Debove. P&oriasis buccal. Th. de Paris
pareil cas la plaque leucoplasique prend un aspect papillomateux, ou bien elle se double profondément d’une induration douloureuse, la lésion retentit sur les ganglions et l’épithéliome buccal est constitué1. Eh bien, quelle différence y a-t-il entre la leucoplasie buccale des gens qui sont ou qui ne sont pas atteints de syphilis? 11 n’y a pas de différence. Kaposi admet une leucoplasie de nature syphilitique, Besnier considère la syphilis comme une cause prédisposante, il est vraisemblable qu’il s’agit encore ici d’une de ces lésions dans lesquelles la syphilis apporte un appoint important (lésions parasypliililiques de Fournier).
Les glossites syphilitiques ne doivent pas être confondues avec la glossitedes fumeurs : la langue du fumeur peut être bosselée, inégale, mamelonnée, avec îlots grisâtres, nacrés, surtout à la pointe, autant de caractères qui rappellent la syphilis linguale; c’est dire que le diagnostic est parfois très dificile.
L’épithéliome delà langue et la syphilis tertiaire offrent bien des caractères connus qui rendent parfois le diagnostic fort difficile; cependant, dit Fournier, la lésion syphilitique débute par induration intérieure et l’épithéliome par tumeur extérieure, la syphilis s’ulcère en caverne et l’épithéliome s’ulcère en surface; la syphilis crée des lésions multiples, l’épithéliome est unique; la lésion syphilitique saigne rarement et sécrète peu, l’épithéliome saigne facilement et sécrète beaucoup; l’ulcération syphilitique n’est pas spontanément douloureuse, l’ulcération épithéliomaleuse est douloureuse avec irradiations; la syphilis tertiaire n’est pas accompagnée d’adénopathie à moins d’infection secondaire, l’épithéliome détermine une adénopathie volumineuse; le traitement, si bienfaisant au cas de syphilis, est sans effet au cas d’épi théliome ; l’examen histologique peut rendre service en mettant en évidence les éléments de l’épithéliome.