‹ Manuel de pathologie interne (volume 3)Chapitre 92 sur 295 · Démangé. Chute des dents {Rev. de méd · texte numérisé non relu

Démangé. Chute des dents {Rev. de méd

4. Fournier. Ataxie locomotrice d'origine syphilitique. Paris, 18S4.

MALADIES DE LA MOELLE ÉDINIÈRE

pian, Erb, Marie), la syphilis doit être très souvent incriminée; on sait avec quel talent Fournier soutient celle opinion; mais il s’agit de savoir si la syphilis peut, de toutes pièces, produire l’ataxie locomotrice ou si elle n’agit qu’à titre d’agent provocateur. L’hérédité est le facteur le plus considérable*. Que de tabétiques, en effet, dans la famille desquels on retrouve l’aliénation, la paralysie générale, l’épilepsie, le diabète, associes aux causes précédentes ! Le rhumatisme et le surmenage ont été également incriminés. Le traumatisme joue un rôle important dans le développement du tabes, et les premiers symptômes ont plusieurs fois apparu après une chute ou une violente contusion-.

Traitement. — Raymond, dans une série de remarquables leçons, a exposé avec détails et précision le traitement du tabes. Ce travail va me servir de guide®. Pour Raymond le tabes dorsal vrai est une maladie dont la curabilité est des plus problématiques; par ce mot, tabes vrai, nous éloignons les cas de pseudo-tabes périphériques et les cas de syphilis cérébro-spinale avec prédominance des phénomènes tabétiques. 11 n’y a pas une médication du tabes, il n’y a que des médications symptomatiques qu’on peut classer de la façon suivante :

Douleur. — C’est contre les douleurs fulgurantes que la médication est le plus dirigée : injections de morphine, antipyrine, acétaniline, phénacéline, chloral, salicylate de soude, sont autant de médicaments dont l’efficacité est incontestable, mais dont l’administration réitérée peut avoir de mauvais résultats: il suffit de se rappeler à ce propos, que les tabétiques fournissent un contingent important de morphinomanes. Aussi faut-il adjoindre à

1. D(5jerine. L’hérédité dans les maladies du syst. ncrv. Paris, Ihèso d’agr., 1886.

2. Slraus Arch. de physiol., novembrè 1886. — Spillmann. Rev. de méd., mars 1888.

3. F. Raymond. Maladies du système nerveux. Scléroses syslématiyues de la moelle. Paris, 189i.

MALADIES DU SYSTEME NERVEUX

ce médicament d’autres médications telles que : faradisation énergique, franklinisation, courants continus, réfrigération, massage et surtout la suspension, la pendaison. Toutefois ces moyens sont presque sans effet sur les crises viscéralgiques.

Les moyens à employer contre l’ancslhésie et les sensations de paresthésie, se réduisent à la faradisation, au.x bains d’eau chargée d’acide carbonique.

Les médications concernant les troubles oculaires sont multiples : Pour essayer d’enrayer l’atrophie papillaire et l'amblyopie, on fera usage d’injections sous-cutanées de cyanure d’or, d’argent, de platine (Galezowski). Les paralysies sont justitiables de la faradisation et surtout du traitement spécifique, mercur: et iodure de potassium, quand le malade a eu récemment la syphilis.

A l’ataxie tabétique, on oppose d’une part la suspension, d’autre part la méthode dite de Frenkel, basée sur la rééducation des muscles. Raymond ‘ a fait connaître tout récemment son opinion sur la valeur de cette méthode. Elle consiste essentiellement dans l’exécution systématique de mouvements simples d’abord, de plus en plus compliqués dans la suite, et qui mettent en jeu l’adresse et non la force musculaire des malades. Son emploi est indiqué surtout dans les tabes avec ataxie précoce, lorsque d’emblée, les membres inférieurs sont atteints avec une intensité qui rend impossible la station debout et la marche sans appui. Elle est conlre-indiquée dans les cas où le début du tabes, au lieu d’être insidieux comme c’est la règle, se fait avec fracas, les douleurs fulgurantes étant violentes et tenaces. Elle est également contreindiquée chez les malades atteints de fracture spontanée, de rupture tendineuse, d’arthropathie, de cardiopathie, chez les malades obèses, intoxiqués par la morphine ou

1. F. Raymond. Le traitement de l’incoordination motrice du tabes par la rééducation des muscles. Revue internationale de Ihérapcutique et de phannncoUnjie, IS'JG, n" b, G el 7.

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

par l’alcool. La médication échoue toujours chez les tabétiques atteints d’amaurose, de parésie motrice, d’atrophie musculaire.

La suspension a sur le traitement de Frenkel une grande supériorité, c’est de s’adresser à la fois à l’ataxie, aux douleurs fulgurantes, aux troubles génitourinaires. Par contre, c’est une méthode plus brutale; elle exige de la part du médecin une éducation spéciale ; elle expose les malades à des dangers qui peuvent être mortels. Son emploi est formellement contre-indiqué chez les tabétiques cardio-vasculaires (lésions valvulaires et surtout insuffisance aortique), chez les tabétiques tuberculeux, emphysémateux, ou très anémiés, ou obèses, chez ceux enfin qui ont eu des attaques apoplectiformes ou épileptiformes, ou qui ont une tendance au vertige, aux syncopes.

Existe-t-il une médication curative du tabes? Raymond ne le pense pas et je partage son opinion ; j’ai vu le tabes persister indéfiniment sans entraîner la mort, j’ai vu des tabes légers s’immobiliser sans aggravation, j’ai vu des tabes améliorés au point de donner des améliorations comparables à des guérisons apparentes, mais je doute que le tabes vrai puisse guérir. Le nitrate d’argent, le bromure de potassium, les préparations phosphorées,

1 hydrothérapie, les injections de sérum artificiel et de i liquide testiculaire, tous ces moyens ont joui d’une faveur : bien rnéritée, ce sont d’excellents adjuvants de traitement,

' mais ils n’aboutissent pas à la guérison.

Une place à part revient au traitement antisyphilitique en tant que médication curative du tabes. La plupart des tabétiques sont syphilitiques, ce n’est pas contestable (lournier). Est-ce à dire que le traitement antisyphilitique ■ ait des chances de guérir le tabes ou d’améliorer notajiblementle tabétique syphilitique? S’il s’agit de syphilis I ancienne et de tabes ancien, la médication n’aura aucune ’ je ne parle pas, bien entendu, du pseudo-tabes

5 syphilitique, qui lui, est justiciable jusqu’aux accidents

i DIEDLAFOY, PATHOL. T II.

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

tertiaires les plus reculés, de la médication antisyphilitique; mais si le tabes qu’on va traiter chez un syphilitique est de date récente, le traitement antisyphilitique bien manié et longtemps continué peut avoir une réelle elticacité ; c’est l’opinion générale.

§2. MALADIE DE FRIEDREtCH ET HÉRÉDO-ATAXIE CÉRÉBELLEUSE.

Le tabes, que nous avons étudié dans le chapitre précédent, est une affection à localisation médullo-cérébralc, tandis que les maladies que nous allons étudier dans ce chapitre sont à localisation médullo-céréhellciise.

La maladie qui a été décrite pour la première fois par Friedreich fut considérée d’abord par son auteur comme une variété de l’ataxie locomotrice; d’autres la regardèrent comme une variété de la sclérose en plaques, et c’est Brousse ‘ qui, sous l’inspiration de Grasset, affirma son autonomie et lui donna le nom de (( maladie de Friedreich ». Plus tard paraissait sur cette maladie la remarquable thèse de Soca®.

Description. — La Maladie de Friedreich débute dans le jeune âge. Les troubles de la marche ouvrent la scène; l’enfant marche à pas lourds, irréguliers, les jambes écartées, avec une sorte de titubation qui rappelle l’ébriété ou la démarche due aux lésions cérébelleuses. A cette démarche se joint un certain degré d'incoordination, aussi cette démarche est-elle désignée par Charcot sous le non de tabélo-cérébelleuse.

Outre les troubles de la démarche, il y a les troubles

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