Blocq. Gaz. luibd., 23 jauvier 1S
MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
On croyait primitivement que la lésion des muscles constitue à elle seule toute la maladie, mais Cruveilhier ne tarda pas à découvrir que les lésions du système nerveux réclament une part prépondérante, et, dans une autopsie restée célèbre, il découvrit Y atrophie des racines antérieures de la moelle.
Cruveilhier alla même plus loin, et, devinant la lésion qu’il ne voyait pas, il annonça que la substance grise de la moelle devait être intéressée. C’est à M. Luys* que revient l’honneur d’avoir nettement décrit, le premier, la véritable lésion de l’atrophie musculaire progressive. Dès 1860, M. Luys faisait savoir que les cornes antérieures de la substance grise de la moelle sont en partie détruites, dans les points correspondant aux racines antérieures des nerfs atrophiés. Et, en effet, les autopsies nombreuses faites depuis cette époque (Ilayem, Charcot, Vulpian, Joffroy, etc.)® ont démontré que la lésion primitive et constante de l’atrophie musculaire siège dans les cornes antérieures de la substance grise. Les cellules des cornes antérieures disparaissent, par atrophie pigmentaire ou par atrophie scléreuse, les vaisseaux capillaires sont épaissis, et l’on trouve une prolifération conjonctive dans la névroglie de la corne antérieure. Il y a donc, on le voit, une lésion localisée d’abord à la cellule nerveuse, mais il est difficile de dire si la lésion est irritative ou dégénérative. Quoi qu’il en soit, cette maladie peut être donnée comme type d’une affection médullaire parenchymateuse systématique.
Le processus morbide né dans la cellule nerveuse des cornes antérieures (dégénérescence atrophique de la cellule avec prolifération conjonctive), s’étend de là aux racines antérieures des nerfs (atrophie des racines) et il