‹ Manuel de pathologie interne (volume 4)Chapitre 288 sur 492 · Lancereaux. Bullet, de la Soc. anal., 18G1, p · texte numérisé non relu

Lancereaux. Bullet, de la Soc. anal., 18G1, p

MALADIES DE L’ŒSOPHAGE

nature, cicatriciels ou cancéreux, seraient aptes à favoriser la tuberculose par inanition1.

Diaqnostic. — Dès qu’un malade présente les symptômes d’un rétrécissement de l’œsophage, te premier soin est de s’assurer qu’il s’agit bien d’un rétrécissement, et non pas de la compression du conduit par une tumeur du voisinage (cancer du médiastin, ganglions bronchiques, anévrysme de l’aorte et de la sous-clavière). Les signes tirés de l’auscultation et de la percussion, tes differents symptômes inhérents à chacune de ces maladies, permettent habituellement d’arriver à cette première étape du diagnostic. Le rétrécissement de l’œsophage étant admis, il s’agit de savoir s’il est spasmodique, cicatriciel,

ou cancéreux. .

a Commençons par le diagnostic avec le rétrécisse-

ment spasmodique. J’ai décrit à l’article œsophagique tes caractères du rétrécissement spasmodique, son début brusque, ses intermittences et ses conditions d’origine. Ce rétrécissement spasmodique, qui est surtout l’apanage des hystériques, des névropathes, des hypochondriaques, ne s’installe pas d’une façon tente et progressive, il apparaît brusquement, il atteint du premier coup toute son intensité. Au cas de rétrécissement spasmodique, tes symptômes du spasme disparaissent parfois brusquement, pour revenir quelques jours, quelques semaines, quelques mois plus tard; souvent ils sont rappelés par une cause morale, par certains aliments ou certaines boissons. De tels symptômes s’observent peu, au cas de rétrécissement cicatriciel ou cancéreux, cependant il ne faut pas oublier que tes lésions organiques de l’œsophage, comme celtes de tous tes canaux musculaiies, avant de provoquer un retrecissement organique persistant et confirmé, peuvent donner naissance à des spasmes plus ou moins durables qui simulent 1e rétrécissement spasmodique. Tel est 1e cas du rétrécissement cancéreux. D’autre part, il y a des rétrécissements spasmodiques qui, 1 Peter. Clin, méd., t. I.

par leur durée et par les symptômes cachectiques qu ils entraînent, simulent le rétrécissement cancéreux ; on a cité des observations* de rétrécissement purement spasmodique, qui, à l’instar des contractures permanentes des hystériques, duraient eux aussi des semaines entières, et provoquaient un état d’inanition et d’émaciation qui pouvait faire naître l’idée d’un cancer. On voit donc que la dysphagie, parues seuls caractères, est souvent impuissante à faire diagnostiquer la nature du rétrécissement cancéreux, et, de son côté, l’œsophagisme hystérique, pour avoir une valeur diagnostique absolue, doit être associé à d’autres symptômes communs à l’hystérie.

Dans quelques cas, rares à la vérité, l’œsophagisme survient par accès qui sont dus à une excitation du nerl récurrent par une tumeur du voisinage. Ce symptôme rentre dans la catégorie des rétrécissements spasmodiques étudiés au sujetdes anévrysmes de l’aorte, type récurrent.

b. Passons actuellement au diagnostic du rétrécissement cancéreux et des rétrécissements cicatriciels. Certains symptômes permettent de ne pas confondre les rétrécissements cicatriciels de l’œsophage avec les rétrécissements cancéreux. Pour faciliter cette étude, je diviserai ces rétrécissements cicatriciels en trois variétés. Dans une première variété, le rétrécissement cicatriciel est dû à l’ingestion de substances coirosives. Béhier2 a réuni un assez grand nombre d'observations, concernant des gens qui, par mégarde ou par idée de suicide, avaient avalé de l’eau seconde à la potasse, de l’acide nitrique, de l’acide sulfurique, et avaient été atteints, consécutivement, de rétrécissements cicatriciels, parfois multiples et plus ou moins considérables. Mais, en pareil cas, les symptômes dus au rétrécissement sont précédés d’une phase d ’œsophagite aiguë, très aiguë même, due à 1 ingestion du liquide corrosif, et cette phase aiguë, ainsi que les renseignements fournis par le malade, suffisent pour

1 . Brnzicr. Rétréc. spasmodique de l'œsophage. Th. de Paris, p. 59 et 83.

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