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Lévi et Sauvineau. Gazette des hôpitaux, ol mai ISUa

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

breuses années la mort arrive par épuisement, par syncope, ou du fait de quelque maladie intercurrente. La syringomyélie n’est pas héréditaire, elle est regardée par ceux qui n’admettent que l’existence du gliome central, comme une maladie d’évolution.

Diagnostic. — La constatation des troubles spéciaux de sensibilité permet de ne pas confondre la syringomyélie avec l’atrophie musculaire progressive, la sclérose latérale amyotrophique et les diverses formes de myopathie progressive. Dans l’hystérie la dissociation des troubles de sensibilité peut exister ainsi que la limitation de l’anesthésie au poignet, à l’épaule, etc.; le rétrécissement du champ visuel, l’atrophie même sont également communs aux deux maladies. On conçoit de quelle obscurité peut être le diagnostic en l’absence de toute attaque convulsive ou de toute zone hystérogène. Leur constatation même ne tranche pas définitivement la question, car syringomyélie et hystérie peuvent coexister sur le même sujet.

La maladie de Morvan ou panaris analgésique est considérée par certains auteurs, et par Charcot entre autres, comme une variété de syringomyélie. Dans cette maladie, les panaris à répétition avec perte de phalange amenant à la longue une véritable mutilation et évoluant sans douleur constituent le syndrome capital. S’il est vrai que l’anesthésie est presque toujours totale, il peut se faire que chez certains malades atteints de panaris analgésique, la dissociation des troubles de la sensibilité soit constatée. Quanta l’unilatéralité des lésions, elle ne peut être donnée comme un élément de diagnostic, car dans certains cas de syringomyélie elle peut exister. Jolfroy et Achard ont en outre constaté deux fois, à l’autopsie de malades atteints de panaris analgésique, des altérations gliomateuses de la moelle. Dans les deux cas également, les nerfs périphériques étaient enflammés.

Se basant sur l’existence de névrites périphériques, caractérisées par des nodules situés sur le trajet des

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

nerfs et en particulier sur le nerf cubital au coude, se basant ainsi sur les troubles de la sensibilité et sur les mutilations qui les accompagnent, M. Zambaco confond dans une même description, syringomyélie et maladie de Morvan et les rattache toutes deux à la lèpre, dont elles constitueraient une forme atténuée. Dans un cas où l’examen microscopique d’une nodosité située sur le trajel du nerf cubital a pu être pratiqué, Pitres a trouvé dans son épaisseur le bacille de la lèpre; mais cette constatation ne permet pas de conclure, ainsi qu’on l’a fait prématurément, que toutes les névrites noueuses étaient d’origine lépreuse.

Minor a observé, chez cinq malades atteints d'hématomyélie, d’origine traumatique, la plupart des symptômes de la syringomyélie : la marche seule de la maladie permettait de faire le diagnostic.

La compression de la moelle elle-même (Charcot*) pourrait prêter à confusion dans quelques cas exceptionnels. Le malade de Charcot présentait comme signe distinctif une thermo-anesthésie localisée au territoire du brachial cutané interne, mais non terminée en manchette.

La thermo-anesthésie a encore été signalée au cours de l’alcoolisme et du diabète (Vergely-). Dans ces deux maladies les névrites sont fréquentes, et sont sans doute la cause des troubles de sensibilité variés présentés par les malades. Dans les deux cas le diagnostic sera en général facile à l’aide des symptômes propres à ces deux maladies.

Enfin la coexistence chez le même sujet du goitre exophthalmique et delà syringomyélie a été observée par Jofi'roy et Achard. La coexistence de la syringomyélie et de l’hémijdégie spasmodique a été constatée par Cliarcol et Drissaud.

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