Sency. Th. de Paris, 1873. - M. a? rœsophttgc
l'oreille cl rlu larynx, 1877. - Brazier, Rélréc. spasm.
Th. de Paris. 1879
MALADIES DE L’ŒSOPHAGE
surmonte la tumeur cancéreuse a la forme d’une poche, d’une ampoule, ou d’un diverticulum latéral; elle est spéciale aux rétrécissements cancéreux, et n’existe presque jamais dans les rétrécissements œsophagiens d’origine inflammatoire. La face interne de l’œsophage cancéreux est tantôt normale, la muqueuse ayant conservé son intégrité (squirrhe) ; tantôt elle est ulcérée ou recouverte de fongosités, les tuniques muqueuse et sous-muqueuse ont disparu, la tunique musculaire est épaissie. ,
Les organes voisins, trachée, bronches, poumons, plèvre, aorte, ganglions, colonne vertébrale, peuvent être envahis par le cancer; il en résulte des adhérences, des ulcérations, des perforations avec ou sans trajet /istuleux, qui font communiquer ces différents organes avec le conduit œsophagien. Il y a au musée Dupuytren1 de belles pièces montrant la communication de l’œsophage cancéreux avec les organes voisins.
Symptômes. — La douleur et la dysphagie sont les premiers symptômes du cancer de l’œsophage. Toutefois la douleur n’est pas constante, elle consiste en une gêne douloureuse derrière le sternum ou entre les épaules, elle s’exaspère au moment des repas, elle peut même être très vive, sans que ses irradiations suffisent toujours à préciser le siège du mal.
La dysphagie progressive, voilà le symptôme dominant du cancer œsophagien. Les troubles de la déglutition sont dus à l’épaississement et à l’induration de l’œsophage cancéreux, et souvent au rétrécissement graduel de son calibre. Le malade prend instinctivement des bouchées plus petites, dès qu’il s’aperçoit de la première gêne à la déglutition; il boit souvent, et à petites gorgées, pour faciliter le glisseront du bol alimentaire. Pendant quelque temps les aliments passent assez bien, pourvu qu’ils soient suffisamment mâchés et imbibés. Cet état dure des semaines et des mois, avec des alternatives d’améliora-
1. Appareil de la digestion. Pièces 97 etsuiv. Catalogue Ilouel.
tion ou d’aggravation, puis la dysphagie s’aecentue, jusqu’au moment où les aliments liquides eux-mêmes sont arrêtés au niveau du rétrécissement. Ace moment, aliments solides et liquides sont souvent rendus par régurgitation.
La description que je viens de donner s observe assez habituellement. Dans bien des cas, en effet, la dysphagie associée au cancer œsophagien est progressive et continue ; légère à son début, elle acquiert graduellement toute son intensité à mesure que la lésion fait des progrès. Mais il s’en faut que les choses se passent toujours ainsi : on a réuni un assez grand nombre d’observations où la dysphagie a été subite et violente du premier coup, comme s’il s’agissait d’un simple œsophagisme. On voit des malades chez lesquels la dysphagie éclate brusquement, à l’occasion d’un bol solide un peu trop gros, à la suite de vomissements provoqués par un repas copieux*. La dysphagie est presque absolue pendant deux ou trois jours, puis l’état normal reparaît, la déglutition se fait bien pendant plusieurs semaines, jusqu’à un nouvel accès, et ainsi de suite, la dysphagie affectant cette forme intermittente jusqu’au moment où elle devient continue. On aurait donc grand tort, on le voit, de se baser sur le début subit et violent de la dysphagie, ou sur sa disparition momentanée, pour éloigner l’hypothèse d un cancer et pour affirmer qu’un tel rétrécissement est simplement dù à de l’œsophagisme. Le spasme de l’œsophage joue un grand rôle dans les troubles de dysphagie, meme
quand il s’agit de lésions organiques.
Mais, quels que soient les symptômes du début, si le cancer œsophagien aboutit au rétrécissement du conduit, si le passage est obstrué, les aliments passent difficilement et sont rendus par régurgitation. La régurgitation suit immédiatement l’ingestion des aliments, quand le rétrécissement siège à la partie supérieure de l’œsophage ; elle est plus lente à se produire quand il siège à sa partie