Academie de médecine , séance du 7 mai
Cette variété d’adénopathies tuberculeuses est toujours descendante; elle commence par les ganglions auxquels se rendent les lymphatiques des trois amygdales, puis elle descend progressivement, elle s’étend et peut envahir les ganglions superficiels et profonds de la région cervicale et claviculaire.
Dans quelques cas, les ganglions sont petits, très petits, durs, indolents, facilement isolables; dans d autres cas, ils sont volumineux, douloureux, empâtés, agglomérés. Parfois les adénopathies semblent rétrocéder ou disparaître, parfois elles subissent des poussées aiguës congestives, phlegmasiques, elles se ramollissent et peuvent suppurer : Les écrouelles sont constituées. C est alors qu’on voit ces suppurations interminables, avec ou sans trajet fistuleux, attaquant les ganglions superficiels et profonds, et aboutissant souvent à des cicatrices couturées, gaufrées, qui occupent les régions sous-maxillaires, sous-mentonnières, pré-mastoïdiennes, rétro-mastoïdienne, sus-claviculaire, et qui sont les témoins indélébiles de ce qu’on appelait autrefois la scrofule.
Les infections secondaires, la scarlatine, la rougeole, la coqueluche, la grippe, la syphilis, ne sont pas toujours étrangères à la généralisation du processus et à la suppuration des adénites. On sait le rôle que jouent en pathologie les associations microbiennes et les infections secondaires.
Toutefois, l’évolution de cette deuxième étape (étape ganglionnaire) n’est heureusement pas fatalement progressive. La tuberculose ganglionnaire cervicale peut s’arrêter en chemin. Dans quelques cas, il est vrai, elle se généralise rapidement; mais dans d’autres circonstances, elle est lente, très lente dans sa marche, et tel individu ayant eu, dans son enfance ou dans son adolescence, une scrofulo-tuberculose des ganglions du cou consécutive à une tuberculose larvée ou latente des amygdales, cet individu peut guérir de sa scrofulo-tuberculose cervicale, sans généralisation aux poumons.
D’autre part, il faut savoir, et les travaux de l'izziui nous l’ont appris, que certaines adénopathies tuberculeuses peuvent persister indéfiniment à 1 état latent jusqu’au jour où une infection secondaire aura déterminé la virulence ou la généralisation du bacille*.
On n’est pas encore familiarisé avec ces tuberculoses larvées ou latentes, tenues pour ainsi dire en réserve, dans les amas de tissus lymphoïdes, ganglions lymphatiques ou amygdales; elles peuvent y séjourner indéfiniment, inoffensives, mais elles peuvent aussi, à un moment donné, exalter leur virulence, et devenir envahissantes sous l’influence de causes connues ou cachées.
Donc, tout sujet atteint d’adénopathies cervicales tuberculeuses descendantes ne deviendra pas latalement phthisique, mais on ne peut jamais dire à quel moment cessera chez lui la possibilité de le devenir.