C. Paul. Société méd. des hop. , 1872. p
3. lsabel. Scrofulides laryngées. Th. de Paris, 1880, A' 120.
lupus delà gorge (érosion progressive) ; et la scrofulide ulcéreuse (échancrure marginale ou ulcère perforant*).
J’ai déjà signalé l’indolence presque complète de ces lésions, mais à mesure que les ulcérations palato-pharyngées font des progrès, la dysphagie augmente, le nasonnement apparaît, l’extension aux trompes d’Eustache provoque la surdité. Le plus souvent les adénites font défaut.
La marche de cette affection est extrêmement lente, les trois quarts des malades guérissent, mais ils conservent des cicatrices indélébiles.
Le diagnostic de ces scrofulides avec l’angine syphilitique ulcéreuse est souvent difficile; il a été traité à l’un des chapitres précédents; je rappelle quelques signes qui permettent de les distinguer : qu’il s’agisse de gomme suppurée ou d’ulcérations tardives, le début des lésions syphilitiques est brusque et la marche assez rapide, tandis que la lenteur des accidents et l’absence de réaction inflammatoire caractérisent l’apparition des scrofulides. Les ulcérations syphilitiques sont douloureuses, les ulcérations scrofuleuses sont indolentes, les bords de l’ulcère syphilitique sont taillés à pic, ceux de l’ulcère scrofuleux sont mous, œdématiés et peu saillants. La syphilis frappe d’emblée, assez fréquemment, les piliers et les amygdales, la scrofule ne les atteint que secondairement ; les ganglions occipitaux sont presque toujours engorgés dans la syphilis, ils ne le sont presque jamais dans la scrofule; la langue est souvent atteinte chez le syphilitique, elle ne l’est jamais chez le scrofuleux; les cicatrices de la syphilis sont moins blanches, plus régulières, plus profondes que celles de la scrofule.
L 'épithélium du pharynx pourrait être confondu avec la forme cancroïdale du lupus; toutefois les végétations de l’épithéliome sont plus résistantes, plus inégales, l'ulcération a ses bords renversés, le fond est ichoreux et fétide; enfin il ne faut pas oublier que la transforma-
1. lloinolle. Des scrofulides graves, etc. Thèse de Taris, 1875.
tion in situ du lupus en cancroïde est un fait aujourd'hui admis.
Le traitement des scrofulides de la gorge est local et général. Le traitement local consiste en attouchements avec la teinture d’iode ou avec l’iodoforme en suspension dans la glycérine. Les pulvérisations, les douches locales, avec les eaux d’Allevard ou d’Uriage, donnent quelques bons résultats. Comme traitement général on prescrit l’huile de foie de morue, les toniques et les reconstituants.
Tout cela est bien, mais ce qui est mieux encore, c’est de ne pas oublier que bon nombre de scrofulides qui faisaient autrefois partie de l’ancienne scrofule doivent passer au chapitre des lésions syphilitiques; syphilis acquise ou syphilis héréditaire, et en pareil cas, on le sait, l’iodure de potassium, avec ou sans préparations mercurielles, doit être mis en usage, longtemps et largement.