NÉVRALGIE SCIATIQUE
La névralgie sciatique, plus commune que la névralgie faciale, et aussi commune que la névralgie intercostale, est une des plus importantes. Le nerf sciatique est la
seule branche terminale du plexus sacré; il sort du bassin par la grande échancrure sciatique, et le -point fessier qui correspond à ce niveau est principalement dû à la névralgie du petit nerf sciatique, si souvent associée à la névralgie sciatique proprement dite. Le grand nerf sciatique passe entre l’ischion et le grand trochanter [point trochantèrien), et, arrivé au creux poplité, il se divise [point poplité) en poplité interne et poplité externe, qui contourne la tête du péroné [point péronier). Les branches terminales cutanées du sciatique se rendent à la peau de la jambe et du pied, moins leur partie interne (points malléolaire externe et plantaire).
Description. — La douleur de la névralgie sciatique, comme celle des autres névralgies, est continue et paroxystique. Elle éclate sous forme d’accès, qui sont réveillés par la marche, par la chaleur du lit; les élancements douloureux partent de divers points et sillonnent le membre en différents endroits (pied, jambe, genou, cuisse, fesse). Au moment des accès, les irradiations douloureuses sont fréquentes; elles suivent les branches collatérales du plexus sacré, les branches du plexus lombaire et les nerfs intercostaux. En dehors des accès, le malade éprouve une sensation d’endolorissement, d’engourdissement, de fourmillement, de brûlure. Il y a de l’hyperesthésie cutanée, ou de l’anesthésie, si la névralgie est invétérée. On peut provoquer la douleur à la pression sur les points déjà indiqués, ou sur le trajet du nerf, à la partie postérieure de la cuisse.
Assez souvent, les malades se plaignent de crampes, de secousses douloureuses dans les muscles de la jambe et de la cuisse : quelques-uns ont du zona, certains ont un affaiblissement musculaire, une parésie dans les mêmes régions.
Le système musculaire est quelquefois atteint de lésions atrophiques dans le membre affecté de sciatique; il ne s’agit pas d’un simple amaigrissement dû à l’inertie des masses musculaires, mais d’une atrophie musculaire qui
peut être masquée par une hypertrophie de la peau et par le développement du tissu cellulaire sous-cutané. Ces troubles trophiques seraient sous la dépendance de 1 état anatomique du nerf; nuis ou peu accusés dans les cas de névralgie simple et très marqués dans les cas de névrite1. L’intensité graduellement croissante de la douleur, l’engourdissement et les fourmillements précédant les douleurs aiguës, la douleur propagée au tronc même du nerf, seraient autant de symptômes en faveur de la névrite.
Dans le cas de sciatique chronique, l’attitude du malade examiné nu et debout est caractéristique. Prenons pour exemple une sciatique gauche : le tronc est incliné à droite, la colonne lombaire décrit une courbe à concavité droite, la main droite descénd plus bas que la gauche, le membre inférieur gauche est demi-fléchi, le pli fessier gauche est remonté (Charcot).
Étiologie. Traitement. — Le froid et le rhumatisme sont des causes fréquentes de névralgie sciatique; bien des gens ont une sciatique pour s’ètre endormis sur l’herbe fraîche, pour avoir eu leurs jambes dans l’eau froide. La sciatique est provoquée par le traumatisme, par des lésions de la colonne vertébrale, des méninges et de la moelle, par la compression du nerf (tumeurs pelviennes, exostoses, cancer), d’où la nécessité de pratiquer le toucher rectal et le toucher vaginal quand il s’agil d’établir le diagnostic pathogénique de la sciatique. La goutte et la blennorrhagie2 méritent, comme étiologie, une mention spéciale. La sciatique double est souvent tributaire du diabète (Worms).
Le nerf sciatique, comme tous les nerfs, peut être atteint de névralgie dans le cours de la tuberculose; pour M. Peter, la névralgie sciatique est même parfois un signe
1. Lasègue. Arcli. de méd., 1864. — Landouzy. Arch. de mid., 1875, et Rev. mens., 1878.