Annales de l'Institut Pasteur, 23 mai
4. Paris, 1891. Nécessité de l’examen bactériologique dans le diagnostic de 1 angino diphthérique. ' u,d
uuaa.AFoï, PATHOL. T. II.
diphthérique, et l’examen bactériologique démontra que 25 de ces angines étaient indemnes de diphthérie. En 1892, Baginsky publiait un deuxième mémoire avec une série de 154 observations d’angines d’apparence diphthérique, où la bactériologie relevait 56 erreurs de diagnostic.
Sur 159 cas d’angines membraneuses d apparence diphthérique, 89 cas, c’est-à-dire plus de la moitié, nous dit William Hallock Parle, n’étaient pas diphthériques.
En 1892, Koplick a relaté 35 cas d’angines membraneuses d’apparence diphthérique parmi lesquels dans 16 cas on ne put jamais constater le bacille de Lœffler.
Toutes ces erreurs se multiplient encore quand il s’agit d’angines secondaires survenant dans le cours des maladie” infectieuses, éruptives, et notamment dans la scar-
latine. . .
Voilà donc une première série de faits ou des centaines
d’erreurs ont été commises parce qu’un certain nombre de microbes, petit coccus Brisou, streptocoque, staphylocoque, etc., donnaient à ces angines toute l'apparence clinique de la diphthérie.
Une autre série d’erreurs, avons-nous dit, consiste méconnaître une angine diphthérique et a la prendre pour une angine simple, lacunaire, pultacée, herpétique. Cette question ayant été traitée en détail dans le chapitre précédent, au sujet du polymorphisme de la diphthene, je n’y reviens pas. C’est ce polymorphisme qui est une cause si fréquente d’erreur, quand la bactériologie n est pas là pour rétablir les faits. On s’était trop habitue a l’idée d’une diphthérie « couenneuse ou membraneuse » ; nous savons actuellement qu’il y a une diphthérie a formes herpétique, lacunaire, pultacée. 11 faut donc en finir une bonne fois avec les demi-mesures et avec les diagnostics par à peu près. En fait d’angines on ne peut arriver à un diagnostic absolu et certain que par exa me»6 bactériologique. Dés .891 Jaccoud émet a, t a même opinion et Landouzy a fait sur le même sujet
une importante communication à l’Académie de méde- -xine1.
La discussion que je viens d’entreprendre, s’adresse également aux angines syphilitiques 2. Le chancre syphilitique de l'amygdale, recouvert de fausses membranes grisâtres, accompagné de dysphagie et d’engorgement ganglionnaire, n’est pas sans analogie avec la diphthérie, mais au cas de chancre lonsillaire, la lésion est unilatérale, l’amygdale est indurée, la maladie a mis un certain temps à évoluer, la surface ulcérée se déterge facilement, et les détritus ont bien plutôt un aspect pultacé que membraneux. Les plaques muqueuses de la gorge et des amygdales se recouvrent parfois de fausses membranes qui simulent la syphilis. Ces membranes sont blanchâtres, grisâtres, d’apparence gangréneuse, adhérentes à la muqueuse et accompagnées d’adénite sous-maxillaire. De telles angines syphilitiques présentent avec la diphthérie les plus grandes analogies. Ces deux lésions peuvent même évoluer simultanément, si bien que dans quelques circonstances, ce n’est que par l’examen bactériologique qu’on peut arriver au diagnostic.
L'amygdalite phlegmoneuse elle-même peut présenter de réelles difficultés dans son diagnostic avec certaines formes de l’angine diphthérique. Dans les deux cas, la douleur peut être vive, la déglutition difficile, la tuméfaction du cou peut être considérable, et, l’enduit pulpeux, sanieux, diffluent, qui caractérise parfois l’angine maligne, ressemble assez à l’enduit, diphthéro-streptococcique, qui tapisse la gorge, au cas d’amygdalite phlcgmoneuse. L’albuminurie peut exister de part et d’autre. Alots sur quoi baser le diagnostic clinique? Dans le cas d amygdalite phlegmoneure la douleur est plus violente et plus généralisée, la dysphagie est excessive, le malade peut difficilement tourner la tête, immobilisée