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I’otain. Semaine médicale, 29 juin

MALADIES DE L'ŒSOPHAGE

si l' alimentation naturelle ou artificielle continue à s’effectuer. La régurgitation de matières sanguinolents mélangées aux aliments est un signe en faveur du cancer.

Le cathétérisme de l’œsophage, qui doit etre fait avec le plus grand soin, afin d’éviter les fausses routes et les perforations du conduit, le cathétérisme peut fouin quelques indications utiles. Au cas de rétrécissement spasmodique, on éprouve souvent une résistance serieuse, mais on la franchit parfois plus facilement avec une olive volumineuse qu’avec une petite olive, et, le retrecissement une fois franchi, il n’est pas rare que le malade puisse avaler sans difficulté, du moins pendant les premiers moments. Le rétrécissement cicatriciel, surtout quand il est annulaire, donne une sensation de soubresaut; on passe à travers un obstacle qui ne cède pas. Au contraire, en franchissant le rétrécissement cancéreux, on sent qu’on passe à travers un obstacle moins rigide, qui cède mieux, et en retirant le cathéter on le trouve souvent teinté de sang, alors même que le cathétérisme a été pratiqué avec habileté. Dans quelques cas, la présence de ganglions sus-claviculaires, la formation d une phlegmatia alba dolens, permettront d’affirmer l’existence du cancer œsophagien.

Traitement. — Il n’y a pas de traitement directement, applicable au cancer; ce qu’on peut traiter, c est le rétrécissement; ce qu’on peut retarder, c’est l’inanition. Le cathétérisme est l’unique moyen à employer. Quand il s’agit de rétrécissements cicatriciels, le cathétérisme a un double but : d’une part il permet d alimenter les malades, et d’autre part il conduit à la dilatation progressive du rétrécissement. Mais, quand il s’agit de rétrécissement cancéreux, une seule indication est à remplir : lranchii le rétrécissement pour alimenter le malade. Essayer de dilater l’œsophage cancéreux ne servirait à rien, ce serait même une manœuvre redoutable, car on s exposerait aux fausses routes et aux perforations. L’œsophage atteint de rétrécissement cicatriciel offre une certaine résistance

qui permet un cathétérisme un peuforcé, mais l'œsophage cancéreux a perdu sa résistance; il ne faut jamais l’oublier, afin de ne pas s’exposer aux terribles accidents d,e perforation qui en sont trop souvent la conséquence.

Quand le rétrécissement cancéreux devient un obstacle à l’alimentation des malades, il faut donc introduire une sonde, rigide ou molle, et les alimenter artificiellement, en recommençant le cathétérisme à chaque repas. Mais le cathétérisme ainsi répété ne réussit pas également bien toutes les fois, et il arrive un moment où le canal œsophagien, dévié, déformé, rétréci par le cancer, se laisse difficilement traverser par la sonde. Aussi, afin d’obvier à ces graves inconvénients, Krishaber avait-il eu l’idée de laisser une sonde à demeure dans l’œsophage1.

Voici quelle est l’ingénieuse méthode de Krishaber : On introduit la sonde par l’une des narines, en faisant usage d’une sonde molle en caoutchouc, beaucoup plus facile à tolérer que la sonde rigide en gomme. Dans le cas où le rétrécissement œsophagien est trop étroit pour permettre d’emblée l’introduction de la sonde molle, on commence par la sonde rigide, qu’on laisse en place quelques heures ou quelques jours et qu’on remplace immédiatement par la sonde molle. La sonde en caoutchouc une fois introduite dans l’œsophage, elle peut y rester indéfiniment. Munie d’une fermeture spéciale, son extrémité libre disparaît pour ainsi dire dans la narine et y reste fixée. Grâce à ce système, l’alimentation se fait sans difficulté, et plusieurs fois par jour on injecte, au moyen d’un irrigateur ou d’un appareil à gavage, des aliments liquides de toute nature. Dans les observations publiées par Krishaber, la sonde à demeure est restée en place 46 jours, 165 jours, 25-1 jours, 505 jours.

Le traitement qui donne les meilleurs résultats èst le traitement chirurgical. Il consiste à pratiquer une fistule de l’estomac par laquelle se fait l’alimentation. En quel-

1. Krishaber. De ta sonde œsophagienne à demeure (Annales des vuiladils de l'oreille et du larynx, novembre 1881).

MALADIES DE L’ESTOMAC

ques semaines le malade engraisse de plusieurs kilos et la vie peut se prolonger assez longtemps. J’ai été témoin de deux cas de ce genre, concernant des malades de mon service opérés par Routier.

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