‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 77 sur 295 · Krisliahor. 6’as. hebdomad., 1888, n* il · texte numérisé non relu

Krisliahor. 6’as. hebdomad., 1888, n* il

i. Fournier. Leçons sur la période prieataxique du labcs dorigum

syphililique. Taris, 1881.

5». Titres. Journal de médecine de Bordeaux., 1881.

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

décrivant les formes frustes de l’ataxie locomotrice, que beaucoup d’autres symptômes peuvent devancer la phase aouloureuse de la première période; il serait même plus vrai de dire qu’il n’y a pas un seul symptôme, rare ou habituel, qui ne puisse apparaître avant la phase d’ataxie.

Deuxième période. — Les troubles de la synergie musculaire (Trousseau), l’incoordination, peuvent exister dès le début de la maladie, néanmoins il est d’usage que Vataxie marque la seconde phase de la maladie; elle en est le symptôme dominant, mais non exclusif, car les douleurs et les autres symptômes précédemment décrits appartiennent également à cette période. L’ataxie est caractérisée par l'abolition progressive de la coordination des moiivernents ; elle se montre <à des époques indéterminées, quelquefois bien des années après l’apparition des douleurs fulgurantes et des troubles céphaliques.

L’ataxie débute par les membres inférieurs; le malade est moins maître de ses mouvements, on constate chez lui des troubles de la station : si on lui demande de se tenir immobile, debout, les pieds rapprochés, les yeux fermés, il est pris d’oscillations et une chute pourrait en être la conséquence (signe de Romberg). Le tabétique se lient difficilement sur un pied, il tourne avec difliculté sur lui-même et il perd facilement l’équilibre. S’il est couché dans son lit et si on le prie de croiser une jambe sur l’autre, il lance sa jambe brusquement et sans mesure, car il ne peut plus diriger la force, la direction et \ étendue du mouvement. Chez l’axatique, le mouvement dépasse le but ou ne l’atteint pas : aussi, quand il marche, le malade a-t-il continuellement les yeux fixés sur ses pieds, dont il règle la direction, ce qui explique pourquoi l’incoordination est plus accusée dans l’obscu rité, ou lorsqu’on fait marcher le malade les yeux fermés, i’ius tard, la marche, devient difficile et désordonnée, le sujet ne peut plus faire un pas sans le secours d’une canne ou d’un appui, il lance follement ses jambes en avant et en dehors et frappe le sol avec le talon, jusqu’au

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

jour où le mal fait de tels progrès que la marche et la station debout deviennent impossibles. Brissaud a attiré l’attention sur l’impossibilité où se trouvent ces malades de se tenir dans l’altitude de la demi-génuflexion. Le dérobement subit des jambes, que redoutent les tabétiques, et qui les surprend inopinément, les contraint à raidir les jambes dans la station et dans la marche. Avant les travaux de Duchenne, on prenait ces malades-là pour des paraplégiques, mais il n’est pas question ici de paralysie, ou du moins les symptômes paralytiques sont secondaires et tardifs; qu’on essaye de plier ou d’étendre la jambe d’un axatique, et l’on verra quelle force de résistance il est capable d’opposer; l’intégrité de la force musculaire est à peu près et longtemps conservée chez lui ; ce qui fait défaut, c’est la coordination de cette force musculaire.

Quand l’ataxie atteint les membres supérieurs, ce qui est habituellement rare et tardif, elle y produit des désordres qui sont en rapport avec les usages de la main; s’agit-il de se raser, de l'aire un nœud, de prendre entre les doigts un objet un peu fin, le tabétique est maladroit et son mode de préhension est assez caractéristique.

A cette période, et même plus tôt, les sensihililés sont altérées; les sensations de loucher, de douleur, de chatouillement, sont diminuées, abolies ou perverties, la sensibilité au froid est seule exagérée. De plus, on observe un retard dans la perception de la sensibilité : ainsi, tel malade à qui l’on pique le pied ou la jambe ne perçoit la piqûre que trois, quatre, cinq secondes plus tard. L’anesthésie n’est pas limitée à la peau, elle atteint aussi les muqueuses, notamment celle du larynx et tout l’appareil locomoteur, muscles, tendons, articulations*. A

1. Ces appréciations de la force musculaire sont faciles à constater au dynamomètre. M. Jaccoud emploie un autre système : il suspend aux pieds d’un malade couché dans son lit des sacs dont le poids est connu, et tandis qu’un homme sain, en soulevant ces poids avec le pied, dilîérencie parfaitement un écart do lüO à ISO grammes, l’ataxique, au contraire, méconnaît dcsdiffcrenccs de 1 000 à 3 000 grammes.

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

Page 1