V. Mauriac. Syphilose pliaryngo-nasale. Paris
la syphilis. Ces angines syphilitiques tertiaires ne provoquent pas de fièvre, elles ne sont pas accompagnées d’engorgement ganglionnaire.
Le diagnostic des ulcérations syphilitiques de la gorge doit être fait avec les ulcérations scrofulo-luberculeuses. On a commis bien des erreurs, tant qu’on n’a pas connu la syphilis héréditaire tardive, et aujourd’hui encore, que de fois on met sur le compte d’une soi-disant scrofule, des accidents hérédo-syphilitiques survenus chez des enfants, chez des adolescents, et même chez des adultes! Cette question a été remarquablement traitée par M. Fournier; ses leçons vont me servir de guide1. Quand il s’agit d’une syphilis acquise, quand le sujet atteint d’ulcère gommeux guttural a déjà eu une série d’accidents syphilitiques, le diagnostic est souvent simple et s’impose; mais quand il s’agit d'ulcération gutturale chez un jeune sujet de douze ou quinze ans, n’ayant jamais eu la syphilis, mais ayant eu, dès son enfance, écoulements chroniques de l’oreille, des maux d’yeux persistants, du coryza chronique avec ou sans ozène, c’est-à-dire ayant présenté « le vieux tableau de la scrofule, tel que nous l’ont légué nos prédécesseurs », on rejette l’hypothèse de la syphilis, et l’on a tort, car ce vieux tableau de la scrofule c’est précisément le tableau de l’hérédo-syphilis.
Eh bien, voyons quels sont, localement, les signes distinctifs des ulcérations gutturales syphilitiques et scrofulo-tuberculeuses. Les ulcérations gutturales syphilitiques ont souvent été confondues avec les ulcérations du lupus, autrefois nommées scrofulides ulcéreuses de la gorge, et avec les ulcérations tuberculeuses. Lupus et tubercule sont deux variétés d’une seule et même espèce morbide; « en tout cas, ils présentent chroniquement des caractères trop différents pour qu’il soit permis de les réunir dans une description commune » (Fournier).