‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 260 sur 492 · B. — ACCIDENTS SECONDAIRES · texte numérisé non relu

B. — ACCIDENTS SECONDAIRES

Les accidents secondaires syphilitiques de la bouche et de la gorge consistent presque uniquement en plaques muqueuses d’aspect différent; ce sont des érosions (syphilides érosives), des papules (syphilides papulo-érosives), des papules hypertrophiées (syphilides papulo-hypertrophiques), des ulcérations (syphilides ulcéreuses) (Fournier). Les plaques muqueuses ont pour siège de prédilection, et par ordre de fréquence : les amygdales, les piliers, le voile du palais, la face muqueuse des lèvres et la langue; elles sont extrêmement rares au pharynx, sans doute parce que la muqueuse pharyngienne est à peu près dépourvue de papilles.

Lèvres. — Aux lèvres, les syphilides ont l’aspect de petites érosions de teinte opaline (variété érosive), et si la syphülide envahit la peau, comme aux commissures, elle se couvre à ce niveau de petites croûtes. Ces syphilides sont très fréquentes chez l’enfant atteint de syphilis héréditaire.

Langue. — Les plaques muqueuses de la langue se présentent souvent sous forme d’érosions (syphilides érosives) et d’ulcérations (syphilides ulcéreuses). Au bord de la langue elles s’ulcèrent facilement; celles qui occu

niEULAFOY, PATHOL. , T. II.

peut le dos de l’organe, quand elles sont mal soignées, s’ulcèrent, se fendillent, forment des fissures, des crevasses. des sillons à bords durs et tuméfiés. Parfois les syphilides linguales sont papuleuses, surtout au dos de la langue où elles forment des bosselures, des mamelons (dos de crapaud) ; certaines sont même végétantes, hypertrophiques, mamelonnées, déforment la langue et simu- j lent un cancroïde.

Un observe encore à la langue une autre variété de syphilide : ce sont des plaques lisses, comme polies et vernissées; elles ne sont pas érosives, mais on dirait qu’au niveau de la plaque la muqueuse est rasée, dépapillée (Fournier), fauchée en prairie (Cornil). Ces ( plaques assez régulières de contour, occupent exclusivement le dos de la langue et tranchent sur les régions j voisines qui, elles, ont conservé leur apparence villeuse. Cette variété de syphilide linguale présente les plus grandes analogies avec l’eczéma lingual; il faut donc en ; faire le diagnostic1 : L’eczéma de la langue a reçu les j dénominations les plus diverses : pityriasis lingual (Rayer), langue géographique (Bergeron), glossite exfoliatrice marginée (Fournier), eczéma en aires, ou marginé | desquamatif (Besnier), psoriasis lingual. L’eczéma débute j habituellement par le bord de la langue ; c’est d’abord un petit cercle, ou plusieurs petits cercles à desquamation très fine et à contours festonnés ou polycycliques.

A l’état de complet développement l’eczéma est caractérisé par une plaque en aire, à fond rouge ou rose. La plaque ou les plaques sont entourées d’un liséré ou de rubans jaunâtres, grisâtres, qui sont les vestiges de la muqueuse linguale qui n’a pas encore été envahie par l’eczéma. Tantôt l’eczéma reste marginal, tantôt il gagne presque toute la langue, mais à des degrés inégaux. Quand l’eczéma est généralisé, la face dorsale de là langue est rouge, lisse, desquamée, avec quelques ilôts gri-

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