Arcli. de médecine expérimentale, mars 1S
MALADIES DU MARYNX.
était, associé 2 fois. Mais aucun de ces micro-organismes n’est spécifique. Quel est leur rôle au cas d angine et d'amygdalite, pourquoi et comment deviennent-ils virulents et pathogènes?
Parfois il y a contagion et l’individu sain reçoit d’emblee l’agent pathogène. Dans d’autres cas il faut revenir aux anciennes idées de la « spontanéité morbide » ; nous disons aujourd’hui « auto-infection ». Sous l'influence de conditions qui concernent à la fois la graine et le terrain, conditions dont les unes nous sont connues (froid, surmenage, associations microbiennes) et dont les autres nous échappent, le microbe ou les microbes exaltent leur virulence et l’acte morbide se déclare. La muqueuse pharyngée est riche en tissu lymphoïde, en phagocytes, macrophages et. microphagcs qui sont en état continuel de défense. La défense vient-elle à faiblir, la phagocytose est elle-même en défaut (Metchnikolï), l’individu esi « eu état de réceptivité morbide ».
Dans quelques circonstances les agents pathogènes n’envahiraient pas les amygdales par leur surface, ils pourraient les pénétrer par leur profondeur; en pareil cas, l’angine est secondaire-, le malade était atteint d’une maladie infectieuse, et les amygdales « retenant et détruisant les microbes, il n’est pas étonnant qu’elles en souffrent de temps en temps1 ».
Quoiqu’il en soit, les agents pathogènes et notamment le streptocoque agissent suivant leurs aptitudes virulentes et suivant le terrain qu’ils rencontrent. Les accidents et les complications que nous avons énumérés peuvent être dus, soit à la toxine strcptoeoccique, soit au passage du streptocoque dans le sang et dans les organes. Peut-être les injections de sérum anti-slrcptoeoccique, si efficaces au cas d’érvsipèle, pourront-elles être utilisées au cas d’angines infectieuses streptococciques.
Diagnostic. — Étudions maintenant le diagnostic des
1. Bouchard. Thérapeutique des maladies infectieuses, 1889, p. 2od.
angines et des amygdalites. En principe, on ne doit jamais négliger d’examiner la gorge d’un malade atteint d’angine même la plus simple. L’examen de la gorge est douloureux et parfois difficile; les enfants s’y prêtent de mauvaise grâce; mais il faut insister sous peine de commettre une erreur de diagnostic. Au moyen d’un gargarisme, ou d’une irrigation, on débarrasse d’abord la gorge des mucosités qui l’encombrent, puis on l’éclaire, soit au moyen d’une petite lampe fabriquée à cet usage, soit au moyen d’une grande cuiller qui, placée derrière une bougie, projette la lumière à la façon d’un réflecteur.
Nous ferons, à l’un des chapitres suivants, le diagnostic des amygdalites avec l’angine diphthérique, diagnostic qui dans bien des cas ne peut être établi que par l’examen bactériologique. Pour le moment, passons en revue le diagnostic avec les autres angines aiguës. L’angine rhumatismale peut précéder ou accompagner les manifestations articulaires du rhumatisme aigu; elle provoque une dysphagie des plus vives, lorsque les muscles du pharynx sous-jacents à la muqueuse sont atteints par le rhumatisme (Chomel).
L’angine scarlatineuse, j’entends l’angine initiale de la scarlatine, précède l’éruption cutanée et peut même exister en l’absence de toute éruption de la peau (scarlatine fruste) . Cette angine est caractérisée par l’intensité de la fièvre, par la coloration pourprée de la muqueuse, coloration due à l’éruption scarlatineuse, qui occupe non seulement l’isthme du gosier, mais encore la cavité de la bouche et la face interne des joues. L’angine scarlatineuse est parfois d’une indolence remarquable 1 ; elle est souvent accompagnée d’un exsudai pultacé, exsudât formé de plaques blanchâtres, de consistance molle, se détachant facilement et laissant la muqueuse sous-jacente complètement intacte. Ces enduits pultacés (de puis, pultis,