‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 247 sur 492 · Cornil et Ranvier. A/an. d'histol. pathol · texte numérisé non relu

Cornil et Ranvier. A/an. d'histol. pathol

pendant la vie, on voit qu’elles sont constituées par un réseau plus ou moins dense de fibrine, englobant dans son réticulum des cellules épithéliales modifiées, des cellules lymphatiques migratrices, des globules rouges et des micro-organismes. Un grand nombre de ces cellules sont mortifiées et leur noyau ne se colore plus par le picro-carmin.

Les cellules épithéliales s’infiltrent d’une substance colloïde, perdent leur noyau, se transforment en blocs homogènes, réfringents, à prolongements ramifiés en forme de bois de cerf (Wagner) (nécrose de coagulation de Weigert). Sous les fausses membranes on trouve parfois un exsudât hémorrhagique, origine d’ilots ecchvmo-

Du reste, la structure de la fausse membrane change un peu aux différentes périodes de son évolution ; au début, ce sont les transformations de l’épithélium qui dominent et le réseau fibrineux est moins important, plus tard, la membrane est épithéliale, fibrineuse et purulente, et à sa dernière période c’est la fibrine qui est en excès (Leloir)'.

Nous avons vu au chapitre precedent comment .e comportent les bacilles de la diphthérie; je n’y reviens

Après avoir étudié la structure des fausses membranes, voyons l’état des tissus sous-jacents. La muqueuse sur laquelle les membranes vont se développer est enflammee et tuméfiée; après la chute des membranes, la muqueuse prend un aspect dépoli du a 1 absence d epith üum • elle est parfois ecchymosée, mais rarement ulcérée;'les ulcérations, les hémorrhagies , la gangrené s’observent surtout dans les formes « malignes » de la

amygdale atteinte de diphthérie présente des altéra-

1. Leloir. Divelopp. rfe.v product. pseudo-membran. (Arch. de physinl., 188C, 2" série, ]'. 120.)

tions dont j'emprunte la description à M. Cornil'. Sur une coupe de l’amygdale, en allant de la superficie a a profondeur, on observe les dispositions suivantes : la fausse membrane qui a pris la place du revetement epithélial s’enfonce dans les cryptes amygdaliennes ; a sa partie profonde elle semble se confondre avec le chorion muqueux. Le tissu conjonctif de la muqueuse est infiltre de globules rouges et blancs, ses vaisseaux capillaiies sont remplis de globules blancs, et cette inflammation, qui atteint toutes les couches, le tissu réticulé et les follicules des amygdales, explique le volume parfois considérable de ces organes.

Le pharynx est le siège de lésions analogues, on y constate une hypertrophie inflammatoire des follicules lymphatiques. Les ganglions lymphatiques du cou sont tuméfiés, infiltrés d’un suc séreux louche et parfois purulent.

Les membranes diphthériques de la peau ont beaucoup d’analogie avec celles des muqueuses. Ces membranes sont formées en partie aux dépens des couches épidermiques modifiées; elles adhèrent aux papilles; il y a paifois gangrène du derme.

On a signalé des ecchymoses dans les sillons de séparation des circonvolutions cérébrales. Les lésions pulmonaires (bronchite diphlhérique, broncho-pneumonie) sont très fréquentes surtout quand le croup est venu compliquer l’angine : elles sont en grande partie le résultat d’infections secondaires; les staphylocoques et surtout le streptocoque en réclament la plus large part. Les reins sont presque toujours altérés dans la diphthérie grave : hyperémie et hémorrhagie dans la couche corticale, état trouble de l’épithélium des tubuli. Les altérations des reins comme les altérations du foie (état graisseux des cellules) sont ducs à la toxine diphlhérique.

1. Cornil. Communie, au congrès d’Alger , 1881. — Cornil et Cabts. Lis bactéries, p. 4oâ.

La fibre musculaire cardiaque est atteinte, surtout au niveau des muscles papillaires, de dégénération granuleuse. La myocardite interstitielle est parfois assez accusée1 2 3. L’endocarde valvulaire présente des altérations décrites par M. Labadie-Lagrave comme des lésions d’endocardite5; ces lésions, assez rares, sont le résultat d’infections secondaires. Dans les cas d’angine maligne, le sang est fluide, couleur de sépia (Millard*), le nombre des globules rouges est diminué; c’est l’état de dissolution qu ou retrouve dans certaines maladies infectieuses.

Traitement. — Depuis la retentissante communication de Roux au Congrès de Buda-Peslh, le traitement de la diphlhérie par la sérothérapie s’est substitué à tous les autres traitements. C’est Behring, il est vrai, qui le premier a eu l’idée d’appliquer la sérothérapie au traitement de la diphthérie, mais c’est. Roux qui, en découvrant la toxine diphthérique, a rendu possible la découverte de l’antitoxine, c’est Roux qui a choisi le cheval comme animal producteur du sérum, et tandis que les travaux de Behring languissaient en Allemagne, et y taisaient peu d'adeptes, il a suffi que Roux produisit son rapport et le résultat de ses travaux et de ses collaborateurs, pour que la méthode nouvelle se répandit aussitôt dans toutes

les parties du monde.

En quoi consiste donc cette méthode?

Elle consiste à immuniser un cheval contre la diplilliérie et à se servir du sérum de ce cheval immunise, comme agent préventif et curateur de la diphthérie.

Pour immuniser un cheval on lui inocule sous la pca i de l’encolure des doses progressivement croissantes de toxine diphthérique. On commence par des doses très faibles, pas même un centimètre cube, additionne ou non d’iode, et on arrive après quelques semaines a pouvoir

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