‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 253 sur 492 · I. Rénon. Gaz. des hôp., 2 août · texte numérisé non relu

I. Rénon. Gaz. des hôp., 2 août

Oa doit donc ici, comme dans les cas précédents, avoir recours aux cultures et a l'examen bactériologique. En moins de 24 heures le staphylocoque forme sur le sérum des colonies aplaties, élalées, irrégulières, qui permettent déjà, au premier abord, de poser un diagnostic. La même cullure laissée encore à l’étuve donnera bientôt des colonies beaucoup plus grandes, et sur lesquelles il sera facile, d après leur coloration, de distinguer le staphylococcus albus et le staphvlococcus aureus. Une parcelle de ces colonies colorée et portée sous le microscope montre des amas de grains, qui ne sont plus ici en chaineLles comme le streptocoque, mais qui sont réunis en grappe.

Angines pseudo-diphthériques à pneumocoques. —

Il est une autre variété, bien étudiée par Jaccoud, c’est l’angine pseudo-diphthérique pncumococcique1. Cette angine très rare chez l’enfant, Chaillou et Martin n’en ayant observé qu’un seul cas à cet âge, cette angine débute brusquement avec frissons, malaise général et élévation rapide de la température à 59 et 40 degrés. Dès le premier jour apparait une dysphagie déjà intense; la muqueuse de la gorge est rouge et luisante; les amygdales sont tuméfiées et violacées; le lendemain on constate à la gorge de vraies fausses membranes. Ces membranes débutent sous forme de points blancs, elles deviennent confluentes, elles s’étalent, s’épaississent comme membranes diphthériques. L’angine est ordinairement accompagnée d’un engorgement ganglionnaire fort accusé. Ajoutons à cela l’albuminurie, et on conviendra avec moi que ce tableau rappelle singulièrement le tableau de l’angine diphlhérique. Dans les quelques observations publiées jusqu’ici, l’angine pneumococcique n’a eu aucune tendance à envahir les fosses nasales et le larynx. En face d’une pareille angine, la clinique, livrée à elle-même,

1. Journal de méd. et de chirurgie, 1891. — Semaine medicale, 9 juillet J 893.

c?t incapable de décider s’il y a ou non diphthérie, l’examen bactériologique s’impose; il décèle la présence du pneumocoque.

Angine membraneuse à c.oli-bacille. — Encore une dernière variété, très rare celle-là, d’angine pseudodiphthérique. L’agent pathogène en est le coli-bacille. Le coli-bacille a été signalé, à titre d’association, dans bon nombre d’angines, mais il est des cas où une angine pseudo-diphthérique peut être due au coli-bacille, sans autres agents: Martin et Chaillou en citent deux cas Lermoyez1 en a publié une observation des plus concluantes- Mais, je le répète, il s’agit là de faits absolument exceptionnels.

Angine herpétique. — L’angine herpétique ou angine couenneuse commune (Trousseau) sera plus loin l’objet d’un chapitre spécial. Je viens, du reste, de l’étudier si longuement à l’un des chapitres précédents, dans ses rapports avec la diphthérie, que je me contente de la signaler ici sans autres commentaires.

Angines membraneuses syphilitiques. — En parlant au chapitre précédent des angines syphilitiques diphlhéroïdes, j’ai dit que les plaques muqueuses de la gorge et des amygdales se recouvrent partois de membranes gri- ; sàtres, épaisses, adhérentes, simulant d’autant mieux la diphthérie que les ganglions de l’angle de la mâchoire sont habituellement tuméfiés. Le diagnostic est facile si l’on a suivi l’évolution buceo-pharyngée de celle syphilis et si l’on a constaté en même temps des svphilides cutanées ou muqueuses, mais dans le doute, ou même au cas (les deux infections superposées, l’examen bactériologique peut seul permettre d’affirmer le diagnostic; l’absence de bacilles de Lœftler exclut l’hypothèse de la diphthérie, on peut rencontrer d’autres microbes, cocci ou streptocoques2.

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