Raynaud. Arch. de méd., 1877, p, 38o
*■ Charcot. Des anomalies de Vatax. locom.
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croise une jambe sur l’autre, la jambe de dessus étant abandonnée à elle-même, et les muscles étant en relàehement, il suffit de frapper un coup sec avec le bord cubital de la main, sur le tendon rotulien, pour qu’aussitôt, sous l’influence de la contraction du triceps surral, la jambe s'élève et s’abaisse sous forme d’oscillations. C’est là un type de réflexe tendineux-, l'absence de ce réflexe tendineux rotulien est un des signes les plus précoces du tabes dorsalis ; c’est la conséquence de la dégénérescence des cordons postérieurs de la moelle, l’extension tendineuse périphérique, partie des terminaisons nerveuses tendineuses de Golgi, ne se transmettant plus aux cellules des cornes antérieures de la moelle.
A cette première période de la maladie, appartiennent aussi les symptômes céphaliques et les symptômes oculaires qui constituent 1 œil tabetique.
L’œil tabétique, peut se présenter sous plusieurs aspects, qu’il s’agisse de troubles paralytiques, de troubles d’accommodation, ou de troubles visuels. Nous allons les passer en revue : Les paralysies oculaires tabétiques sont précoces ou tardives, elles occupent les muscles moteurs du globe oculaire et le releveur de la paupière supérieure (5% 4% 6' paires des nerfs crâniens). Les paralysies précoces (période préataxique) sont généralement plus légères, plus fugaces que les paralysies tardives ; ce sont plutôt des parésies; elles ne durent que quelques semaines, à peine quelques mois; elles peuvent ne durer que quelques heures. Elles apparaissent et disparaissent rapidement; elles ont pour caractère d’être monoculaires, partielles, parcellaires, n’occupant qu une seule branche terminale ou quelques branches terminales des nerfs moteurs de l’œil. Suivant la branche nerveuse atteinte, le malade est pris de diplopie fort genante pour le malade, ou de ptosis. Ces troubles passagers sont sujets à récidives. Les paralysies oculaires tabeliques tardives, celles qui surviennent au cours du tabes confirmé, évoluent tout autrement r^ue les paralysies pre-
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coces; elles sont plus lentes dans leur évolution et elles n’ont pas pour habitude de rétrocéder; elles occupent souvent les deux yeux; elles atteignent surtout les muscles qui sont innervés par le nerf moteur oculaire commun, le releveur palpébral (ptosis), les muscles droit et petit oblique. Les muscles innervés par la 4" et par la G' paire sont moins souvent intéressés. Les paralysies tardives musculaires des quatre muscles droits et des deux muscles obliques donnent lieu à une diplopie et à un strabisme permanents, dont les caractères sont variables suivant les muscles intéressés. Parfois tous les muscles étant envahis, les globes oculaires sont absolument immobilisés, c’est l’ophthalmoplégie e.xterne*.
Les paralysies oculaires tardives dilfèrent donc, par leur évolution, des paralysies précoces; elles en diffèrent également par la lésion qui les engendre, car les paralysies précoces et transitoires ne seraient dues qu’à des névrites périphériques® (Kahler, Déjerine) tandis que les
1. Voyez le cliapitre consacré aux paralysies des muscles de l’œil.
2. Les troubles oculo-moteurs passagers ont été considérés par P. Bonnier comme des phénomènes réflexes dépendant le plus généralement de lésions systématiques du nerf labyrinthique, de ses noyaux bulbo-protubérantiels et des fibres qui en sortent pour former un système homologue du système des cordons postérieurs de la moelle. L’appareil labyrinthique en effet, tant périphérique que central, est très fréquemment lésé dans le tabes ; et l’on se demande si certains symptômes de cette maladie ne peuvent pas relever de la lésion tabétique de cet appareil, quand on se rappelle avec quelle fréquence ces mêmes symptômes apparaissent au cours d’affections auriculaires absolument indépendantes du tabes. A la surdité, au bourdonnement, au vertige, ù l’agoraphobie, au nystagmus, au ptosis, à la diplopie, au myosis, à l'amblyopie, signalés au cours de maladies non tabétiques do l’oreille, Bonnier a ajouté le signe de Uomberg, l’incertitude de la marche dans l'obscurité, les mouvements incohérents des globes sous les paupières closes, le retard de l’accommodation à la lumière, les paralysies de l’accommodation à distance, enfin la mydriase, observée pour la première fois au cours d’une otite chez une surveillante de mon service. Or tous ces troubles existent dans le tabes ; et c'est en s’appuyant sur les rapports anatomiques bien établis, entre les noyaux labyrinthiques et les centres de l’oculomotricité, c'est en s’appuyant également sur les nécessités phjsiolo-
MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
paralysies tardives et permanentes sont dues à des lésions des noyaux bulbo-protubérantiels. Certains tabétiques sont atteints d’hypersécrétion de la conjonctive (Trousseau), crises de larmoiement qui coïncident d’habitude avec les douleurs fulgurantes (Féré, Berger).
Les troubles pupillaires et accommodatifs sont également fort importants : les pupilles sont fréquemment contractées, souvent inégales, et un fait curieux, c’est que dans les cas de myosis consécutif au tabes dorsalis, les pupilles contractées peuvent encore se mouvoir sous l’inlluence de l’accommodation, elles se dilatent si le malade regarde un objet rapproché, tandis qu’elles restent i7isensibles à l'action de la lumière (Argyl-Robertson). Le mode accommodateur proprement, dit peut être aussi paralysé, ce qui met les sujets, dont les yeux étaient normaux ou hypermétropes, dans l’impossibilité de voir nettement de près; la vision pour les objets éloignés est seule intacte. La paralysie de l’accommodation accompagne ordinairement la paralysie des deux réflexes de l’iris (lumineux et accommodateur), et la réunion de ces symptômes sur un même œil constitue l'ophlhalmoplégie interne.
L'atrophie des nerfs optiques doit maintenant nous occuper : les troubles visuels, dus à l’atrophie de ces nerfs, e.xistent dans la proportion de 15 à 20 pour 100. Tantôt l’atrophie se développe rapidement et la cécité peut survenir en moins d’une année, tantôt la lésion marche lentement, mais elle est fatalement progressive. La lésion n’est pas d’emblée bilaténüe; elle envahit un œil après l’autre. L’acuité visuelle faiblit (amblyopie), le champ visuel se rétrécit phériphériquement sous forme d'encoches; le sens des couleurs est altéré dans l’ordre
giques de celle associalion el sur le caractère sj'slèmatique de l'alTeclion labéliiiue, qu’il a pu, A côté du tabes doi-sal, du tabes cérébral, el dans le tabes bulbaire lui-même, proposer une forme, ou une phase labyi'inlbique du tabes (Pierre Bonnier. Le tabes labi/rinthigue Presse incdicale, lü juin 1890).
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suivant : disparition du vert, du rouge, du jaune, du bleu, du blanc; alors la cécité est complète. Si l’on examine le fond de l’œil à l’ophthalmoscope, on constate, au début, une décoloration de la papille du nerf optique dont la teinte rosée normale tend à passer au blanc bleuâtre. Cette transformation est surtout manifeste dans la moitié externe (temporale) du disque papillaire. La papille n’a éprouvé, d’ailleurs, aucun changement ni dans sa forme, ni dans ses dimensions. Les contours sont toujours très nets. A une période plus avancée, « par suite du changement de texture qu’a subi le nerf optique, et en conséquence surtout de la disparition du cylindre de myéline, la papille a cessé d’être transparente; elle réfléchit au contraire fortement la lumière et ne laisse plus voir dans sa profondeur les vaisseaux propres. Il s’ensuit C|u elle ne présente plus la teinte rosée normale et qu’elle offre, au contraire, une coloration blanche crayeuse comme nacrée. » (Charcot.) .^joutons que les vaisseaux centraux deviennent plus grêles; les artères sont atteintes avant les veines.
L atrophie optique est souvent un symptôme précoce du tahes; il y a même une forme du tahes, tabes supérieur, dont les symptômes se bornent à une atrophie des nerls optiques avec quelques autres symptômes céphaliques (signes pupillaires, parésies oculaires, etc.). L’apparition tardive de 1 atrophie optique est beaucoup plus rare. On a dit que l’alropliie papillaire est capable d’arrêter l’atTection tabétique spinale.
Les troubles auriculaires sont parfois caractérisés par un aflaiblisscment du sens de l’ouïe avec ou sans bour- ( onnements d’oreilles, et il y a en pareil cas une lésion un nerf auditif; mais, dans d’autres cas, les bourdonneincnts et silflements d’oreilles sont accompagnés de verige, a impulsion et môme de chute, d’agoraphobie, sans lue le sens de l’ouïe soit altéré : il est probable alors que ‘a lésion intéressé non pas les fibres du nerf auditif qui P esident a \'audilion des sons, mais les fibres qui p
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MALADIES DU SYSTÈME NEIlVEUX.
viennent des canaux semi-circulaires et qui président au sens de Vespace (de Cyon) *, ou plus exactement au sens des altitudes de la télé et de la totalité du corps (P. lloiinier).
Les troubles laryngo-bronchiques peuvent survenir dès . la première période du tabes. Us sont caractérisés par des accès de toux quinteuse, coqueluchoïde, avec spasmes de la glotte et sensation d’étoufl'ement. Parfois ces accès sont violents, accompagnés de vertige, de vomissements, et même, dans quelques cas, de convulsions épileptiformes® et de perle de connaissance avec chute du malade; c’est V ictus laryiigé. L’attaque est brusque ou précédée de quelques prodromes; elle dure quelques ■ secondes, quelques minutes, un quart d'heure et plus ; encore, et elle peut se reproduire un grand nombre de , fois dans les vingt-quatre heures. Ces crises laryngées sont dues à l’hyperesthésie laryngée et à des spasmes glottiques. Dans un cas, elles ont disparu après l’opération de la trachéotomie®. Chez quelques malades, le laryngisme tabétique se traduit par des paralysies des j muscles du larynx, surtout des crico-aryténoïdiens posté- { rieurs, muscles respirateurs. ^ |
Les troubles géjiitaux, spermatorrhée, impuissance, ^ excitation vénérienne, etc., existent à toutes les phases^ de la maladie, ils peuvent même devancer les autres symptômes* (Fournier). { j
On a signalé également des crises clitoridiennes, les» malades étant prises, sans cause, de violentes sensations^» voluptueuses pouvant se répéter fréquemment, et de-^vançant de plusieurs mois ou plusieurs années les aulr^'i symptômes de la maladie®. Nous verrons plus loin, enl