souffrances. L’examen attentif des organes ne. permet de rien découvrir, pas d’albumine, pas de tumeur abdominale. Cependant la fièvre apparaît, la situation s’aggrave, le malade maigrit, les douleurs persistent avec une violence inouïe, douleurs qui dominent toujours la situation, et le malade finit par succomber. A l’autopsie on trouve un cancer du rein droit; le rein a presque conservé son volume nor-

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