De Massary. Le tabes dorsalis. Th. Paris
MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
donner des ordres mal appropriés, lesquels seront néanmoins parlaitement exécutés par ses soldats. L’ataxique exécute des mouvements qui prouvent la coordination des elTorts musculaires, mais ses mouvements sont mal appropriés au but, parce que l’ataxique ne connaît pas l’altitude de départ, il ignore quand il atteint l’attitude d’arrivée et il n’est pas renseigné sur la série des attitudes de passage. Ce n’est pas le sens musculaire, c’est le sens des attitudes qui se trouve atteinte
La diversité de ces théories prouve que la pathogénie de l’ataxie est encore livrée à des hypothèses. En reprenant la question non plus au point de vue pathologique, mais au point de vue physiologique, on voit que l’explication donnée par Duchenne sur la coordination des mouvements est vraie. Un mouvement, quel qu’il soit, même le plus simple, ne peut s’exécuter que par la coopération de plusieurs muscles; il e.xige la contraction des muscles qui doivent produire ce mouvement, et la contraction des muscles antagonistes qui sont destinés à limiter ce mouvement. Les muscles fléchisseurs ont les extenseurs pour antagonistes, de même que les muscles adducteurs ont les abducteurs, et ainsi de suite. La régularité d’un mouvement suppose donc l’harmonie de contraction des muscles qui produisent le mouvement, et l’harmonie de contraction des muscles antagonistes destinés à limiter ce mouvement. Que l’un de ces facteurs vienne à manquer, et le mouvement n’est plus coordonné, c’est V ataxie.
Pourquoi ces deux facteurs ou l’un d’eux sont-ils compromis dans la sclérose spinale postérieure? C’est le problème qu’ont essayé de résoudre les précédentes théories.
Paralysie et atrophie. — .l’ai dit qu’aux diverses périodes de l’ataxie musculaire on voit parfois survenir des paralysies, tantôt fugaces, tantôt persistantes. Sui-