Sauvineau. Soc. anal, de Pans
§. 4 ANGINE CATARRHALE CHRONIQUE. — ANGINE GRANULEUSE. — AMYGDALITE CHRONIQUE.
Description. — Je réunis dans une même description l 'angine catarrhale chronique et Y angine granuleuse , parce que ces deux variétés, fréquemment réunies chez le même sujet, ne me paraissent pas suffisamment distinctes pour mériter une description spéciale.
Les symptômes de Y angine chronique s’établissent lentement et sans douleur; le. malade éprouve à la gorge et aux fosses nasales une sensation de sécheresse, de chatouillement, de picotement, qui est plus accusée le matin, au réveil. Sur le pharynx sont étalées quelques mucosités épaisses, visqueuses, parfois desséchées, qui provoquent une sorte de graillonnement, et dont le sujet ne se débarrasse qu’après plusieurs tentatives d’expectoration.
La gorge est sèche, la déglutition est quelquefois gênée, et il existe un peu de surdité si l'inflammation gagne la trompe d’Eustaehe.
Le voile du palais et la paroi du pharynx sont rouges, luisants, granuleux, parfois tuméfiés et sillonnés de vaisseaux variqueux, la luette est œdématiée, longue et traînante. Les granulations sont formées par l'hypertrophie des follicules glanduleux ; discrètes ou confluentes, ces granulations occupent la paroi postérieure du pharynx, les piliers antérieurs du voile du palais, la luette; leur teinte est rouge, leur volume dépasse rarement celui d’un grain de chènevis. Les grosses granulations pharyngées sont dues à l’hypertrophie des ilôts de tissu adénoïde si abondant en cette région. La présence de petites pustules caractérise Y angine acnéique (Lasègue).
Les fosses nasales et le larynx participent souvent à l'inflammation pharyngée; il en résulte un coryza chronique et une laryngite chronique que j'ai décrits ailleurs, et dont les symptômes s'ajoutent à ceux de la pharyngite.
Par la rhinoscopie postérieure on constate que la région de l’amygdale pharyngée est rouge, framboisee, recouverte de sécrétions muco-purulentes qui secoulent le long du pharynx. L’extrémité postérieure des cornets est souvent hypertrophiée (rhinite postérieure).
On constate assez souvent, dans le cours des pharyngites chroniques, des céphalées et des névralgies atteignant surtout le nerf occipital, ainsi que l’a si bien indiqué M. Vergely. .
L’angine granuleuse est essentiellement chronique; elle est sujette aux poussées subaiguës et aux récidives; elle est provoquée par toutes les causes qui déterminent sur la muqueuse du pharynx une irritation sans cesse renouvelée (tabac, boissons alcooliques, contact de l’air chez les chanteurs); elle est surtout fréquente chez les diathesiques (goutteux, rhumatisants, herpétiques). Le traitement local consiste en cautérisations, badigeonnages et gargarismes; les eaux sulfureuse, alcaline, arsenicale, trouvent leur indication dans l’état diathésique du sujet.
Amygdalite chronique. — L 'amygdalite chronique a pour l’enfance une prédilection bien marquée : fréquente jusqu’à l’âge de la puberté, elle est très rare chez 1 adulte, à moins qu’elle ne soit chez lui comme un reliquat des premières années. On la rencontre surtout chez les sujets lymphatiques et scrofuleux. Tantôt elle fait suite a des amygdalites aiguës, plus souvent elle procède par recrudescence, « car, chez les sujets très prédisposés, on peut dire que la maladie ne cesse jamais complètement. Chaque crise est marquée par les mêmes symptômes à des degrés différents, suivant le plus ou moins d’acuité1 ».
La phlegmasie chronique entraîne souvent une hypertrophie des amygdales; toutes les parties de l’amygdale prennent part à l’hypertrophie : le tissu lymphoïde aggloméré en follicules, le tissu conjonctif qui réunit ces l'olli-