‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 228 sur 492 · San th:. Traité de la diphthérie, p. t. Paris · texte numérisé non relu

San th:. Traité de la diphthérie, p. t. Paris

CIEUUFOÏ, l'ATHOt,. T. II.

rie sévissant sous forme de laryngite [croup) avaient suscité les dénominations de garrotillo (épidémies de la fin du xvi° siècle en Espagne)1, de morbus strangulalorius (épidémies du commencement du xvn" siècle en Italie), d’angine suffocante, dénominations qui prouvent bien la localisation laryngée de la maladie ; mais aucun rapport n’avait été élaldi par les observateurs entre les localisations laryngées et pharyngées de la maladie, c’était pour eux autant de maladies distinctes.

Fothergill, pendant les épidémies d’Angleterre (1774), et Huxham, pendant les épidémies de Plymouth (1751), tombent dans une égale confusion et ne voient du reste partout que des maux de gorge gangréneux. Home (1 765), médecin écossais, crée le nom de croup-, il a le mérite de séparer nettement les affections strangulatoires du larynx des maladies pelliculaires du pharynx, mais il a le tort de méconnaître l’identité de nature de l’angine et du croup, et sur ce point la confusion continue.

Avec Samuel Bard (1771), cette question commença à sortir du chaos, car le médecin américain formula nettement l 'identité des différentes localisations diphthériques; mais les travaux de Bard restèrent à l’état d’ébauche et n’eurent pas d’écho. Il était réservé à l’illustre Bretonneau d’établir par des faits cliniques et anatomo-pathologiques que ces différents états morbides, membranes des muqueuses et membranes de la peau, angine couenneuse et croup, ont une origine commune et ne sont qu'une seule et même maladie spécifique, qu’il désigna du nom de diphthèrite-, de ÔnpOépa, membrane. Bretonneau fit voir également que les angines qu’on regardait comme gangréneuses ne sont pour la plupart que des angines couenneuses, et il compléta son œuvre en créant la laryngite slridulcuse (faux croup), maladie qui simule le croup, mais qui n’a rien de commun avec lui.

Page 1