Académie de Médecine. Tuiltet
Vourge*. An(Jincs diphlhéioides de la syphilis (Cas. hebdo-
an’clle est par les muscles du cou contracturés; il ne peut entrouvrir la bouche sous peine de douleurs les plus vives, il peut à peine remuer la langue ; ces symptômes n’acquièrent pas ce degré d’inlensite dans la diphtérie. Dans les deux cas, le cou est empâte et tuméfié, mais la tuméfaction est plus précoce et beaucoup plus qanqlionnaire dans la diphthérie. Dans leS> deux cas la respiration peut être gênée à cause du retrecissement d l’isthme du gosier, mais ce symptôme est bien plus accuse dans l’amygdalite phlegmoneuse, ce qui lui avait va u e nom d 'esquinancie. Dans les deux cas, 1 examen de la goi-e peut être difficile, mais le malade atteint de diphthérie s’y prête mieux et plus volontiers parce quil souffre moins-, chose essentielle, on ne trouveras che lui comme dans l’amygdalite phlegmoneuse, 1 amy dale et le voile du palais refoules et abaisses par le phlegmon péri-amygdalien. Tout cela est vrai, ^ “Pendant certaines amygdalites suppura» peuvent etoewociées au bacille diphthénque jointes a/ au re microbes Ven ai vu un cas cette année, 1 angine d phthero strep lococcique revêt le masque de l’amygdalite suppuree v “S bactériologique devient alors indispensable Arrivons donc à ce diagnostic bactériologique, le set rmi nuisse nous donner la certitude . . .
‘ Diaqnostic bactériologique. — Voici un malade atteint d’wine comment procéder à l’examen bactériologique. On DMt i"parcr, colorer et examiner au microscope un lambeau de membrane, mais c’est là un procédé souve
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tube, des colonies de diphthérie qui sont d’autant plus caractéristiques qu’elles sont plus espacées, bette rapidité avec laquelle apparaissent les premières colonies est presque un signe de diphthérie; les cultures d’angine membraneuse à petit coccus donnent seules des résultats aussi rapides. Les colonies de bacille diphthérique, quand elles sont bien formées, sont arrondies, blanchâtres, plus opaques au centre qu’à la périphérie, ce qu’on voit facilement par transparence. Elles forment comme une légère saillie à la surface du sérum; aussi, les ai-je nommées papuleuses. Une parcelle de la colonie colorée au bleu de Roux et vue au microscope décèle les bacilles de Klebs-Lœffler dont j’ai donné la description au chapitre précédent.
Angine membraneuse à petit coccus. — Voici un autre malade ayant, lui aussi, une angine membraneuse qu’on regarderait volontiers comme diphthérique; elle a tous les caractères de l’angine diphthérique normale; j en ai observé à l’hôpital Necker, et vraiment la ressemblance est telle avec la diphthérie, que la bactériologie seule est capable de trancher le diagnostic, taisons une culture : au bout de dix-huit heures apparaissent dans le sérum gélatinisé des colonies qui ont de grandes analogies avec les colonies de la diphthérie; d’abord, elles sont précoces comme elles, puis elles sont également arrondies et blanchâtres, mais leur centre n’est pas opaque, elles sont transparentes dans toute leur étendue, elles ont une apparence humide, elles sont plates, sans relief; aussi je les nomme maculeuses pour les distinguer des colonies diphthériques qui sont plutôt papuleuses. En prélevant une parcelle de la culture et en la portant sous le microscope après l’avoir colorée, on ne découvre pas un seul bacille de la diphthérie, mais on trouve un petit coccus dont les éléments s’accouplent souvent deux à deux, sous forme de diplocoqne. Dès lors on est immédiatement renseigné sur la nature de celte angine, qui au premier abord simule si bien la diphthé—
rie; on sait qu’elle n’est pas toxique, quelle n’est pas infectieuse, qu’elle ne sera pas suivie de paralysies, et que si elle est accompagnée de croup, ce qui est rare, ce croup guérira sans trachéotomie. Voilà, je crois, des caractères différentiels importants.
Angine membraneuse à streptocoques. — Ces angines simulent si bien la diphthérie que dans le mémoire de Martin nous trouvons huit petits malades qui avaient été envoyés au pavillon de la diphthérie, alors qu’ils avaient des angines à streptocoques. Ces angines vont être étudiées dans le chapitre suivant; je me contente pour le moment de donner leurs signes distinctifs bactériologiques. Une parcelle de la membrane pharyngée étant mise en culture, les colonies de streptocoques poussent un peu plus tardivement que les colonies de la diphthérie; elles se présentent sous forme de petites colonies nombreuses, punctiformes, que je nomme poussiéreuses, qui n’ont qu’une faible tendance à grandir, et sous le microscope le streptocoque apparaît avec ses caractères distinctifs, chaînettes droites ou flexueuses à 5, 4,
5, 6 grains. Ces angines à streptocoques, primitives ou secondaires, sont fréquentes dans les premières phases de la scarlatine, tandis que les angines du décours de la scarlatine sont parfois diphthériques.
Angine membraneuse à staphylocoques. — Ici encore des méprises ont été commises et des angines membra- ; lieuses à staphylocoques ont été prises pour des angines diphthériques. Les cultures (staphylococcus alhus et aureus) se développent surtout après vingt-quatre heures et l’examen bactériologique est tellement caractéristique que l’erreur n’est pas possible.
Angine membraneuse à pneumocoques. — Cette angine, i dont il sera question au chapitre suivant, a été bien étudiée par Jaccoud. Sans l’examen bactériologique, le diagnostic avec l’angine diphthérique est véritablement impossible. Cette angine à pneumocoques n’est point toxique, elle ne se propage pas au larynx.
Pronostic. — Le pronostic des angines diphthériques ressortdel’exaraen clinique et de l’examen bactériologique. Cliniquement, il faut se méfier des angines diphlheriques précédées ou accompagnées de diphlhérie nasale. Les cavités nasales sont un excellent terrain de culture pour le bacille diphthérique ; il s’y développe et il y fabrique sa toxine dans les meilleures conditions; rien ne lui manque; température égale et apport incessant de l’air par la respiration nasale, tout cela ressemble au procédé imaginé par Roux pour la fabrication de la toxine. S'il s’agit d’une diphlhérie peu toxique, les accidents précoces et graves ne sont pas à redouter, néanmoins le poison est fabriqué sur une telle surface qu il en pénètre assez pour provoquer souvent des paralysies diphthériques. Il y a longtemps que mon attention est appelée sur ce point, la participation de la diphlhérie nasale me parait être un appoint considérable au développement de la paralysie diphthérique. Quand il s’agit d’angine diphthérique maligne, toxique, infectieuse, l’adjonction de la diphlhérie nasale est d'un pronostic extrêmement grave, sur lequel Trousseau a tout particulièrement insisté1.
La pâleur précoce du teint, l’aspect plombé et bouffi du visage, l’albuminurie rapide et abondante, la tendance à la prostration sont de mauvais symptômes. Quand l’adénopathie sous-maxillaire prend de fortes proportions dès le début de l’angine diphthérique, c’est généralement un mauvais signe. Dans quelques cas, ces adénites se comportent comme de véritables bubons : « elles sentent la peste » ; elles se terminent par suppurai ion, elles s’abcèdenl. Si la suppuration ganglionnaire passe souvent inaperçue, c’est que le malade succombe avant que l’abcès soit formé. La suppuration précoce est un signe fatal, il n’en est pas de même de la suppuration tardive; l’adénite qui se met à suppurer, alors que l’an-